Pourquoi Fruit and Food intègre à sa plateforme de petits producteurs agricoles

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(Crédits : DR)
Installée au Technopôle de l’Arbois, à Aix-en-Provence, Fruit and Food a développé une plateforme permettant à des jardiniers amateurs de vendre ou donner une partie de leur production à des personnes habitant à proximité. Après avoir mis au point une seconde version visant à resserrer son maillage local, l’entreprise veut accélérer en ouvrant sa porte aux petits producteurs.

Alors qu'arrivent les premiers rayons du printemps, beaucoup vont s'adonner à la préparation des plants et semis qui leur fourniront fruits et légumes jusqu'au début de l'automne. En France, on estime que 63 % de la population a un jardin à sa disposition (Ifop-Unep) et que 12 millions de personnes les entretiennent.

La pratique se développe, gagnant 3 points entre 2017 et 2006, avec un intérêt fort pour la production potagère et fruitière, vue comme un moyen de mieux se nourrir.

Mais parfois, la production est si fructueuse qu'une famille ne parvient pas à l'absorber. Et il se peut alors que les fruits tombent au sol et pourrissent. C'est ce constat, fait chez des amis, qui conduit Inès Bazillier et Benjamin Guibert à créer Fruit and Food. Le principe : permettre à des jardiniers amateurs de donner ou vendre une partie de leurs récoltes à des personnes se trouvant à proximité. Le digital pour créer du lien entre voisins et lutter contre le gaspillage alimentaire.

Mailler un territoire pour proposer plus de choix sur un périmètre réduit

En 2018, une première version est proposée, avec des utilisateurs dans l'ensemble du pays. L'offre est alors très éparpillée, mais 4.000 kilogrammes d'aliments sont échangés au sein d'une communauté qui commence à se constituer, avec des profils parfois inattendus. Parmi les utilisateurs récurrents, des personnes retraitées ayant un jardin prolifique. « Avec ces personnes, on est dans une logique de création de lien social qui permet en même temps d'arrondir ses fins de mois ou parfois simplement de renouveler le matériel de jardinage », explique Inès Bazillier, PDG de l'entreprise.  La plateforme est également pour certains l'occasion de se tester en s'adonnant à un loisir qui pourrait à terme devenir un métier. Côté clients, l'entrepreneuse est assez surprise de constater la présence de profils jeunes - 15 et 35 ans - ayant des moyens financiers restreints mais néanmoins soucieux d'offrir des produits de qualité à leur famille.

C'est notamment pour s'adapter à ce public jeune que l'application est améliorée en 2020 au travers d'une seconde version. Et cette fois, plus question de se disperser. Il faut avoir un maillage plus resserré sur les territoires, à commencer par celui de la métropole d'Aix-Marseille.

Pour cela, Fruit and Food se rapproche d'une série d'acteurs locaux, qu'il s'agisse de petits producteurs, d'exploitants plus établis, de pépiniéristes ou d'institutionnels. Elle intègre en outre l'accélérateur d'entreprises Village by CA de thecamp ainsi que le Technopôle de l'Arbois à Aix-en-Provence.

Intégrer les petits producteurs pour renforcer l'offre

Au cours de l'automne 2020, alors que la France est à nouveau confinée, la jeune pousse décide d'intégrer de nouveaux acteurs à son offre : les petits producteurs. C'est un moyen de les aider, eux qui ont plusieurs fois sollicité l'entreprise, tout en répondant à la demande croissante de produits locaux accessibles facilement grâce au click and collect. Qui plus est, proposer les produits de professionnels est un moyen de compléter l'offre qui tend parfois à manquer face à un nombre d'utilisateurs qui croît rapidement que celui des jardiniers. « C'est un peu comme le Bon Coin qui propose les offres de professionnels quand il n'y en a pas suffisamment de la part de particuliers », compare Inès Bazillier.

Pour intégrer ces professionnels, diverses adaptations doivent être faites. « Avant, tout était simplifié au maximum avec une photo type par produit, des listes préétablies...  Pour les producteurs, il faut intégrer la provenance des produits, ajouter des horaires d'ouverture...»

Désormais, l'entreprise enregistre 6.000 utilisateurs dont 2.000 autour d'Aix-en-Provence et Marseille. En face, sont proposés les produits d'environ 800 jardins. La troisième version de Fruit and Food intégrant les producteurs est encore à l'essai. Elle devrait être officiellement lancée au printemps. Ses fondateurs espèrent que la plateforme pourra alors prendre un nouvel élan. D'abord très localement, puis peut-être ailleurs, dans le cadre d'une approche voulue « multi locale ». « Nous nous développons fortement sur un territoire et puis si cela fonctionne, nous répliquons la même chose ailleurs ». En France et pourquoi pas, à terme, à l'international.

Une communauté du mieux-manger

Pour s'implanter sur un territoire, l'entreprise, en plus de se rapprocher des acteurs locaux, mise beaucoup sur l'animation. « Avant le covid-19, on organisait des ateliers auprès d'enfants autour de notre vélo-blender ». Un vélo connecté à un blender qui, en pédalant, permet de préparer des boissons à partir de fruits non calibrés ou moches.

L'entreprise espère rapidement pouvoir réitérer ce type d'actions de sensibilisation au gaspillage. « Car nous ne sommes pas qu'une place de marché. Nous avons voulu créer une communauté autour de ces animations et de contenus sur notre site tels que des calendriers des fruits et légumes de saisons, des calendriers des semis ou encore des recettes simples ». Le tout mettant à l'honneur les produits locaux et de saison, de plus en plus plébiscités par les consommateurs. « Depuis le covid-19, nous sentons un intérêt croissant pour notre projet ».

Portée par cet élan, la jeune entreprise, qui compte deux alternants en plus de ses trois associés, espère convaincre 15.000 utilisateurs d'ici la fin du printemps, dont 2.000 jardiniers.

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Commentaires
a écrit le 22/03/2021 à 14:53 :
C'est une excellente idée de base, je repense à cette dame qui avec ses petits enfants proposait devant chez elle des reine claude et des mirabelles à donner bien entendu. Maintenant pour que ce type de comportement prenne une réelle ampleur il faudrait que l'asservissement consumériste et la dictature hygiéniste (mal partie là... ) qui nous tiennent tous plus ou moins recule franchement.

Bravo à eux en tout cas.

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