Azuvia : du traitement des eaux de piscines à celui des effluents agro-industriels

Installée à Avignon, cette entreprise a développé un concept de serre filtrante pour traiter grâce à des plantes les eaux usées et effluents. Au départ centrée sur le traitement des eaux de piscines, l’entreprise a opéré un revirement en se consacrant essentiellement à la dépollution industrielle et agricole. Un choix qui n’est pas sans lien avec l’écosystème local.

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(Crédits : DR)

A la place du chlore, une piscine naturelle traitée par des plantes cultivées verticalement à l'intérieur d'une serre filtrante. C'est par cette offre que l'entreprise Azuvia, fondée par quatre camarades de l'école d'ingénieurs parisienne Sup'Biotech, entre sur le marché du traitement des eaux usées et effluents.

Ce positionnement constitue d'ailleurs l'une des raisons de son déménagement à Avignon, en 2020, avec l'aide de l'agence Vaucluse Provence Attractivité. « Notre activité exigeait un grand terrain, ce qui était impossible à trouver à Paris. Et le sud-est nous paraissait intéressant car il concentre 39 % des piscines privées », explique Tristan Bauduin, PDG d'Azuvia.

Tirer profit de l'écosystème vauclusien

Sauf qu'à peine arrivés sous le soleil vauclusien, les quatre ingénieurs se retrouvent confinés. « Nous avions encore des expérimentations à mener pour aller sur le marché des piscines ». Ce qui génère un certain retard.

Lorsqu'ils dressent un bilan de ce marché, en 2021, ils s'aperçoivent que le modèle économique, à destination des particuliers, est plus compliqué à mettre en œuvre qu'il paraissait. « Si on n'a pas pignon sur rue et qu'on ne vend pas des milliers de produits, c'est compliqué. On avait besoin d'un modèle qui nous permette de vivre ».

Or il se trouve qu'en s'installant à Avignon, la jeune entreprise a mis le pied dans un riche écosystème d'entreprises tournées vers l'agriculture et l'agroalimentaire. Avec d'importants besoins concernant le traitement des effluents. Une aubaine dont Azuvia entend bien tirer profit, rejoignant notamment le pôle de compétitivité Innov'alliance dédié à la naturalité (agriculture, agro-alimentaire, cosmétiques ...). « C'est ce pôle qui nous a introduit auprès du groupe Perret, un des plus gros distributeurs français de produits agricoles, et de leur filiale Viséa-Couturier », spécialisée dans la distribution de matériel vitivinicole et d'embouteillage. « Nous avons ainsi noué un superbe partenariat avec ce groupe et c'est ce qui a conforté notre pivot vers la dépollution industrielle ».

Préservation de l'environnement, gain de place, esthétique

Sur ce marché, l'entreprise a mis au point une solution baptisée Seteia, destinée à divers acteurs : vignerons, industries agroalimentaires, caves ou encore compostières. Là encore, il s'agit d'une serre sous laquelle des plantes, choisies en fonction du type de pollution à traiter, sont cultivées de manière verticale dans un souci de gain d'espace. « Par rapport à une station de traitement classique, nous divisons par dix la surface allouée au traitement. C'est donc un sujet majeur car la vitiviniculture est un marché mature où l'espace manque ».

Pour le client, l'outil permet de respecter et d'anticiper les normes réglementaires liées au traitement des effluents. « Le procédé de traitement est 100 % bio. Il permet d'éviter de polluer l'environnement proche mais aussi d'économiser de l'eau puisqu'une fois traitées, les eaux usées peuvent être réutilisées et stockées. Quand on sait qu'il faut entre 1 à 3 litres pour produire un litre de vin, ce n'est pas négligeable ».

Enfin, alors que le traitement des effluents nécessite en général d'imposants bacs de stockage peu agréables pour la vue et l'odorat, le pari d'Azuvia est de se distinguer grâce à une serre dont l'esthétique est raffinée. « Les vignerons ont envie de montrer à leurs clients qu'ils s'engagent dans une dynamique respectueuse de l'environnement et de la biodiversité. Nos serres sont une très belle vitrine pour cela. Nous en proposons plusieurs types, de la serre de jardin à la serre victorienne du XIXème siècle, afin qu'elles s'adaptent bien au cachet du domaine ».

2022 : année du déploiement commercial

Si 2021 a été l'année du pivot - avec une levée de fonds de 750 000 euros, 2022 doit être celle du déploiement commercial. « Nous avons beaucoup de prospects dans la région ».

Objectif pour cette année : 700 000 euros de chiffre d'affaires pour le marché de l'agriculture et de l'industrie auxquels devraient s'ajouter 100 000 euros liés aux piscines naturelles ; l'entreprise continuant à répondre aux demandes même si elle n'y consacre plus d'efforts commerciaux.

Pour atteindre ses ambitions, Azuvia entend renforcer ses effectifs qui comptent pour l'heure trois salariés en plus des quatre fondateurs associés. « Nous devons nous structurer comme une PME qui va réaliser de la croissance ». Une fois bien établie sur le quart sud-est de la France, l'entreprise se penchera sur le sud-ouest puis pourquoi pas, à plus long terme, sur les pays limitrophes producteurs de vin que sont l'Espagne et l'Italie.

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