« Notre objectif est que dix startups lèvent 10 millions d’euros dans les trois prochaines années » (Julie Davico-Pahin, Aix-Marseille French Tech)

Dotée d’un nouveau conseil d’administration et d’une nouvelle présidente, l’association dit ses ambitions de passer un cran dans le rôle qu’elle peut jouer à la fois sur la croissance des entreprises innovantes tout comme sur l’attractivité du territoire. Car de l’un comme de l’autre découlent une dynamique qui doit réellement contribuer à l’économie régionale. Et c’est en étant moins dans l’incantation que dans l’action terrain.

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(Crédits : DR)

Elle n'a certes plus à prouver son rôle de lien, de rassembleur, de label. La French Tech s'est imposée dans le paysage de l'innovation comme un véritable totem, en ayant évolué au fil des années et en s'étant bien davantage structurée dans son mouvement national, que pilote désormais Clara Chappaz.

Déclinée en région, sa vocation de structuration d'un écosystème local n'est pas toujours simple et doit s'adapter au territoire concerné. Avec ses particularités, donc.

Aix-Marseille a été assez précurseur dans cette adoption d'un mouvement qui se voulait prometteur. Il faut dire que le territoire est riche d'innovation et de réelles pépites, de toutes tailles, et que ça ne se sait pas suffisamment, alors que c'est sans doute l'un des leviers les plus importants pour cette partie du Sud de la France qui n'est pas toujours perçue à sa juste valeur.

Insuffler l'esprit d'équipe

Désormais présidé par Julie Davico-Pahin, co-fondatrice et dirigeante du spécialiste de l'agrivoltaïsme, Ombrea, Aix-Marseille French Tech a des ambitions, des objectifs chiffrés et un levier : le collectif.

Un esprit d'équipe qui prévaut pour tout et c'est comme cela que le présente Julie Davico-Pahin, insistant sur le fait que pour bien parler de ce qui est la réalité du terrain et de celle des entrepreneurs, il faut justement que les entrepreneurs de tous types sont représentés. Une façon d'en finir avec l'idée d'une French Tech qui ne concernerait que les seules startups naissantes, quand on sait que l'innovation et la tech sont tout autant le sujet des startups en croissance comme de celles en hyper-croissance. Et que c'est aussi pas moins le sujet des structures d'accompagnement comme de financement. C'est donc tout ce petit monde - le fameux écosystème - qui est intégré dans le board de l'association.

Amplifier l'attractivité : les fonds (encore et toujours) attendus

Parce qu'au-delà du collectif, c'est à la fois le développement de chacune des entreprises et celle de son territoire qui sont liés. Intrinsèquement. Et ce que dit Aix-Marseille French Tech c'est de ne plus penser individualité. C'est de cela que découle une feuille de route où il est question de valoriser le réseau. Car, que ce soit pour aller chercher des fonds, recruter, s'exporter, ce sont les différentes connaissances, le carnet d'adresses qui permet d'aller plus vite. « Nous nous sommes rendus compte qu'en matière de financement, le sujet c'est beaucoup le réseau et le carnet d'adresses, le fait de s'entourer. Cela donne accès plus vite aux bons interlocuteurs ». En allant plus vite, c'est l'entreprise et par effet de ricochet le tissu local qui en bénéficient. Ce qui projette une bonne image. Laquelle crée de l'attraction... Une sorte de cercle vertueux nécessaire car « nous voulons que des fonds d'investissement s'installent ici », avoue Julie Davico-Pahin. « Pour cela, nous devons donner de la visibilité à nos startups. Nous voulons des licornes, que des entreprises s'installent et y restent ». Et pour cela, il y a cet objectif fixé : que dix startups lèvent dix millions d'euros dans les trois prochaines années. Ce qui passe peut-être par une nécessité de rendre plus lisible le parcours financier possible du startuppeur, s'appuyer sur le mentorat. Le réseau, toujours le réseau.

Eviter l'entre-soi

Mais cela pose aussi la question - qui ne concerne pas que le monde de l'innovation - du recrutement. Le bât qui blesse mais qu'AMFT va adresser en constituant un mapping des besoins, ainsi que des blocages, prenant aussi son bâton de pèlerin pour rencontrer les organismes de formation et permettre une adéquation la plus fine possible entre ce qui est attendu et ce qui est proposé. « La demande est colossale d'autant que les PME et ETI recherchent elles aussi des profils tech. Il est essentiel de donner envie, en expliquant quelles sont les réelles débouchées dans les startups. Le danger est de tomber dans l'entre-soi. La tech doit s'ouvrir, aller témoigner dans les écoles, parier sur les rôles models pour créer une identification, créer du lien ». Créer du lien, ça vaut aussi pour continuer l'évangélisation auprès des incubateurs, des financeurs, des accompagnateurs de tous bords. C'est amplifier le rayonnement. C'est utiliser Tik Tok ou Twich. « Nous ne devons pas devenir des entreprises coupées des réalités. Nous devons rester à l'affût des nouvelles tendances ». Créer du lien et s'ouvrir c'est aussi sortir du territoire habituel pour aller repérer les talents dans les quartiers, à la campagne... Le Plan Marseille en Grand veut y contribuer. Arrivée à une certaine maturité, la French Tech n'est pas moins un outil qui participe à la relance. Puisque, dit-on, les petits ruisseaux font les grandes rivières...

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