L'ingénierie face à la crise

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(Crédits : Fotolia)
Selon une étude de Harris, 30% des ingénieurs se disent prêts à changer de métier. En plus de renforcer ce sentiment, la crise sanitaire impact l'activité économique. Lionel Reversat, président de la société de conseil en ingénierie StedY, donne sa vision sur le marché en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Un territoire qui possède de grandes entreprises et des secteurs stables.

Observateurs et acteurs de la vie économique s'accordent pour dire que l'après crise covid-19 sera différent de l'avant. Sans vraiment savoir où se situeront les changements, les évolutions toucheront tous les secteurs. Y compris l'ingénierie. 30% des consultants ingénieurs sont prêts à changer de métier selon une étude menée par Harris Interactive pour StedY. "Ils étaient 58% à estimer que la crise a été un élément déclencheur ou un accélérateur de leur aspiration à une meilleure qualité de vie au travail", précise l'enquête menée en juillet dernier. Des chiffres inquiétants puisque le sous-effectif d'ingénieurs en France atteint déjà 4%.

"Il y a quelques signaux faibles de cette souffrance, cela concerne la rémunération, l'impossibilité de choisir ses missions et la transparence des tarifs de prestations", liste Lionel Reversat, président de StedY. Cette société créée en janvier 2019 par le groupe familial Gorgé veut réinventer le conseil aux entreprises en changeant notamment les habitudes sur les points de crispations des consultants. Le part des personnes interrogées qui souhaitent changer de profession est "affreux" estime Lionel Reversat. "Les ingénieurs sont le bras armé de la recherche et de l'innovation", souligne-t-il.

Le nucléaire résiste, l'aéronautique plonge

Si l'enquête donne une vision au niveau national, reste à déterminer quel impact la situation peut avoir en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. De nombreux chefs d'entreprises ne cachent pas leur difficulté à recruter. "Le territoire a souvent cette image, alors que c'est l'un des seuls de France où l'on trouve de très grosses entreprises comme Airbus. Le tissu économique est très riche", défend Lionel Reversat.

Le dirigeant note la présence de technopoles qui favorise l'innovation, notamment celui de Sophia-Antipolis qui a une grosse dynamique. "Sur le territoire marseillais, l'activité d'ingénierie est en plein développement depuis les années 2000", précise-t-il. D'après Lionel Reversat, "les agences disposent en moyenne de 400 à 500 ingénieurs, c'est assez important et cela montre la puissance de la région. A Lyon, c'est plutôt entre 200 et 250 même s'ils y ont moins recours".

Par ailleurs, les secteurs d'activité présents en Provence-Alpes-Côte d'Azur comme le nucléaire et le militaire n'ont que peu été impactés par la crise. "Ce sont des marchés très stables", note Lionel Reversat. Ce qui n'est pas le cas de l'automobile et de l'aéronautique. "Le premier ne s'est pas effondré car il y a beaucoup d'innovation dans ce domaine avec les véhicules autonomes et l'électrique", nuance le dirigeant. Si pour l'aéronautique "cela peut repartir fort", Lionel Reversat constate "ce qui a été construit en dix ans a été perdu en six mois".

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