Telaqua veut accélérer l’internationalisation de sa solution d’irrigation connectée

Installée à Aix-en-Provence, cette startup propose d’optimiser l’irrigation grâce à un système associant objets connectés et application. Après une levée de fonds début 2020 qui lui a permis d’enclencher la commercialisation de son produit et de s’industrialiser, l’entreprise qui compte désormais une quinzaine de salariés, souhaite aller plus loin. Elle espère pour cela lever entre 2 et 4 millions d’euros en début d’année prochaine.

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(Crédits : DR)

Permettre à un exploitant de contrôler en temps réel les paramètres d'irrigation de ses parcelles, c'est ce que propose Telaqua, startup fondée en 2018 par Nicolas Cavalier, Nicolas Carvallo et Sébastien Demech. Pour cela, ils développent une série de capteurs permettant de contrôler et de surveiller à distance un système d'irrigation. Parmi eux, des capteurs de pression qui fournissent des informations sur l'état de santé du système et peuvent ainsi guider les décisions ayant attrait à la maintenance.

Ces capteurs, par le biais d'un boîtier de communication, sont reliés à une application dénommée IrrigEasy à laquelle on peut également connecter les capteurs d'autres entreprises partenaires. « Il peut s'agir de fabricants de sondes d'humidité du sol ou de stations météo », précise Sébastien Demech. Des outils qui permettent d'ajuster l'arrosage en fonction des conditions climatiques, et donc de consommer la juste quantité d'eau, réduisant ainsi le gaspillage.

Le dispositif est d'abord testé en France et au Chili où il permet de diviser par trois la consommation d'eau et d'augmenter de 10 % la productivité des exploitations.

Des arguments qui permettent à l'entreprise de convaincre de nouveaux clients (dont le groupe InVivo qui gère un grand nombre de coopératives françaises) mais aussi des investisseurs. L'entreprise parvient ainsi à lever 400 000 euros début 2020.

Une vingtaine de clients en France, Espagne, Chili et Côte d'Ivoire

Dès lors, elle décide de renforcer ses effectifs, passant de cinq à une quinzaine de salariés dont la moitié se dédie à la commercialisation. « Désormais, nous avons une vingtaine de clients en France, Espagne, Chili et Côte d'Ivoire, soit 200 capteurs en fonctionnement ».

Pour se déployer sur le marché, Telaqua s'adresse à des revendeurs et à des multinationales agricoles. « C'est de cette manière que l'on bénéficie du meilleur effet levier », assure Sébastien Demech.

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Pour répondre à la demande, la startup passe en phase d'industrialisation. Si elle s'appuie au départ sur un bureau d'étude de Gardanne, elle se tourne ensuite vers des fabricants français et allemands. A terme, elle souhaite continuer de sous-traiter tout ce qui relève de l'électronique et internaliser la conception ainsi que le développement du logiciel et des algorithmes.

Des collaborations pour intégrer de l'intelligence artificielle au système

En parallèle, elle poursuit ses efforts de recherche et développement pour intégrer de l'intelligence artificielle à son système. L'ambition étant d'automatiser l'irrigation en fonction de la météo ou du niveau d'humidité du sol, et de proposer de la maintenance prédictive pour les pompes et filtres.

Pour avancer sur ces sujets, Telaqua a travaillé avec le CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives). « Et actuellement, on monte une thèse Cifre [Convention industrielle de formation par la recherche, ndlr], avec Aix-Marseille Université ». L'entreprise pourra ainsi embaucher un doctorant qui se penchera sur le sujet de l'irrigation automatique.

Mais pour accélérer plus encore, l'entreprise, qui vient d'être labellisée Green Tech Innovation, prévoit une nouvelle levée de fonds. Objectif : 2 à 4 millions d'euros pour internaliser une partie de la production et accélérer le déploiement à l'international, en particulier en Europe, Afrique et Amérique du Sud. « Ce sont des marchés qui nous intéressent en raison des problématiques liées à l'eau, des techniques de culture et parce qu'on y a nos réseaux ».

L'an prochain, Telaqua vise un chiffre d'affaires d'un million d'euros. Elle prévoit d'agrandir encore son équipe pour atteindre 30 personnes en 2023.

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