Chargepoly va démocratiser les bornes de recharge rapide pour les véhicules électriques

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(Crédits : DR)
Installée à Aix-en-Provence, cette startup a conçu un procédé de charge rapide qui permet de mutualiser les composants coûteux d’une borne de recharge pour en réduire le prix. Après deux années de recherche et développement, des tests pour un marquage CE sont en cours et la mise sur le marché imminente. Une prochaine levée de fonds doit par ailleurs permettre de renforcer l’effectif et de continuer à innover.

S'il faut compter 1 000 à 2 000 euros pour l'installation d'une borne de recharge lente (12 heures), cette dépense atteint 20 000 à 40 000 euros pour une borne de recharge rapide (30 minutes à 2 heures). Un coût prohibitif qui freine l'investissement pour des infrastructures capables de simplifier le recours à l'électrique, et donc le développement de ce type de véhicules.

Pour Hadi Mousavi, ancien d'Air Liquide et fondateur de Chargepoly, ce coût élevé s'explique par l'utilisation de composants électriques très chers. De plus, les installations de charge rapide sont rarement utilisées de manière optimale. « Ces bornes ne sont pas utilisées tout le temps. Pour une charge qui se fait en une heure, il se peut que le véhicule reste branché deux heures ». Soit une heure de rentabilité perdue. « Lorsqu'on a des stations comprenant plusieurs places, le taux d'utilisation est bas. Cela génère un faible retour sur investissement ».

Mutualiser les composants coûteux et optimiser la distribution d'énergie

Pour y remédier, Chargepoly a fait le pari d'extraire de ces bornes tout ce qui est coûteux et pas obligatoirement à proximité immédiate du véhicule. Ces éléments sont mutualisés au sein d'une unité (power unit) mise à l'abri de tout risque. Ce power unit héberge deux chargeurs capables de d'alimenter deux véhicules à la fois, chacun avec une puissance de 75 kW. Ne reste près des véhicules que le point de charge (ou user unit). Un power unit pouvant être associé à une vingtaine de user units.

Mais pour que ce système fonctionne, tout l'enjeu est de distribuer l'énergie de la manière la plus optimale possible. Grâce à une technologie brevetée et à partir de données sur les heures d'arrivée, de départ ou encore le niveau de batterie, les véhicules sont classés par ordre de priorité et l'énergie est distribuée en fonction. « Notre algorithme minimise le nombre de mécontents », résume Hadi Mousavi.

Une stratégie d'optimisation qui permet de diviser par deux le coût d'installation d'une infrastructure de charge rapide.

Commercialisation imminente et levée de fonds en préparation

Après deux années de recherche et développement et un premier prototype fabriqué en partenariat avec le laboratoire Vedecom (Versailles), la startup a entamé la fabrication d'une « vraie station » qui servira de zone d'essai en grandeur réelle. « Cette station va bouger de site en site. On espère finir les tests fin avril-début mai pour obtenir un marquage CE ». Il sera alors possible de livrer les clients que l'entreprise tente actuellement de convaincre.

Dans le viseur : ceux qui chercheraient à électrifier leur flotte, qu'il s'agisse d'utilitaires, de camionnettes, de minibus ou d'autopartage. « Nous nous adressons aussi aux opérateurs de charge comme Total ou EDF et aux centres commerciaux ». En France et en Europe.

Pour franchir ce cap de la commercialisation, Chargepoly prévoit de lever entre 500 000 euros à 1 million d'euros. « Cela dépendra de la qualité des investisseurs ». L'objectif est d'agrandir l'effectif (3 personnes à ce jour) en recrutant un commercial et deux ingénieurs.

Il s'agit dans le même temps d'avancer sur le front de l'innovation sur un marché où les acteurs se multiplient. « Nous avons une stratégie assez active en matière de propriété intellectuelle. Nous avons déjà déposé deux brevets avec Vedecom et travaillons sur un troisième. Cela nous permet d'être bien au fait de toutes les innovations ». Parmi les sujets actuellement à l'étude : des bornes plus puissantes pour la recharge d'autobus et l'utilisation de nouvelles technologies, toujours dans le champ de la charge rapide.

Quant à la production, il est prévu qu'elle soit sous-traitée par un gros industriel de la Région Sud, dans une logique assez locale. « Nous composants sont achetés à 95 % à des fournisseurs français, et même provençaux pour 70 % d'entre eux. Le reste vient d'Europe, Allemagne notamment ». La startup préfère ainsi se concentrer sur son métier premier qu'est le développement de logiciels et d'intelligence. « Nous sommes et nous resterons une société d'ingénieurs », assure Hadi Mousavi. Ce qui ne l'empêche pas de nourrir l'ambition de croître et de devenir, à moyen terme, une jolie PME de 10 à 20 salariés.

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