Spécialiste de l’évaluation toxicologique, LifeScientis veut (encore) diversifier ses marchés

Installée à Grasse, cette entreprise spécialisée dans l’évaluation toxicologique propose des activités de conseil, d’évaluation mais aussi de recherche et le développement qui lui ont permis de mettre au point des procédés d’encapsulation d’actifs plus respectueux de l’environnement. Une technologie dont elle veut faire profiter un large panel de secteurs d’activité, de la cosmétique à la santé, en passant par l’agriculture.

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(Crédits : DR)

Fini le temps de l'insouciance, voire de l'inconséquence. Désormais, les consommateurs savent combien certaines substances contenues dans leurs produits du quotidien peuvent être nocives. En témoigne la mise en avant des perturbateurs endocriniens ou des micro-plastiques.

Transparence et innocuité sont au cœur de leurs exigences. Et le législateur accompagne ce mouvement, que les industriels sont bien sûr soucieux, ou du moins forcés, de suivre.

Sauf que la toxicité des produits est un sujet complexe et les entreprises n'ont pas nécessairement les ressources pour l'évaluer. C'est donc ce service que leur propose Lifescientis, PME créée en 2016 par Franck Chuzel, endocrinologue et toxicologue de formation qui dispose par ailleurs d'une bonne connaissance de l'industrie. « Nous avons une activité d'évaluation des risques toxiques que nous mettons au service de nos clients dans l'industrie. Nous les aidons aussi à développer une stratégie de présentation aux autorités réglementaires ».

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Encapsulation de filtres solaires

Mais parfois, les solutions pour réduire l'impact d'actifs sur la santé et l'environnement manquent. Lifescientis s'attelle donc à en mettre au point pour ses clients à travers ses activités de recherche et développement. Des efforts qui devraient prochainement porter leurs fruits puisque l'entreprise assure être en phase de pré-industrialisation. « Nous avons réalisé les premiers lots industriels et les premiers crash-tests. Actuellement, on répète les opérations pour consolider les process ».

Une industrialisation, soutenue dans le cadre du PIA3, qui cible en premier lieu le marché des filtres solaires où l'encapsulation aurait la vertu de maintenir plus longtemps les filtres sur la peau, et donc de protéger plus longtemps des coups de soleil tout en évitant que les actifs se répandent trop vite dans la mer. « Il y a une vraie demande de la part des industriels ». Des industriels avec qui Lifescientis a constitué une sorte de consortium. « Nous mettons à profit notre technologie d'encapsulation tandis que nos partenaires fournissent les actifs encapsulés et s'occupent de la stratégie commerciale et de la vente ». La mise sur le marché est prévue courant 2022.

Parfumerie, agrochimie, santé

En parallèle, l'entreprise cible d'autres marchés tels que les parfums (contenus dans les cosmétiques et produits d'hygiène) ou encore l'agrochimie. « Nous avons des discussions avec des partenaires qui travaillent sur les produits phytosanitaires ». L'enjeu : offrir une solution à des entreprises soucieuses de proposer des traitements plus respectueux de l'environnement. « Pour sortir des pesticides, on peut utiliser des produits naturels ». Mais ceux-ci étant plus fragiles, il est nécessaire de les protéger, ce que permet l'encapsulation.

Lifescientis n'est néanmoins pas seule sur ce marché. « Des concurrents le font, mais avec des approches complémentaires. Et les besoins sont très variés sur ce marché, les modes d'application des substances sont divers (pulvérisation, dépôt ...). Il y a de la place pour nous, notamment pour certains traitements très ciblés ou pour le traitement de nuisibles par phéromones ». Franck Chuzel espère se lancer concrètement dans ce secteur dès l'année prochaine.

Puis, après les cosmétiques et l'agriculture, la Jeune entreprise innovante souhaiterait mettre sa technologie à profit des entreprises œuvrant dans le champ de la santé, où l'encapsulation pourrait accompagner le développement de thérapies ciblées. « Nous pensons par exemple à certaines tumeurs où un traitement pourrait être réalisé au moment de la chirurgie et où la chimiothérapie est peu efficace, comme le glioblastome ». Les actifs encapsulés pourraient être déposés directement dans le corps du patient et agir d'une manière ciblée et maîtrisée. Mais ce type de projet demande du temps, de l'argent, tout autant que « des partenaires [laboratoires de recherche et industriels, ndlr] robustes ».

Un tour de table pour grandir

« Nous préférons avancer par séquences, en commençant par des marchés où la réglementation est moins lourde ». Une envie de toucher à tout freinée par la taille encore restreinte de la structure. C'est pour cette raison qu'elle s'apprête à organiser sa première levée de fonds l'an prochain.

« Nous sommes en train de la préparer. Il s'agirait de lever entre 800.000 euros et 1 million d'euros pour accélérer sur tous les secteurs qui présentent un intérêt, à la fois sur le business et sur la technologie ». Un afflux financier qui doit l'aider à prendre plus d'ampleur et à se projeter davantage vers l'international dans les cinq années à venir.

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