Spécialiste de la détection de micro-organismes, Diamidex se déploie à l’international

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(Crédits : DR)
Installée à Marseille, cette PME d’une vingtaine de salariés a développé une technologie qui détecte précocement divers micro-organismes afin d’éviter les risques de maladies et d’altération des produits. Sa stratégie : viser un grand nombre de marchés dans un grand nombre de pays, pour minimiser les risques.

Mieux vaut détecter que traiter. Ce pourrait être la devise de Diamidex qui s'est fait une spécialité de repérer et dénombrer divers micro-organismes (bactéries, champignons, moisissures) impliqués dans des maladies et dans l'altération de matières premières ou de produits finis. « On anticipe le risque en contrôlant l'eau, l'environnement, les produits, pour prévenir les infections ou la dégradation et agir en conséquence », précise Sam Dukan, PDG de l'entreprise.

Au départ, la cible de l'entreprise est la legionella, cette bactérie responsable de la légionellose, une grave infection pulmonaire. Puis le panel de micro-organismes visés s'étoffe avec une troisième gamme baptisée Mica (commercialisée dès septembre 2020) qui permet de détecter, en plus de la legionella, les alicyclobacillus impliqués dans l'altération des produits, ainsi que les coliformes, témoins d'une altération fécale et potentiellement sources d'infections. Avec un atout majeur par rapport aux concurrents : la rapidité du test. « Pour la légionelle, on obtient des résultats sous 48 heures contre 10 jours habituellement. Les coliformes, c'est 12h contre 24 heures chez les meilleurs de nos concurrents ». Et en la matière, quelques heures suffisent à faire la différence, assure Sam Dukan. « Dans les industries, arrêter la production pour la détection de micro-organismes problématiques peut conduire à des pertes significatives. Nous les aidons à libérer plus vite leurs lots de produits finis ».

Multiplier les marchés pour diviser les risques

En ciblant un plus grand nombre de micro-organismes, l'entreprise cherche à se positionner sur de nouveaux marchés parmi lesquels l'agro-alimentaire, les cosmétiques, la pharmacie... et ainsi à minimiser les risques. La même philosophie sous-tend son développement international.

« Depuis janvier, nous avons signé des contrats de distribution exclusive dans une quinzaine de pays dont l'Australie, Taïwan, la Grèce, l'Allemagne, la Suisse. On est en cours de finalisation en Israël... ». L'entreprise s'associe alors à des distributeurs qui fournissent des laboratoires, qu'il s'agisse de laboratoires indépendants ou internes à des groupes tels que PepsiCo, Danone ou des fabricants plus nationaux.  « Le Covid-19 nous a obligés à arrêter notre activité temporairement. L'international nous aide à rebondir car lorsque des pays ralentissent, d'autres accélèrent ».

Pour alimenter sa croissance et renforcer ses efforts commerciaux, la société prévoit de lever 6 millions d'euros dans les prochains mois.

« On passe d'une entreprise innovante avec des idées à une entreprise qui commercialise des produits » se réjouit ainsi Sam Dukan. Mais pas question pour autant d'abandonner le champs des idées.

Des applications en oncologie

Dans les prochains mois, la PME entend être capable de détecter de nouveaux micro-organismes. Elle souhaite aussi proposer une mesure de la biocharge microbienne d'un produit. « Il s'agit d'évaluer la quantité globale de micro-organisme sans rechercher de pathogènes en particulier. C'est un indicateur de risques. Si la biocharge microbienne est élevée, cela signifie que le processus n'est pas optimal ». Sam Dukan y voit un intéressant vecteur de croissance, un marché qui devrait peser davantage que les autres dans le chiffre d'affaire de l'entreprise (chiffre qu'il ne souhaite par ailleurs pas communiquer).

Enfin, grâce à sa technologie de détection et de dénombrement précoce, la PME marseillaise voit des perspectives de développement dans un autre domaine plus exigent, celui de la médecine, et plus précisément de l'oncologie. « Nous nous sommes rendu compte que notre technologie est aussi capable de marquer des cellules cancéreuses ».

Après deux années de recherche fondamentale sur le sujet, elle a réuni des preuves in vitro et in vivo (sur des souris) de l'intérêt de la démarche. Démarche qu'elle entend poursuivre auréolée du label Deep Tech de Bpifrance qu'elle vient d'obtenir, assorti d'un financement d'1,4 million d'euros.

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Commentaires
a écrit le 05/03/2021 à 19:06 :
Bah, elle a pas réussi à détecter le covid en tous cas ... 😁

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