Benoît Payan, la politique à Marseille, le Vélodrome et le « budget de combat »

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(Crédits : DR - Compte Twitter Benoît Payan)
Invité d’une émission spéciale de Public Sénat en direct de la Cité phocéenne, le maire de Marseille a rappelé le difficile exercice d’équilibriste qu’il doit gérer en matière financière, que non, il n’a pas la même vision du développement du territoire que la présidente de la Métropole, son ancienne adversaire aux Municipales, Martine Vassal. Et que, question politique encore, se présenter ou pas aux Départementales… ce n’est pas le sujet, tout au moins, pour le moment.

Maire depuis moins de six mois, Benoît Payan a commencé l'exercice de son mandat par une question épineuse, celle des finances de la deuxième ville de France. Oui, il avait bien une idée de la situation financière, non, il ne s'entendait pas forcément à ce qu'il a trouvé. Certes, « on savait que la situation était compliquée », mais il y a bien eu quelques détails qui l'ont surpris, profitant pour rappeler, d'ailleurs que « le diable se cache toujours dans les détails ». Avec une dette s'élevant à 1,5 milliard d'euros, il a fallu, dit-il, « se retrousser les manches, étaler, renégocier la dette, million d'euros par million d'euros », pour établir un budget en équilibre, et surtout, « un budget de combat ». C'est-à-dire « mettre de l'argent là où il y en a besoin. On a des sujets structurels dans cette ville, une ville merveilleuse, mais derrière la carte postale, il y a la réalité de la ville ». Un budget qui permettre « ce bouclier social qui est la Mairie ».

Des relations avec Vassal qui « doivent s'améliorer »

Un budget qui pour l'heure ne s'appuie pas sur des augmentations d'impôts. Mais « je ne peux pas vous dire ce que sera la réalité du budget dans 15 mois. Je connais la réalité fiscale de la ville et elle est injuste », pointant le découpage fiscal qui n'est pas - plus - raccord avec la réalité d'un Marseille d'aujourd'hui. C'est ce qui lui a notamment valu de prendre la plume pour demander au Président de la République de revoir les bases. Demande, pour l'heure, sans réponse.

Pour alimenter le budget, il faut dit le maire de Marseille faire des partenariats avec les autres collectivités. Soit. Avec le Département ou la Métropole, ça coince un peu. La présidente de deux institutions est Martine Vassal. Son ancienne adversaire aux élections municipales. Et on sait qu'entre les deux ex-candidats c'est encore tendu. « Les relations que l'on doit avoir sont des relations de travail. On n'est pas d'accord. On ne partage pas les mêmes objectifs. On ne partage pas la même façon de voir la ville et de voir la politique. Et on ne partage pas la manière dont on veut développer le territoire ».

Pour autant, la Métropole gérant des compétences de propreté, de voirie, de logement, d'urbanisme... c'est-à-dire des compétences du quotidien, il faut, dit Benoît Payan mettre les « Municipales de côté. Les relations doivent s'améliorer ».

Mais dit-il aussi, il faut aller voir du côté de l'Europe. Après tout « les Milanais y arrivent, pourquoi pas nous ? »

Le Vélodrome, à vendre

Sujet à débat, quid du Vélodrome ? Vendra, vendra pas ? Vendra ! Mais pas maintenant. « Ce stade a une dimension métropolitaine, voire régionale ». Comprendre que ce n'est pas aux seuls Marseillais de payer une infrastructure qui génère une aura au-delà de Marseille. « Je vendrai le Vélodrome à un club qui va bien ». Pas tout de suite, donc.

Sur le sujet des 5 écoles qui ont bénéficié de financements, dont de l'ANRU, financements couvrant 90% des besoins idéntifés, soit 80 millions d'euros d'aides, le premier Magistrat de Marseille s'enflamme (un peu), assurant qu'il « fait se battre, il faut monter des dossiers, aller un peu à la castagne et aller chercher de l'argent là où il est ».

Elections bis ?

Autre sujet beaucoup regardé, celui des élections à venir. Alors que son adjointe en charge de l'action publique, Olivia Fortin, a annoncé vouloir mener une candidature rassemblant la gauche et les écologistes en vue des élections régionales, le Maire de Marseille botte en touche quant à sa propre candidature aux Départementales, assurant que s'il peut servir « à quelque chose dans le dispositif », il le fera mais que pour l'heure ce n'est pas sujet. « Je ne vois pas qui ça intéresse ». On en a une petite idée...

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