Comment Dishop bouscule le modèle de la livraison à domicile pour prendre le contrepied des plateformes

Née fin 2019, la startup basée à Nice déploie un modèle de digitalisation de la livraison à domicile qui s’affranchit du business-modèle habituel que portent les plateformes telles UberEats ou Delivroo. Ou il est question de branding, de gestion de la data et de relation organisée entre restaurateur et livreurs. Un concept qui fait appel au financement participatif pour accélérer son développement mais aussi pour créer une communauté d’investisseurs.

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(Crédits : DR)

C'est peu dire que la livraison de repas à domicile a connu une croissance fulgurante en deux ans. Avec un marché estimé à 5 milliards d'euros, porté par une croissance annuelle de 47%, il devrait doubler pour atteindre 10 milliards d'euros d'ici 2024. C'est-à-dire demain. Il faut dire qu'une autre donnée est significative : celle des 60% de Français ayant intégré ce type de livraison dans leur quotidien.

Si la crise sanitaire et les confinements ont favorisé grandement la digitalisation de la restauration, la livraison s'effectue par deux biais : le click and collect - qui a énormément progressé durant la période Covid - et la livraison à domicile. La demande en ligne - via les plateformes telles UberEats ou Deliveroo ont largement bénéficié du phénomène.

Mais sur ce segment de la livraison, tout n'est pas égal et tout ne représente pas la même valeur pour l'établissement de restauration. « La solution click and collect représente moins de 5% du chiffre d'affaires de la restauration rapide », avance Nicolas Zantour. Un sujet que cet ingénieur connaît bien. Car Dishop, la startup qu'il crée fin 2019 à Nice avec deux associés issus de la même école et avec lesquels il a déjà mené des projets entreprenariaux, visait déjà à apporter une solution de digitalisation différente des business-modèles existants. Mais la crise sanitaire arrive et reporte le lancement commercial. Un laps de temps qui est cependant utilisé pour peaufiner encore le modèle. « Nous avons effectué beaucoup de développement informatique. Nos premiers clients nous ont permis d'apprendre énormément sur les méthodes de consommation. 2020 a donc été une année de très fort apprentissage ».

Reprendre la main sur la data... et l'image

Dishop qui s'intéresse donc au segment de la livraison à domicile, lequel constitue un enjeu fort de la restauration et une part de chiffre d'affaires de l'ordre de 30% à 70% pour les établissements. Sauf que, si la livraison est en pleine croissance, c'est bien la façon dont elle s'organise que Dishop vient bousculer. Ainsi les plateformes appliquent un taux de commission assez élevé - de l'ordre de 30% dit Nicolas Zantour - ce qui « apporte de l'argent mais pas de chiffre d'affaires. De la même façon, l'établissement de restauration n'a accès à aucune data sur le long terme, il ne peut donc fidéliser sa clientèle ou s'adresser à elle de façon personnalisée ». Sans oublier la qualité du service fourni par le livreur - un livreur indépendant, qui n'est pas forcément à l'image du restaurant - et les conditions de travail de ce même livreur. « Lorsqu'un restaurant est présent sur une plateforme, il ne peut pas jouer sur son image », note encore Nicolas Zantour.

Ce que propose Dishop c'est donc de proposer sa solution de digitalisation de la livraison en marque blanche. « L'établissement dispose ainsi de sa propre application de commande en ligne, avec deux formats, l'un web et l'autre mobile, lequel est disponible sur Play Store ou Apple Store ». A chaque établissement la possibilité ains de « créer ses codes promo, de fidéliser sa clientèle, de fédérer sa communauté... et d'avoir la main sur sa communication comme sur les données ».

Recréer le lien humain entre restaurateur et livreur

Une approche qui vient prendre le contrepied des plateformes à l'envergure internationale dont l'Europe a estimé qu'elles ne développaient pas un modèle durable. Au centre de la problématique notamment, celui du statut des livreurs, qui se situent dans un modèle précaire, de non salarié. « Dishop n'entretient pas de lien de lien de subordination avec les livreurs », indique Nicolas Zantour. « Nous leur mettons une solution technologique à disposition. Nous permettons la mise en relation entre restaurateurs et livreurs, et cela afin qu'ils puissent se rencontrer physiquement, négocier ensemble les conditions de travail, définir les conditions tarifaires. Nous ne commissionnons pas le livreur indépendant », dit encore le dirigeant de Dishop qui gère les parties légales et la remontée de données statistiques. Dishop qui fait reposer son business-modèle sur un abonnement destiné au restaurateur.

Investir en R&D

Afin de conserver son avance et de poursuivre les efforts en R&D - notamment l'ajout de fonctionnalités - une campagne de financement participatif, mené sur Tudigo, doit permettre à la startup niçoise de récolter 600.000 euros, ce qui, assorti d'une aide apportée par Bpifrance, octroie une levée de fonds de l'ordre de 1,2 million d'euros. Le recours au financement participatif qui est un moyen de créer une communauté d'investisseurs - « qui peuvent être des restaurateurs ou des acteurs du secteur », se plaît à imaginer Nicolas Zantour. La feuille de route prévoit un déploiement sur le marché français d'ci 2 ans et dans les pays francophones à horizon 5 ans. « Nous allons continuer de pousser la livraison à domicile et de travailler sur les conditions de travail des livreurs indépendants », projette Nicolas Zantour. Dishop emploie pour l'heure 9 salariés et table sur un chiffre d'affaires de 2 millions d'euros d'ici 2024.

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