Tourisme durable : ce que dit (et conseille) le Livre Blanc de Médinsoft

Un tourisme vert, respectueux de l’environnement mais pas moins innovant, c’est possible dit le cluster des entreprises du numérique installé sur le territoire d’Aix-Marseille. Qui dresse un panorama des enjeux et des solutions qui existent. De quoi inciter les professionnels à y aller franchement. Question de compétitivité et d’économie. Autant locale qu’à grande échelle.

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(Crédits : iStock)

Si on a longtemps considéré le tourisme durable comme un tourisme autre, alternatif, ça, c'était avant. Car peu à peu cette façon de « consommer » s'est imposée, irriguant toutes les parties prenantes, venue du consommateur certes mais pas moins ignorée par les professionnels du secteur. Car oui, l'activité touristique, comme toute autre activité économique, génère un impact sur son environnement et sur le climat. Pour autant, il ne s'agit pas forcément de moins consommer mais de mieux consommer le tourisme.

Le sujet était déjà sur la table avant même la pandémie, celle-ci n'a fait que rendre les prises de conscience et les prises de décision bien plus concrètes.

S'il n'est pas question de savoir si oui ou non il faut prendre en considération une version plus « verte » de l'activité touristique, c'est plutôt comment.

Avec quelles solutions, comment les choisir, comment - et le sujet n'est pas neutre - continuer à créer de la valeur. C'est cette interrogation finalement très pragmatique qu'adresse le Livre Blanc rédigé par Medinsoft, l'association qui réunit les entreprises du numérique implantées sur le territoire d'Aix-Marseille. « L'objectif n'était pas d'en faire juste un livrable, mais de faire en sorte qu'il soit utilisé et qu'il sollicite l'innovation », explique Delphine Bianchini-Manno, fondatrice de DBM Conseils et présidente de la commission tourisme.

Objectif : neutralité carbone dans moins de trois décennies

Et tout part des enjeux. Avec quelques chiffres pour les poser. Comme ce 11% qui représente ce que le tourisme génère comme émissions de gaz à effet de serre selon un rapport de l'Ademe publié en avril dernier et qui se réfère à l'année 2018, prenant en compte les émissions de 11 millions de Français. Où le transport représente 77 % à lui tout seul et le transport aérien 41%. Et puis il y a aussi le 8%, mis en avant par une étude des chercheurs de l'Université de Sydney, qui comptabilise les émissions mondiales de gaz à effet de serre produits par l'activité touristique.

Le GIEC, dont le rapport publié dans l'été a fait grand bruit, recommande une réduction des émissions de l'ordre de 50% d'ici 2030, pour viser une neutralité carbone d'ici 2050. Autant dire qu'il y a du boulot...

Pour autant, les solutions existent. C'est d'ailleurs bien cela que met en avant le Livre Blanc de Medinsoft. Pas des solutions généralistes, globales mais celles, autant que faire se peut, qui existent là, sur le territoire, à proximité. « Des solutions pragmatiques », dit Delphine Bianchini-Manno. « Les acteurs du tourisme attendent du concret. La matière est là, parfois mal mise en évidence auprès de la cible. Alors que ce sont parfois des solutions construites par les acteurs du tourisme pour les acteurs du tourisme ».

La volonté d'aller vers un tourisme plus respectueux de son environnement pousse aussi les acteurs eux-mêmes à l'innovation comme cet hôtel qui a décidé de créer sa propre application de compensation carbone des voyageurs. « Il existe deux typologies : les professionnels qui vont vers le tourisme durable parce que cela est une attente de leur clientèle ; et ceux qui s'y engagent parce qu'ils en sont eux-mêmes convaincus ». Avec un PIB régional de l'ordre de 13%, le tourisme n'est pas neutre, loin s'en faut, dans son comportement.

Faciliter le passage à l'action

Le Livre Blanc le dit, il faut avant tout prioriser : savoir mesurer son impact, opter pour la rénovation plutôt que construire, partir du principe que le meilleur déchet est celui qui n'existe pas, recycler autant que faire se peut, impliquer les collaborateurs...

Et pour tout cela, s'appuyer donc sur les entreprises et solutions qui existent sur le territoire. De la PME spécialisée en optimisation des ressources à la startup qui propose une plateforme d'hébergement éco-responsable... Lesquelles sont ainsi, aussi, mises en avant, parce qu'il faut bien se le dire, toutes n'ont pas la même visibilité...

Le Livre Blanc en dresse une liste la plus exhaustive possible, rappelle qui fait quoi, et surtout qui fait quoi dans tel ou tel domaine. C'est également avec l'ensemble de ceux qui contribuent à créer la chaîne de valeur qu'il a été conçu, notamment les pôles de compétitivité, incubateurs, financeurs concernés. Le financement, qui est une autre dimension pragmatique abordée par ce Livre Blanc qui ne demande qu'à être exploité. « Notre objectif est que les acteurs du tourisme passent à l'action », enjoint Delphine Bianchini-Manno. Car le dire - ou l'écrire - c'est bien, le faire c'est mieux. Avec, en main, une solution à tiroirs prête à l'emploi, c'est aussi plus facile.

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