Renaud Muselier, un président qui tient bon la barre

PORTRAIT. Capitaine de la troisième région la plus riche de France en termes de PIB avec 152 milliards d'euros, refusant la langue de bois, répétant à qui n'aurait pas bien compris que le « patron de l'économie, c'est moi », l'ancien secrétaire d'État aux Affaires étrangères du gouvernement Raffarin et député européen encore pour quelques semaines, secoue sans craindre les réactions, le cocotier du Sud.

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Renaud Muselier (à gauche) à la Sainte-Baume, devenu Parc naturel régional. Le patron de la Région mise sur la croissance verte.
Renaud Muselier (à gauche) à la Sainte-Baume, devenu Parc naturel régional. Le patron de la Région mise sur la croissance verte. (Crédits : Florent-Gardin)

Depuis mai 2017, succédant à Christian Estrosi, élu en décembre 2015, Renaud Muselier tient les rênes de l'un des territoires les plus variés de France tant par la géographie que par les filières qui s'y développent. Il ne tient d'ailleurs pas que les rênes mais aussi les cordons de la bourse. Renaud Muselier met de l'ordre, même si ça ne plaît pas. « Nous ne sommes plus le tiroir-caisse » de l'État, des associations, des autres collectivités... répète-t-il à l'envi.

Mettre de l'ordre

Là où d'aucuns parlent de coupes budgétaires, il évoque la rationalisation et le bon sens. Se fâche tout rouge avec la SNCF et ses TER trop en retard ou annulés. « Fini le far west ferroviaire », clame-t-il. Pour le coup, la Région a entamé le processus d'ouverture à la concurrence. Il exhorte à aller chercher les fonds européens auquel le territoire a droit. Et récupère 3,3 milliards d'euros, en « chasseur de prime » qui sait « se servir de l'Europe ».

Le tourisme ? Toujours une valeur sûre mais qui doit être plus visible et plus offensif. L'innovation ? L'autre pilier de l'économie, évidemment... C'est comme cela que la région débarque à Las Vegas en janvier dernier, avec 52 startups dans ses bagages et une démonstration de force puisqu'étant le premier territoire - devant les États-Unis - ayant fait venir le plus grand nombre de jeunes pousses. Et même si grossir le trait a été critiqué, ce qui compte c'est que le message ait été entendu. Rebelote avec Vivatech et 36 jeunes pousses conviées.

Mais il ne faut pas croire que tout cela c'est de la com', c'est avant tout une question de marketing territorial. C'est même cela qui a poussé Renaud Muselier à créer une nouvelle marque. « Ici, c'est le Sud », dit-il. Et malheur à qui emploie encore l'acronyme Paca. Ce n'est pas tant pour un effet de style et de vocabulaire que pour l'attractivité. En Asie - la région accueille 34 millions de touristes par an, dont 70.000 chinois -, on connaît la Provence. Paca, « ça ne veut rien dire ».

Le prochain scrutin municipal nourrit ses réflexions

Autre sujet avec lequel il ne plaisante pas : le climat. Dernièrement, aux côtés de Carole Delga, la présidente de la région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, il plaide pour le développement de l'éolien flottant. Avec le Costa Rica - où il s'est rendu en février et qui, comme Sud, compte 5 millions d'habitants, 50% d'espaces boisés et 25% de parcs naturels -, il veut tisser des liens pour faire fructifier la « COP d'avance », son plan qui vise notamment à atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050, à investir dans la croissance verte et qui a déjà mobilisé 400 millions d'euros, soit 20% du budget régional.

Pour ce médecin, petit-fils du vice-amiral des Forces françaises libres, l'autre sujet qui nourrit ses réflexions, c'est le prochain scrutin municipal. « J'aime Marseille. » Ironie de l'histoire, « trahi » par Jean-Claude Gaudin en 2008 à qui il devait succéder, le voici l'homme fort de la situation. Il le sait, son soutien pèsera dans l'élection du premier magistrat de la Cité phocéenne.

Provence-Alpes-Côte d'Azur - qui n'a pas changé de périmètre avec l'institution des grandes régions - voit des territoires, devenus plus gros, venir la titiller. Auvergne-Rhône-Alpes est mieux placée en termes de dépôts de brevets. L'Occitanie travaille son leardership dans les industries créatives. Une bonne entente avec l'ensemble des acteurs est indispensable pour nourrir la stratégie de conquête économique et les ambitions sont autant à l'international, du côté de la Méditerranée, qu'à l'intérieur de la région elle-même. Au-delà du scrutin municipal, l'enjeu est (surtout) bel et bien là...

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