Approuvé par le ministère des Transports, la technologie d’Olythe confirme son potentiel de développement aux Etats-Unis

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(Crédits : DR)
Spécialiste de l’analyse du souffle humain par spectrométrie à infrarouge, la startup originaire d’Aix-en-Provence fait du marché américain un relais de croissance qu’elle explore déjà depuis plusieurs mois. L’approbation du ministère des Transports confirme l’intérêt que son éthylotest Ocigo représente pour les forces de police outre-Atlantique. En parallèle, des intérêts se manifestent en Asie et au Canada. Et la levée de fonds, en cours, pourrait permettre de véritablement accélérer R&D et croissance.

C'est une sorte de labellisation qui fait du bien et qui agit un peu comme un sésame. Car en recevant l'approbation du ministère des Transports nord-américain, Olythe voit ainsi validé son potentiel de croissance sur un marché extrêmement porteur.

Pour rappel Olythe a mis au point une technologie qui s'appuie sue la spectrométrie à infrarouge et qui permet ainsi de mesurer l'alcool grâce à l'air expiré. Une technologie brevetée que la startup déploie par le biais de différents dispositifs connectés, dont un éthylotest qui vise le marché particulier avec une solution baptisée Ocigo tandis que le segment BtoB est adressé via une solution appelée Ocicorp.

Un marché à 4,7 milliards d'euros d'ici 2025

C'est donc avec Ocigo qu'Olythe est (déjà) partie à la conquête des Etats-Unis. En novembre dernier, la jeune pousse installait un bureau à Minneapolis afin d'explorer un peu plus fortement le marché nord-américain, marché dont elle avait perçu tout le potentiel lors de sa participation au CES Las Vegas. Une adaptation plus tard - considéré comme dispositif médical, Olythe avait du passer par la case approbation de la part de la Food and Drug Administration - elle démarrait donc une aventure américaine, persuadée que sa technologie correspond aux besoins, notamment parce que « la perception de l'alcoolémie est différente de ce qu'elle est en France par exemple. Les sanctions sont plus lourdes, le retrait de permis et l'impossibilité d'utiliser son véhicule rendent tout déplacement impossible dans un pays où il est compliqué de se déplacer sans véhicule », expliquait alors Guillaume Nesa, son co-fondateur et dirigeant à La Tribune.

C'est ce potentiel identifié que l'approbation de la DOT, le ministère des transports américain, valide, après toute une série de tests - exactitude, précision, température... - pour se faire. « Cela signifie une sorte de Graal, car cette approbation signifie que les forces de l'ordre américaines peuvent désormais s'équiper d'un Ocigo », détaille Guillaume Nesa. Et ce qui distingue Ocigo, c'est sa technologie, sa capacité à préciser la concentration d'alcool et sa petite taille, qui est d'ailleurs un élément différenciant face aux autres solutions capables d'être aussi précises. Il faut savoir qu'aux Etats-Unis, les forces de l'ordre doivent être équipées de deux appareils, l'un pour déterminer rapidement la positivité ou non et d'un second, qui sert de mesure de la valeur légale. C'est précisément là que se situe le potentiel d'Olythe. Sachant que le marché des appareils de dépistage d'alcool représente, outre-Atlantique, 4,7 milliards de dollars d'ici 2025.

Lire aussi : Pourquoi l'internationalisation d'Olythe valide le potentiel de sa technologie

Une technologie à potentiel d'innovation

L'autre sujet que regarde également Olythe, est celui de la réhabilitation judiciaire. Un segment prometteur, mais le sujet de la collecte et de l'hébergement de la data - Olythe étant une entreprise française, les données sont hébergées en France - pouvant constituer un frein. « Nous n'avons pas encore trouvé la clé pour nous positionner sur ce segment, mais nous sommes accompagnés notamment pour cela par Business France », indique Guillaume Nesa.

Outre les Etats-Unis, d'autres contrées regardent la technologie d'Olythe avec intérêt. Notamment le Canada et l'Asie, qui achètent la technologie miniaturisée de la startup pour en équiper leurs propres produits.

Engagée dans un tour de table, initialement prévu pour lever 3 millions d'euros mais ralenti par la crise, Olythe espère le conclure dans les prochaines semaines. Ce qui lui permettrait d'accélérer plus fortement sur la R&D, qui concentre, avec 7 personnes dédiées, la quasi-moitié de l'effectif de 15 salariés. La R&D qui est l'axe fondamental de croissance pour la jeune pousse, dont le chiffre d'affaires 2020 n'est pas - avec 50 000 euros - à la hauteur espérée, crise oblige. Car Guillaume Nesa l'a toujours dit, la technologie mise au point est totalement adaptée à d'autres secteurs, autres que la mesure du taux d'alcool. Un champ des possibles assez large que la R&D explore. « Nous avons des idées, nous continuons à innover ».

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