Next Top 20, le programme qui valorise (vraiment) l’open innovation ?

Imaginé par la French Tech Aix-Marseille et le Club Top 20 qui réunit les entreprises les plus performantes du territoire, l’initiative dit clairement ce qu’elle veut faire : pousser les startups et les grands groupes comme les ETI à créer de réels partenariats d’innovation et industriels. Et le but c’est bien de faire grandir les unes en apportant des solutions et une ouverture d’esprit aux autres. Ou quand la création de licornes n’est pas une obligation mais un prétexte pour vitaliser l’économie.

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(Crédits : DR)

L'open innovation, ce principe de partenariat et de mise en commun des expertises a longtemps été présenté comme la meilleure façon pour créer du lien entre les startups et les grands groupes. Mais pas toujours avec le résultat escompté. Pas facile pour les grands groupes d'intégrer le concept d'agilité et d'ouverture en grand de leurs portes. Pas facile non plus pour les jeunes pousses de ne pas se faire manger tout cru leur techno et de savoir protéger leur propriété intellectuelle, par exemple.

Bref, joli sur le papier, l'open innovation dans son pur état d'esprit de collaboration n'a pas toujours bien été comprise. Et exécutée.

Le Top 20, terreau fertile

Et l'open innovation c'est ce sur quoi repose - sans le dire explicitement - le Next Top 20. Un programme tout nouveau tout beau qui compte bien faire le bonheur des uns et des autres : startups et grandes entreprises. Sauf que là, ce n'est pas à marche forcée ni seul dans son coin. Initié par la French Tech Aix-Marseille, il vise surtout à repérer et à faire grandir celles dont on peut imaginer qu'elles seront demain elles-mêmes l'une de ces entreprises performantes qui servent de locomotives économiques. Car avec la French Tech, c'est le Club Top 20 qui interagit. Et ça, ça change un peu (beaucoup) la donne.

Créé pour fédérer les entreprises qui pèsent économiquement, ce Club regroupe les grandes entreprises et les ETI des Bouches-du-Rhône. 56 au total, chacune générant plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires, entreprises familiales, grands comptes, ETI... Par définition très impliquées - dans tous les sens du terme - dans le territoire. Certes, certaines plus que d'autres, certaines déjà très tournées vers ces pépites implantées ici, d'autres plus discrètes pour le dire poliment, mais toutes, forcément face à des enjeux d'accélération, où l'innovation est la porte d'entrée.

Histoire de masse critique et intérêts croisés

Passer à la vitesse - et l'échelle - supérieure c'est donc le principe du Next Top 20. Donner le coup de pouce utile pour faire grandir des pépites - pour certaines déjà en fort développement - tout en se nourrissant de leurs expertises en matière de nouveaux défis entreprenariaux, c'est le contrat moral passé. « L'enjeu est de créer une masse critique avec effet d'entrainement. C'est de permettre aux startups de devenir des scale-ups à part entière, voire des licornes » explique Jean-Baptiste Geissler, le directeur général d'Aix-Marseille French Tech, pointant le fait que certaines sont déjà bien développées, emploient 20 à 50 salariés, ont levé 5 ou 10 millions d'euros mais que l'objectif c'est d'aller beaucoup plus loin, de faire d'elles des entreprises employant 200 personnes et levant dix fois plus. « Le programme est pensé pour aider le passage à l'échelle, pour passer du POC et de la série au niveau supérieur. Et le contexte idéal, c'est avec les grands groupes et grandes entreprises présentes sur le territoire. L'intérêt est, à la fois, individuel et collectif, pour aider à l'émergence d'une nouvelle génération d'entreprises. C'est un véritable cercle vertueux qui se met en place ».

Le vrai sujet : le mentorat

D'ailleurs, le vrai sujet est bien plus celui du mentorat. « L'objectif est certes le business, les membres du Top20 pouvant offrir un accès à leurs carnets d'adresses. Mais la contribution la plus fondamentale, c'est le mentorat ». C'est comment ceux qui sont habitués à jongler avec des millions et des milliards d'euros peuvent apporter leur expertise, parce que, eux aussi, ont été de taille modeste un jour. C'est aussi comment ces structures agiles appelées startup peuvent aider les plus grandes à répondre aux enjeux de restructuration. « A l'échelle du territoire, il est important que les grands groupes s'acculturent, autant dans les nouvelles méthodologies et les organisations de travail, désormais plus horizontale, plus autonome. Il y a une réciprocité de l'apport. L'open innovation se base forcément sur la confiance. C'est pour cela qu'il faut créer des relations interpersonnelles, pour éviter aussi les rapprochements au coup par coup ».

Dix startups vont donc être sélectionnées par un jury - auquel la French Tech Aix-Marseille ne participe pas, estimant ne pouvant être juge et partie - mené par David Layani, le président-fondateur de Onepoint, spécialiste de la transformation numérique des entreprises. Les heureuses lauréates seront connues le 12 mai prochain et participeront dès le 1er juillet à l'assemblée générale du Club Top 20. Ou comment être mises rapidement dans le grand bain... Pour faire la preuve du concept...

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