Pionnier de l’agrivoltaïsme, Ombrea se renforce comme acteur de l’agriculture de précision

Spécialisée dans la protection et la gestion des cultures, l’entreprise basée à Aix-en-Provence veut aller plus loin mais aussi plus vite en apportant des solutions au plus près des besoins des agriculteurs. Où il est question de R&D et de data. C’est cette ambition qu’accompagne financièrement la levée de fonds d’un montant de 10 millions d’euros concrétisée il y a quelques semaines. Et l’intérêt manifesté notamment par le spécialiste du transport maritime et de la logistique, CMA CGM, devenu l’un des investisseurs, en dit long sur le potentiel plus large que l’agritech possède.

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(Crédits : DR)

Si le rapport du GIEC publié durant l'été a, à nouveau rappelé les enjeux climatiques et énergétiques, le sujet est depuis longtemps le quotidien du monde de l'agriculture. Car les aléas liés aux variations du climat sont entrés dans le quotidien des agriculteurs depuis de nombreuses années, avant même que le sujet soit mis sur la place publique. Un sujet qu'adresse Ombrea depuis sa création en 2016, Ombrea née justement après que Christian Davico ait été confronté aux effets de la sécheresse sur ses propres cultures. Avec une solution agrivoltaïque constituée d'ombrières capables de protéger les terres en modulant leur ombrage, complétées de panneaux photovoltaïques et bourrées de capteurs qui permettent de récolter, traiter et analyser la data, la jeune pousse s'est positionnée sur un marché alors balbutiant mais qui est depuis clairement devenu mature. Avec de nouveaux enjeux.

Concentration en R&D

De nouveaux enjeux qu'Ombrea veut adresser. Et le tour de table récemment finalisé  - pour 10 millions d'euros - accompagne cette ambition. « Nous voulons accélérer le déploiement auprès des agriculteurs et dès 2022, développer 150 hectares annuels », confirme Julie Davico-Pahin, la directrice générale de l'agritech, désireuse d'une « croissance à l'échelle » avec un ligne de mire 1.000 hectares à horizon 2017.

Ce qui passe par des efforts soutenus en R&D, cette recherche et développement qui signe la différenciation d'Ombrea, et qu'il faut poursuivre.

Car pour l'heure, si le marché est concurrentiel, ce sont davantage de solutions abordées sous le prisme énergétique qui émergent, laissant à l'entreprise aixoise son positionnement agrivoltaïque.

Mais combler un marché mature, cela signifie également acquérir des compétences idoines. D'où le recrutement envisagé de 50 CDI d'ici 2023 ciblant des profils d'agronomes, de docteurs en biologie ainsi que des data scientist. Et qui viennent ainsi compléter l'effectif, actuellement de 40 salariés.

La data, la data, la data

Si pour l'heure, Ombrea est très présente sur les segments de la viticulture, de l'arboriculture et du maraîchage, elle sait que les attentes sont fortes sur d'autres segments. « Nous souhaitons aller sur d'autres typologies de culture, répondre à des problématiques ciblées, qui s'adaptent avec le procédé existant », souligne Julie Davico-Pahin. Qui vise, certes, la protection des cultures mais qui souhaite aussi améliorer les conditions de travail des agriculteurs en n'omettant pas la dimension sociétale.

Mais l'autre aspect différenciant d'Ombrea se situe du côté de la data. Grâce aux capteurs positionnés en réseau, ce sont plus de 100 millions de données qui sont récoltées par site et par an, nourrissant la base de connaissances de l'agritech qu'elle confronte à ses connaissances agronomiques, le tout assurant un pilotage intelligent des ombrières. « Nous disposons de modules précis qui nous permet d'affiner le pilotage. Nous allons plus fortement vers une agriculture de précision ».

Passage à l'échelle

En croissance sur le marché français, Ombrea, qui ne communique pas sur son chiffre d'affaires, ne regarde pas (encore) l'international. Trop tôt, considère sa directrice générale, bien que sollicitée par l'Espagne ou l'Italie, deux pays qui sont confrontés aux conséquences du changement climatique. « Nous restons prudents quant à notre développement. Nous sommes confrontés à un enjeu de passage à l'échelle en France, mais restons attentif à l'international ».

C'est donc plutôt la carte du marché domestique que privilégie la jeune entreprise. Depuis le début de l'année, elle est présente à Toulouse et souhaite renforcer sa présence dans le sud-ouest, « un marché important ».

Si le potentiel d'Ombrea a convaincu les investisseurs historiques - Région Sud Investissement, CCAP Création (groupe Crédit Agricole) et Alumni Business Angels - elle a également convaincu Mirova, affiliée de Natixis Investment Managers et spécialisée dans le financement durable, mais aussi deux entrepreneurs français, désireux de rester anonymes. On retient surtout l'intérêt de CMA CGM Ventures, la structure d'investissement du groupe CMA CGM, basé à Marseille. Lequel se positionne de plus en plus, outre le transport maritime, sur les enjeux de logistique et de développement durable. Un intérêt qui dit beaucoup du potentiel d'Ombrea...

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