Fabien Métayer – FIN : "Le Cannes Yachting Festival représente une place de marché essentielle"

La confirmation de la manifestation avait mis du baume au cœur des professionnels de la filière nautique, de la filière événementielle et du monde économique azuréen dans son ensemble. L'annulation pour cause de dérogation non obtenue de la part de la Préfecture des Alpes-Maritimes a plombé le moral de ces mêmes acteurs. Mais la Fédération des Industries Nautiques ne l'entend pas de cette oreille et demande à l'organisateur, Reed Expositions, de revoir sa copie.

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(Crédits : DR)

Cela devait être le signal tant attendu par l'ensemble d'un écosystème très perturbé depuis la mise en sommeil des activités économiques : la tenue du Cannes Yachting Festival début septembre avait de quoi redonner espoir, regain d'activité et perspectives encourageantes à la filière nautique comme à la filière événementielle tout autant qu'à l'ensemble des professionnels de l'hébergement et des acteurs du monde économique. Rendez-vous récurrent, plus grand salon à flot d'Europe, le Cannes Yachting Festival marque chaque année la rentrée du monde des bateaux qui vont sur l'eau.

Evidemment, le contexte sanitaire et le contexte économique ont poussé l'organisateur, Reed Expositions, à faire preuve à la fois de souplesse, d'adaptabilité et d'accompagnement vis-à-vis des exposants. A La Tribune, début juillet, Sylvie Ernoult, sa directrice, expliquait avoir "été dans la faisabilité avec chaque client" et que sans perdre son ADN et ses fondamentaux, le salon avait été repensé en conséquence.

Incompréhension partagée

Mais le non du Préfet des Alpes-Maritimes, Bernard Gonzalez, à une dérogation pour permettre à l'organisateur d'accueillir 15 000 participants au lieu des 5 000 personnes autorisées, a douché les enthousiasmes et noyé les professionnels, toutes filières confondues comme la Ville et son Maire, David Lisnard, dans l'incompréhension.

De bonne nouvelle économique, la tenue ou plutôt la non-tenue du Cannes Yachting Festival a tourné au règlement de comptes entre un Premier Magistrat qui s'est fendu d'un courrier à Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, pour demander l'indemnisation des professionnels concernés face aux pertes de revenus subies, une Préfecture des Alpes-Maritimes elle-même qui via un communiqué se défend d'avoir annulé l'événement, expliquant avoir demandé un renforcement des mesures sanitaires présentée par l'organisateur, lequel a refusé.

Jusque là silencieuse, la Fédération des Industries Nautiques s'en mêle et demande à Reed Midem de revoir sa copie. En clair, de faire en sorte que le Cannes Yachting Festival s'amarre bien au Port Canto et au Vieux-Port de Cannes le 8 septembre prochain.

Un salon "dégradé" plutôt que pas du tout

Une position que détaille Fabien Métayer, le délégué général de la FIN. Lequel dit bien ne pas "vouloir rajouter de la polémique à la polémique", mais défendre une filière déjà mise à mal. Cannes, comme les salons de La Rochelle et de Paris, représentent en effet "65 % du chiffre d'affaires domestique de la filière française. Ce sont des places de marché essentielles". L'interrogation majeure de la Fédération porte précisément sur la jauge demandée par Reed Expositions. 15 000 personnes c'est 50 000 visiteurs sur les 6 jours de tenue de la manifestation. Or l'an dernier, 54 000 visiteurs avaient été accueillis. Sauf que, comme le souligne Fabien Métayer, le contexte économique fait que même le nombre d'exposants est moindre : 373 contre 611 l'an dernier. Un -40 % qui devrait donc être répercuté sur le nombre de visiteurs espérés. Ce qui mènerait celui-ci à 30 - 35 000 personnes, correspondant à la jauge des 5 000 personnes autorisées. De quoi permettre un grand oui à la tenue de l'événement. Le préfet, Bernard Gonzalez, étant en effet prêt à considérer les deux lieux d'expositions - le port Canto et le Vieux-Port - comme deux lieux distincts. "Les bateaux sont en train d'arriver à Cannes. Nous estimons que l'on pourrait tenir un événement qui satisferait le monde économique et la filière. Il vaut mieux tenir un salon dégradé que pas de salon du tout", poursuit Fabien Métayer. Pas de salon du tout poserait par ailleurs la question de l'indemnisation des exposants... La balle est désormais du côté de Reed Expositions...

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