Reconnue PME innovante européenne, ce que Nuvisan apporte à la pharma

Installée à Sophia-Antipolis, la division française de l’allemand Nuvisan fournit des services scientifiques de R&D principalement en chimie et formulation topique. Mais c’est sa capacité à réaliser de petites quantités de médicaments à haut potentiel qui apporte une différenciation sur un marché extrêmement demandeur, où les concurrents sont hors-Europe. Et c’est aussi ce qui lui a valu le prix EEN de la PME européenne la plus innovante.

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(Crédits : DR)

Il y a encore trois ans, Nuvisan France n'existait pas. C'est le départ de Galderma de la technopôle de Sophia-Antipolis qui a mené le groupe allemand à regarder de près les savoir-faire qui demeuraient sur le territoire. Un intérêt qui s'est vite transformé en filiale. Ainsi est née Nuvisan France. « Nuvisan a vu nos compétences en chimie, en développement de procédé et en formulation, lié à notre passé Galderma. Nous leur apportions des services que le groupe n'offrait pas, depuis la chimie médicinale jusqu'à la mise sur le marché, en faisant des études cliniques », explique Pierre Diebolt, qui pilote Nuvisan France.

Fort potentiel, petite quantité

Et de ces savoir-faire, Nuvisan France a su développer une spécificité. Précisément, sa capacité à produire des médicaments à haut potentiel mais pour lesquels une production en petite quantité est suffisante pour répondre aux besoins du marché.

« Nous avons des médicaments, que nous appelons highly potent, très actifs, pour lesquels une petite quantité est suffisante pour répondre à la demande commerciale, pour couvrir tout le marché. Pourquoi alors, ne pas développer, une activité de petites quantités de lots, capables de répondre à la demande. On viendrait dans nos laboratoires avec une idée de molécule qui serait suffisante pour répondre à la demande commerciale. Nous pourrions développer le procédé de synthèse et réaliser cette molécule », explique Pierre Diebolt. Des médicaments qui peuvent être, notamment, des anti-cancéreux.

De l'idée est née donc un axe de développement qui a emmené Nuvisan a étendre la surface de ses laboratoires de 100 m2, engageant un investissement de centaines de milliers d'euros pour lequel une aide de France Relance a été obtenue. Un axe de développement qui a également nécessité des consolider les compétences. Des recrutements, notamment en business développement et en techniciens en chimie, ont porté l'effectif de 80 personnes à 100 personnes. Mais cette phase de renforcement des expertises n'est pas finie. Nuvisan est actuellement en recherche de chimistes, d'analystes ou encore de qualiticiens.

Et le tout doit justement contribuer à permettre une croissance organique solide. Nuvisan étant sollicitée pour « notre savoir-faire et le consulting que nous leur donnons en plus de l'exécution. C'est une plus-value, nous venons du monde de la pharma, donc quand nous parlons avec des gens de la pharma, nous comprenons bien leurs besoins ».

Plus-value européenne et... compétitive

Si Nuvisan cherche à structurer encore davantage et à renforcer sa spécificité, c'est que celle-ci est extrêmement compétitive. En effet, seuls 3 CRO au monde sont capables d'effectuer du développement topique. Et tous sont hors-Europe, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Si certains clients viennent à Nuvisan par déception par rapport à d'autres acteurs, le portefeuille est constitué à 75% de clients venus de la pharma, mais aussi du secteur vétérinaire et de l'agro-alimentaire. Des clients américains, asiatiques ou israéliens. De la big pharma des startups et des hôpitaux...

Nuvisan qui apporte ainsi une réponse européenne aux besoins du secteur de la pharma. A rattacher à la volonté du gouvernement de faire de la France un leader de la pharma en Europe.

Porté par le marché

« L'industrie pharmaceutique sous-traite de plus en plus sa R&D », souligne Pierre Diebolt. « Les équipements deviennent de plus en plus complexes, comme en électronique. Les salariés qui peuvent donner un conseil avec une vraie plus-value sont de plus en plus rares. Donc les sociétés ne peuvent plus se permettre d'avoir des spécialistes tout le long de la toute la chaîne de R&D, que ce soit biologique, chimique... »

Une croissance organique donc qui semble aller de soi, porté par les besoins du marché. D'autant, que Nuvisan compte poursuivre le branding, se faire connaître... « Nous sommes encore petits » dit encore Pierre Diebolt. Mais aussi aller voir ailleurs. « Nous cherchons tous les clients qui font du topique. Nous sommes également très chimie de petite molécule -  nous en sommes un spécialiste - on a une connaissance dans ce domaine qui est assez rare et qu'on attire ». Car, il n'y a pas que la biotech dans la pharma. La biotech qui bénéfice d'une attention forte. Pour Pierre Diebolt, évidemment, il ne faut pas opposer les deux.

En termes de développement plus global, Nuvisan avoue être très opportuniste, s'adapter pour l'heure à la demande du client mais espère être également force de propositions.

L'objectif du chiffre d'affaires des services facturés, qui s'élevait à 5 millions d'euros en 2020, devait atteindre 8 millions d'euros pour l'exercice en cours.

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