La diversification payante du GPMM

Mettre en place des projets ambitieux de diversification en dépit de vents contraires : c’était le pari de 2017. Force est de constater que la stratégie entreprise par le Grand Port Maritime de Marseille semble gagnante, avec la prévision d’une hausse du chiffre d’affaires à 7,3 %.
(Crédits : DR)

Les imports de brut, une page tournée avec succès ? C'était l'un des grands challenges du GPMM pour 2017, année charnière, et force est de constater qu'il est en passe de le gagner.  Alors certes, la croissance attendue pour ce qui est des volumes traités, toutes filières confondues, n'y est pas. Le GPMM visait en effet il y a un an en arrière une hausse de 2,2% en la matière, soit une prévision de 82,7 millions de tonnes... et au final, les résultats obtenus par rapport à 2016 restent stables, à 80,6 millions de tonnes.  Le fait est imputable au seul secteur en berne, celui des vracs liquides, à - 5%. Si l'activité biocarburants, fait de la reconversion de la raffinerie de Total La Mède, a permis de limiter les dégâts, ce n'est pas le cas du GNL, en baisse de 6% et dont la reprise se fait attendre. L'activité des vracs liquides devrait se stabiliser toutefois cette année, "la croissance étant plutôt attendue en 2019", évalue Christine Cabau-Woehrel, directrice générale du GPMM et présidente du directoire.

 Pour autant, la stabilité des volumes traités toutes filières confondues en 2017 signifie une chose : d'autres relais de croissance ont été trouvés.

Record du trafic conteneurs

Et pour cause, puisque hors vracs liquides, le trafic connaît une hausse de 8 %... et "compense donc intégralement la baisse des imports de brut". Le GPMM confirme ainsi que la stratégie de diversification amorcée depuis 2016 porte ses fruits. Et elles sont nombreuses, les filières à connaître l'embellie. Ainsi en est-il  des marchandises diverses (+11 %) et notamment des conteneurs (+10 %), qui enregistrent un nouveau record de 1,4 million d'EVP traités. "Un phénomène plus structurel que conjoncturel. A l'issue de la reconfiguration des grandes alliances, le port de Marseille-Fos a été bien servi. L'ouverture de trois lignes supplémentaires sur les bassins de Marseille y est aussi pour beaucoup", analyse la présidente du directoire. Ce dynamisme se retrouve aussi sur les activités remorques (+ 11 %), voitures (+ 18 %) et conventionnel (+ 19 %). Les vracs solides, à 5 %, ont eux aussi tiré leur épingle du jeu, dans un contexte européen pourtant maussade. Outre le fret, l'activité passager, en légère baisse (-1 %), clôt le chapitre d'une année satisfaisante, avec une prévision de chiffre d'affaires à 160 M€, soit une progression de l'ordre de 7,3 % par rapport à l'année précédente.

Des investissements en hausse

Et 2018 semble se présenter sous des auspices meilleurs encore. Il faut dire, le GPMM poursuit dans sa politique d'investissement à 82 M€ injectés en 2018 contre 47,8 M€ en 2017, de quoi créer un environnement favorable à l'épanouissement de ces relais de croissance. L'automobile devrait ainsi poursuivre dans sa dynamique, avec la commercialisation en 2018 de 11 hectares supplémentaires pour les véhicules neufs à Fos. L'activité granulats pourrait bondir aussi, avec le lancement d'un nouveau trafic de 1,5 MT sur le terminal minéralier de Fos. Le fait de l'entreprise Jean Lefèvre, qui  exportera par voie maritime vers Monaco des roches et granulats issus de sa carrière de Chateauneuf-les-Martigues... Sans oublier le conventionnel, qui performerait encore cette année suite à la mise en service à Fos d'un ponton ro-ro dédié aux colis lourds, "une infrastructure unique en son genre, nous attendons en 2018 une nouvelle hausse de cette activité grâce à cet outil".

Une visibilité internationale accrue

Outre les investissements, 2018 sera aussi l'année de la concrétisation de nouveaux projets. Au registre du multimodal, une nouvelle navette ferroviaire est mise ainsi en service avec la Suisse romande, en partenariat avec le port du Havre et l'opérateur de transport combiné Naviland Cargo. "Il s'agit d'un accès à un développement de l'Hinterland européen", observe Christine Cabau-Woehrel. Un pas supplémentaire pour "être un port qui compte dans l'organisation de transports massifiés. Les prochaines étapes, ce sera l'Allemagne, l'Europe Centrale". Tout cela augure de la nouvelle image que le GPMM est en train de se construire, marquée par une visibilité accrue à l'international, comme en témoigne par exemple l'organisation du premier MedPorts Workshop au siège du port de Marseille-Fos. Son investissement sur la question de la transition énergétique le positionne aussi sur l'échiquier mondial, puisque le GPMM, lancant une étude Hazid (une étude des dangers) pour l'avitaillement des navires en GNL, adhère à présent au LNG group, "une alliance internationale de onze ports mondiaux, parmi lesquels Singapour, Rotterdam ou Jacksonville". Sans oublier le rayonnement supplémentaire que lui confèrera à l'avenir de grands projets de développement, à l'instar de celui portant sur l'aménagement du J1. "Nous avons reçu un nombre intéressant de projets (8, NDLR). Parmi eux, les meilleurs architectes du monde, à l'instar de Norman Forster, des grands noms de l'hôtellerie et de la finance. Nous soumettrons au mois de juin au jury une présélection de 3 ou 4 candidats", avance enfin le président du conseil de surveillance, Jean-Marc Forneri.

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