Quels objectifs pour Inria Academy ?

L'initiative est orientée écosystème, celui-là même qui collabore avec l'Institut national. En lançant un catalogue de formation portant sur quatre logiciels open source, c'est la cible des entreprises qui est principalement visée. Et le but, c'est la croissance des territoires par le numérique, comme l'explique David Simplot, basé à Sophia-Antipolis et référent scientifique de ce nouvel outil.

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(Crédits : GettyImages)

Ce n'est pas un organisme de formation, une école de la Deuxième Chance ni une EdTech, mais une initiative qui structure ce que l'Inria fait déjà. Une d'école d'un nouveau genre qui vise à apporter une connaissance plus fine et plus forte de certains logiciels, le but étant que ces logiciels open source soient mieux pris en main par leurs utilisateurs au quotidien. Ici, principalement, les entreprises.

Aux manettes de Inria Academy, David Simplot. L'ex-directeur du site Méditerranée de l'Inria à Sophia-Antipolis, qui a piloté la candidature 3IA Nice Côte d'Azur, avant  d'en assurer la direction puis de passer la main, développe donc au niveau national sa vision : faire fructifier l'écosystème, celui-là même avec lequel l'Institut national collabore déjà dans les différents territoires où il est implanté.

Faire croître les compétences

Concrètement, ce sont quatre logiciels open source que Inria Academy va promouvoir via des cycles de formation regroupant une douzaine de personnes. Des logiciels qui font partie du patrimoine technologique de l'institut et qui n'ont pas été choisis au hasard, mais bien pour la valeur ajoutée qu'ils apportent. Coq, axé sur la vérification de preuve s'adresse plus aisément aux informaticiens, Pharo, orienté objet, intéresse les monde académiques et médical, SOFA, modélisateur des modèles physiques, concerne davantage le secteur médical et Scikit-learn, dédié à l'apprentissage automatique, est utile pour la lutte contre la fraude.

"Toutes ces briques technologiques sont des pépites. Pour augmenter leur impact, il faut les mettre à disposition des entreprises et des startups", détaille David Simplot. Qui rappelle, au passage, le rôle qu'en sensé joué le numérique dans la relance. Lequel rôle, dans la croissance, au global est indéniable.

Pour cibler au plus juste les besoins des entreprises, une étude de marché a été conduite. Où il ressort que les sujets d'intelligence artificielle, de logiciel ou encore d'objets connectés figurent parmi les attentes exprimées.

"Le but est véritablement de permettre aux entreprises françaises et européennes de croître en compétences en logiciel open source", poursuit le directeur scientifique d'Inria Academy. "Si notre cible c'est l'entreprise, nous avons néanmoins un focus particulier sur les startups et les PME. C'est là où nous pouvons avoir un impact significatif". Ce qui n'empêche pas les partenariats stratégiques avec les grands groupes.

Une dizaine de logiciels en 2021

L'Inria qui possède un portefeuille technologique de 1 500 logiciels, dispose donc d'une manne suffisamment large pour nourrir son Academy. "100 logiciels par an environ sont créés", précise David Simplot. Si tous ne sont pas présentables au grand public, la majorité est une compétence ajoutée qui accompagne le développement du tissu entreprenarial.

Les formations seront d'ailleurs assurées par les scientifiques de l'Inria. Une autre plus-value qui permet de nourrir les ingénieurs qui les créent, estime David Simplot, ceux-ci se trouvant ainsi confrontés "à leurs utilisateurs".

Une dizaine de logiciels devrait être ainsi proposée en 2021. "Nous travaillons déjà sur les deux suivants", précise David Simplot. Les objets connectés devraient d'ailleurs être au programme. Une enquête est actuellement menée pour affiner les attentes des entreprises.

Pour l'Inria, cette initiative toute neuve n'est pas neutre en terme d'image et de perception extérieure. Une perception qui devient sans doute plus dynamique. "Le but n'est pas de rentrer dans l'entreprise via Inria Academy, c'est notre crédibilité qui fait notre légitimité", indique David Simplot. "C'est vraiment à l'état de l'art". Des partenariats avec des clusters figurent également sur la feuille de route.

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