Présidentielle : dans le Sud, l’incontournable rééquilibrage des forces

Quand l’une vote à droite, l’autre vote à l’extrême-gauche. Opposées dans le résultat du premier tour de l’élection présidentielle, Nice et Marseille se retrouvent au moins sur deux points : avoir placé Marine Le Pen en tête et celui de la nécessaire recomposition des forces politiques. Car si dans la Cité phocéenne, on vote plutôt extrême gauche, dans la Baie des Anges, même si le candidat soutenu par le maire de Nice arrive en deuxième position, c’est aussi la candidate RN qui vire en tête. Un premier tour en forme de test local, d’un côté comme de l’autre.

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(Crédits : Reuters)

Les résultats du premier tour dans le Sud sont surprenants et ils ne le sont pas, tout à la fois. Forcément très attendus, ils servent au lendemain du scrutin du 10 avril de sorte de décryptages locaux. Car à Nice comme à Marseille, depuis la Présidentielle de 2017, il y a eu du changement côté forces politiques. Christian Estrosi a quitté les LR et choisit de soutenir Emmanuel Macron quand le Printemps marseillais et Benoît Payan occupent désormais le fauteuil de premier magistrat de la seconde ville de France, après un autre LR, Jean-Claude Gaudin.

C'est dire si ce premier tour, dans le Sud, comme ailleurs, n'est pas dénué d'intérêt local. Un premier tour qui rebat tout de même un peu les cartes.

A droite toute... (ou presque)

Les Alpes-Maritimes, historiquement ancré à droite, place Marine Le Pen en tête, à 26, 64%. Si habituellement, c'est le candidat Les Républicains qui trouve ici un relais de voix, il n'en n'est rien pour ce premier tour présidentiel, qui place Emmanuel Macron après la candidate RN, à 24,99%. On notera tout de même cinq communes qui ont, elles, donné leurs suffrages à Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième à 16,57%.

Un résultat surprenant ? Oui et non. Christian Estrosi a clairement mouillé la chemise pour donner la faveur à son candidat. Mais son ralliement au candidat Macron est récent pour créer, peut-être, une réelle dynamique et un effet d'entraînement. Difficile aussi d'imaginer que les électeurs du maire de Nice se soient tel un seul homme tourné vers un vote macroniste. En revanche, Marine Le Pen bénéficie d'un socle électoral stable. En 2017, au premier tour, elle atteignait déjà 25% des suffrages, devancé d'un petit pourcent alors par François Fillon, Emmanuel Macron émergeant à 20%.

Les Bouches-du-Rhône en plaçant également Marine Le Pen en tête du premier tour, confirme que le Sud est clairement tourné à droite. Mais le résultat intéressant en moins départemental que marseillais. A Marseille où le député Mélenchon place le candidat Mélenchon en tête, à 31,12%. Une Cité phocéenne qui semble voter comme lors des élections municipales, lorsqu'elle donnait sa faveur au Printemps marseillais. Et qui place Emmanuel Macron en deuxième position, loin derrière cependant, avec près de 10 points de moins, à 22, 6%. Où il ne semble pas y avoir eu d'effet Plan Marseille en Grand. Où on se pose la question d'un lancement de campagne marseillais qui aurait pu changer la donne si la guerre en Ukraine n'avait bouleversé les plans du candidat-président. A noter que Marine Le Pen a aussi été le choix du Vaucluse comme des Alpes-de Haute-Provence ou du Var. Voilà pour les forces en présence.

De l'intérêt des forces... locales

Et maintenant ? Comment l'électorat du Sud va-t-il se comporter ?

A Nice et dans les Alpes-Maritimes, bien malin pour dire qui du duel Macron - Le Pen en sortira vainqueur. Eric Ciotti, soutien de Valérie Pécresse pour le premier tour, a assez clairement fait savoir qu'il ne voterait pas pour Emmanuel Macron. Le poids de celui qui est aussi président de la fédération LR des Alpes-Maritimes peut-il peser pour donner la préférence à Marine Le Pen dans 15 jours ? En face, Christian Estrosi a déjà fermement appelé ceux qui se reconnaissent dans les valeurs portées par Emmanuel Macron de ne pas hésiter à choisir ce camp qui « leur ouvre les bras ». Et clairement, il y a un peu aussi la question d'une répartition des forces politiques dans le département, où rien n'est neutre entre Christian Estrosi et Eric Ciotti et encore moins quand il s'agit de peser en influence politique.

A Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, la question est encore une fois surtout marseillaise. Les 32% de voix remportées par Jean-Luc Mélenchon serviront-elles à faire barrage à Marine Le Pen, selon la consigne donnée par le député des Bouches-du-Rhône ? Emmanuel Macron, qui ne cesse de crier son amour pour la Cité phocéenne, sera-t-il payé en retour ? Jusqu'à présent, aucune élection locale n'a clairement réussi au fondateur d'En Marche. Martine Vassal, la présidente du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Aix-Marseille Provence appelle au soutien du candidat Macron. Tout comme, et ce n'est pas surprenant, le maire de Marseille, Benoît Payan.

Mais comme l'ont déjà évoqué de nombreuses personnalités politiques, il faut aussi envisager la bataille d'après. C'est-à-dire celle des législatives. Un troisième tour ou une nouvelle page à écrire ?

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