Comment les vélos intelligents Iweech poursuivent leur course à l’innovation

Faciliter la pratique du vélo en ville grâce à l’intelligence artificielle : voilà le positionnement de la jeune entreprise installée à Marseille. Pionnière sur ce champ, elle tient à préserver son avance en enchaînant les innovations de rupture sur un marché porteur, et inévitablement appelé à devenir de plus en plus concurrentiel.
(Crédits : DR)

C'est une industrie que l'on pensait fatalement abandonnée au marché asiatique. Et pourtant. Depuis une dizaine d'années, de nouveaux fabricants voient le jour sur le territoire national. Fabricants de vélos, mais aussi de pièces. Avec un potentiel tel qu'en début d'année, le député LREM Guillaume Gouffier-Cha a remis un rapport sur la filière indiquant que l'industrie du vélo pouvait générer 47.500 emplois directs en France à l'horizon 2050, alors qu'elle n'en compte actuellement que 4.000.

Pour tirer profit d'un tel potentiel, le rapport précise qu'il faut que le vélo ne soit plus considéré comme un simple objet de loisir mais comme un substitut à la voiture. Ce qui implique une montée en gamme pour en simplifier l'utilisation.

Sécuriser la pratique du vélo en ville

C'est exactement le créneau de l'entreprise marseillaise Bellatrix et de son vélo intelligent Iweech. Son fondateur, Christophe Sauvan, remarque que parmi les freins à la pratique du vélo en ville, se trouve notamment un fort sentiment d'insécurité. « Il faut faire attention aux voitures, aux autres vélos, aux piétons qui traversent au dernier moment... » Et ce, tout en gérant les vitesses, la puissance du moteur et son état de forme physique.

L'entrepreneur imagine donc un vélo compact, plus maniable et plus léger (18 kg contre 25 kg en moyenne chez les concurrents) pour mieux esquiver les dangers. Mais surtout plus intelligent pour mieux anticiper ces derniers grâce à un algorithme qui gère la zone de confort du cycliste, cette zone où l'effort ne génère ni transpiration ni douleur.

Pour fonctionner, l'algorithme s'appuie sur une série de données obtenues à partir de capteurs positionnés sur le vélo : puissance physique exercée sur la pédale, vitesse de rotation des roues - ce qui donne une idée de la forme physique de l'utilisateur -, mais aussi topographie et niveau de batterie du deux-roues. De sorte que si une personne est sur une zone plane mais qu'une pente l'attend et qu'il ne reste que peu de batterie, le vélo préservera de l'énergie pour affronter cette pente.

S'y ajoutent la présence d'une potence dans le guidon pour le stationner aisément. De même qu'un antivol électronique qui alerte l'utilisateur au cas où quelqu'un essaierait de lui subtiliser son deux-roues.

Garder une longueur d'avance

Grâce à ce positionnement, l'entreprise a pu se poser comme pionnière mondiale du vélo intelligent. Une avance qu'elle entend bien préserver.

Pour cela, elle améliore l'existant. Son premier modèle de vélo était mono-vitesse. En mars 2022, elle en sort un second doté de plusieurs vitesses. « Les vitesses sont traitées automatiquement par un variateur », précise l'entrepreneur. « C'est un vélo mieux adapté aux pentes fortes et aux longues distances ». Et le produit a très vite convaincu puisqu'il représente déjà 50 % des ventes de l'entreprise. « Il est très demandé par des personnes qui vivent dans des villes avec de fortes côtes ».

Bellatrix innove également en exploitant le potentiel des briques technologiques déjà posées. C'est ainsi qu'elle vient de lancer Fitness, une fonctionnalité qui permet d'adapter l'assistance en fonction des calories que l'utilisateur souhaite brûler. Et si ce dernier s'avère trop ambitieux, un itinéraire plus long peut lui être proposé afin de l'aider à atteindre malgré tout ses objectifs. « Cela a été possible grâce à la refonte complète de notre application mobile », avec notamment la mise à disposition d'un routage GPS.

« Cette fonctionnalité permet de répondre à la demande de personnes qui ont envie de faire du sport mais manquent de temps pour cela ». Les déplacements du quotidien deviennent alors l'occasion d'en faire, de manière aussi intensive que souhaitée.

« Notre objectif est de toujours améliorer le bien-être des cyclistes ». Un objectif qui devrait se traduire par d'autres fonctionnalités courant 2023. Dont la mise en place pourra être facilitée grâce à l'intelligence artificielle déjà en place et à ce nouvel outil de routage GPS.

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Distribution numérique et physique

Sur ses dix-huit à vingt premiers mois d'activité, l'entreprise d'une quinzaine de salariés assure avoir vendu 700 vélos. « Et cette année, on devrait en commercialiser 600 à 700 ». Parmi les clients : des néophytes du vélo électrique que l'automatisation rassure. Mais aussi des cyclistes plus chevronnés, qui apprécient la légèreté et la maniabilité d'Iweech.

Si les vélos étaient, initialement, essentiellement disponibles sur le site internet de la marque, Christophe Sauvan a fait le choix de s'ouvrir aux magasins spécialisés indépendants qui représentent « 60 % du marché en valeur ». Une manière d'offrir un conseil plus personnalisé aux clients tout en leur offrant la garantie d'un contact humain en cas de dysfonctionnement. Iweech est d'ores et déjà présente dans une quarantaine de points de vente situés dans de grandes villes françaises, mais aussi à Bruxelles et Genève. « On espère passer à 80 points de vente fin 2022, puis en avoir 250 à 300 en 2023 ».

Être à la hauteur de la demande

Reste à financer la croissance. D'autant que les capacités maximales de production pourraient rapidement être atteintes.  « Fin 2023, on commencera à avoir du mal à répondre à la demande. En 2024, il faudra déménager. Idéalement en restant dans la région ». Une levée de fonds pourrait par ailleurs être engagée dans les mois à venir.

Car le marché, malgré une croissance plus lente cette année qu'en 2020 et 2021 où il a crû de 20 %, demeure prometteur. Hausse du prix de l'essence. Coût du stationnement. Développement de zones à faible émission dans les villes. « A long terme, les gens seront de plus en plus nombreux à remplacer la voiture par le vélo. Il ne fait aucun doute que la progression de ce marché va se poursuivre ».

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