IA et cyber-sécurité, les axes stratégiques du pôle SCS

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(Crédits : DR)
Si la crise a été un révélateur de l’importance du numérique, elle l’a aussi été de la nécessité de pouvoir compter sur des outils sécures et intelligents. Deux sujets qui ne sont pas étrangers au pôle de compétitivité, basé à Sophia-Antipolis et Rousset, dont la feuille de route est claire : faire accélérer les PME du secteur et par effet de ricochet, contribuer à servir les besoins. Sans, entre-temps, ignorer l’Europe.

Évidemment, 2020 a été l'année d'une « concentration de la digitalisation » confirme Olivier Chavrier. Parce que l'arrêt de l'économie, des déplacements, des rendez-vous physiques ont forcément impacté aussi la façon dont les entreprises se sont organisées. Et pour celles qui sont actives en R&D, cela a été l'occasion d'être encore plus actives et de mettre le pied sur l'accélérateur de certains projets. « Les entreprises ont préféré réallouer leurs ressources à la R&D, estimant qu'elles seraient ainsi prêtes à rebondir, à relancer la commercialisation, en sortie de crise », analyse encore le directeur général du Pôle SCS. La preuve par les chiffres le démontre, le pôle Solutions Communicantes Sécurisées a ainsi accompagné 50 projets au cours des douze mois précédents, contre « seulement » 30 en 2019.

Globalement, « notre secteur a bien résisté », confirme Olivier Chavrier, les secteurs hardware et composants notamment, même les logiciels qui engrangent un petit -5% d'activité. Plus impactés, les conseils et services informatiques accusent 10% de baisse. Mais c'est essentiellement l'accélération de l'impact du digital qui a sans doute soutenu la filière et devrait continuer à la soutenir.

Le BtoB en demande de solutions digitales

Car, en effet, nul ne peut plus ignorer le digital. Et les entreprises, surtout les petites ou très petites entreprises qui n'avaient pas encore accompli leur transition numérique, sont désormais demandeuses. De quoi jouer sur le recours à l'accompagnement du pôle ? « Notre mission est d'accompagner les TPE PME qui offrent des produits et des solutions numériques. Nous n'avons pas de lien direct avec les utilisateurs finaux mais nous savons que les clients de nos entreprises adhérentes demandent plus de solutions, mais cela concerne plus particulièrement le segment BtoB. La crise a surtout permis de faire émerger des solutions grand public. Dans le BtoB, cette tendance commence à se faire sentir ».

Et le chiffre qui fait peur - ou qui peut être perçu comme un vecteur de marge de progression - c'est le 20% de PME en Europe, utilisant le digital. Sachant qu'aux Etats-Unis, la part atteint 50 %. « Il y a clairement un retard de l'adoption du digital dans les PME », acquiesce Olivier Chavrier. Qui sait aussi que des enjeux de cyber-sécurité sont également un sujet dans le sujet.

Bientôt un guichet unique ?

Plus largement, la digitalisation donc concerne toutes les filières. Et si la crise a joué l'effet accélérateur, il est primordial de continuer sur la lancée et de ne pas arrêter une dynamique engagée. C'est notamment le sens du projet Move2Digital qui s'inscrit dans l'appel européen European Digital Innovation Hub dont l'objectif est précisément de pousser encore à la digitalisation des acteurs du territoire, les TPE/PME certes mais aussi les administrations. « H2020 était axé innovation et R&D, European Digital Innovation Hub soutient la diffusion du digital dans les entreprises et les administrations ». Histoire finalement de ne laisser personne sur le bord du chemin. Concrètement, l'idée est de mettre en place un guichet unique, capable d'orienter et de conseiller ces petites entreprises ou ces administrations un peu perdues face à l'immensité des solutions existantes. Un guichet capable de séparer le bon grain de l'ivraie. « Nombreuses sont les entreprises qui n'ont pas confiance dans les différentes solutions qui leur sont proposées », confirme le directeur général du pôle. Qui se réjouit aussi d'avoir réussi à rassembler un consortium riche - universités, autres pôles de compétitivités, établissements de recherche, incubateurs, acteurs du financement... - constituant une candidature unique à tous points de vue.

Un Move2Digital qui intègre IA et cyber-sécurité.

Projets de relocalisation accompagnés

Sur ce point précis de sécurité, c'est surtout celui des objets connectés qui représente le nerf de la guerre. La digitalisation « obligée » par la crise a aussi davantage porté la question de la sécurisation des données et plus largement de l'IoT. Et si le monde de demain doit être encore plus numérique, la dimension sécuritaire est un pré-requis essentiel. « Le territoire régional est experts en cybersécurité », confirme Olivier Chavrier. « C'est un axe important pour le pôle en 2021 ».

Pour ce qui est de l'intelligence artificielle - on rappellera la préconisation du PDG du CNRS, de choisir une thématique en fonction des forces du territoire - le PIA4 qui s'intègre dans le plan de relance du gouvernement, doit permettre « des stratégies d'accélération ». A Sophia-Antipolis, on sait que le 3IA contribue à renforcer un écosystème jusqu'alors assez dispersé. Mais justement, la stratégie IA en région c'est... le renforcement de l'attractivité. « Pour attirer investisseurs et entreprises », appuie Olivier Chavrier.

Attirer entreprises et investisseurs c'est aussi un sujet de la relocalisation. Qui dans le Sud, prend forme et réalité. Ainsi 3 dossiers de relocalisation à Aix-en-Provence ont été accompagnés par SCS, deux concernent Sophia-Antipolis. Un signal qu'il conviendra sans doute de faire savoir et d'amplifier. C'est bon pour le moral... et l'économie.

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