Comment Repulp valorise la peau d'agrume pour remplacer le plastique

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(Crédits : Repulp)
La startup basée à Marseille produit des tasses réalisées grâce à la peau d'agrume pour éviter l'utilisation de plastique. Elle vient de boucler ses premières pré-ventes et devrait lancer une production pour cibler le grand public en milieu d'année. Une étape qui précède l'élargissement de sa gamme de produits.

C'est l'un des grands sujets de la transition écologique. La gestion des déchets représente un casse-tête où se mêle le processus de valorisation, les changements de mode de consommation et l'utilisation de nouveaux matériaux. C'est sur ce dernier point que Repulp compte agir à son échelle. Avec en bonu, un moyen de diminuer l'usage de plastique. La start-up marseillaise, née en septembre dernier, fabrique des tasses à base de peau d'agrumes. "C'était l'un de mes projets d'études", explique Victoria Lièvre, cofondatrice de la jeune pousse. L'idée lui est venue lors d'un de ses boulots étudiants dans un bar à salade. "Je trouvais que cela générait beaucoup de déchets", raconte-t-elle.

"Les peaux d'agrumes ne sont habituellement pas récupérées car c'est mauvais pour les animaux ou les composts", souligne Luc Fischer, autre fondateur de Repulp. Une matière première dont le potentiel est immense. Selon le ministère de l'Agriculture, l'orange est le fruit le plus consommé en France. En 2016, l'association interprofessionnelle des fruits et légumes frais (Interfel) indique qu'un ménage a consommé en moyenne 25 kg d'agrumes sur l'année dont 46 % d'oranges, 33 % de clémentines-mandarines, 10 % de pamplemousses 7 et 9 % de citrons.

Remplacer le plastique dans la production

"Aujourd'hui, les entreprises paient pour s'en débarrasser", avance Victoria Lièvre. Les deux entrepreneurs récupèrent donc directement ces déchets chez les professionnels. Pour l'instant, cela se fait principalement auprès du producteur de jus de fruit Kookabarra dans le Vaucluse et le fabricant de glace artisanales Terre adélice. "Nous voulons travailler avec des entreprises qui font du bio", précise Victoria Lièvre.

Une fois les déchets récoltés, il faut les faire sécher. Une étape qui prend plusieurs mois et permet d'obtenir une matière résistante. "Cela permet d'avoir aussi une colorimétrie intéressante pour l'esthétisme", ajoute la dirigeante.  Ensuite, ces peaux d'agrume sèches rejoignent le processus industriel classique. "Nous injectons cette matière dans le circuit de production classique, elle y remplace le plastique", détaille Victoria Lièvre.

Vers du petit mobilier

Neuf mois après sa création, la start-up vient de boucler une opération de crowdfunding avec près de 13 000 euros à la clef. Ce qui vient valider cette période de test. "Nous avons travaillé sur une tonne de déchets, c'était un peu notre phrase de recherche et développement", résume Luc Fischer. Les premières tasses vont être envoyées en milieu d'année. Cela devrait déboucher sur le lancement d'une première série avec une offre commerciale plus habituelle.

Les ventes se réaliseront sur le site de la startup et s'adressent donc principalement des consommateurs finaux. Pour le BtoC, cela se fera à la négociation. "Nous avons des contacts avec certaines boutiques", glisse Victoria Lièvre. En plus de ce lancement, Repulp devrait proposer d'autres produits. "Nous voulons élargir la gamme avec de la création d'objets", confirme Luc Fischer. Pour l'instant, c'est le petit mobilier qui est envisagé. De quoi vitaminer son intérieur.

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Commentaires
a écrit le 11/03/2021 à 10:46 :
Et c'est bien plus joli ! Bravo ! Par contre ce qui m'étonne c'est que le savon de Marseille du fait qu'il ne possède pas de perturbateur endocrinien a vu sa côte exploser auprès de ceux qui savent et vu que nous avons internet ceux qui savent sont de plus en plus nombreux, or nous ne voyons toujours pas de nouveaux acteurs dans le secteur du moins dans les supermarchés, serait ce donc une censure de ces derniers ? Parce que ya un sacré fillon à exploiter là...

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