Avily veut transformer l’expérience des voyageurs professionnels dans les Caraïbes

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(Crédits : DR)
Installée en Guadeloupe et accompagnée par l’incubateur marseillais ZeBox, que porte CMA-CGM, cette startup développe une application proposant une série de services aux professionnels voyageant en avion dans les Caraïbes. A terme, elle aimerait devenir une compagnie aérienne dédiée à ce public, avec pourquoi pas, des vols vers l’Hexagone.

En raison de l'insularité des Caraïbes et du peu de solutions de transport par bateaux, beaucoup de professionnels s'y déplacent en avion. « En 2019, on a recensé 500.000 passagers professionnels entre Saint-Barthélémy, Saint-Martin, la Guadeloupe et la Martinique », observe Gérome Arnell, co-fondateur d'Avily qui a auparavant travaillé comme agent opérationnel pour une compagnie aérienne. Et sur ces 500.000, 10 % voyagent plus de trois fois par mois.

Pourtant, selon Gérome Arnell, il n'existe pas de solutions confortables pour ces passagers qui passent souvent de longues heures à attendre. « Sur ce marché, on trouve soit des compagnies low-cost, soit du très très haut de gamme ».

Il décide alors de mettre sur pied sa propre compagnie. De petits avions accueillant six à dix voyageurs. Une fréquence de quatre vols par jour entre Saint-Martin, la Guadeloupe et la Martinique. Et un système d'abonnement mensuel pour les entreprises dont les salariés peuvent alors voyager de manière illimitée. « Il n'existe dans le monde qu'une seule compagnie qui propose ce système d'abonnement, elle se trouve aux États-Unis. Mais on pense que cela se prête bien aux Antilles françaises où certains professionnels se déplacent cinq à six fois par mois ».

Face aux turbulences, obligation de changer de direction

Le projet est incubé au sein d'Ifagtory à Paris. Gérome Arnell se forme à la gestion de projet. Des discussions sont menées avec la direction générale de l'aviation civile. C'est alors que le confinement oblige les entrepreneurs à rebrousser chemin. « En raison des difficultés rencontrées par le secteur, l'aviation civile nous a expliqué qu'elle ne donnerait pas de licence d'aviation supplémentaire ». Un coup de massue, d'autant qu'on n'envisage pas de réelle reprise avant 2023-2024.

Plutôt que d'attendre, Avily choisit de pivoter et de repenser son offre. « Nous avons décidé de créer une application mobile qui regroupe l'ensemble des services que nous voulions proposer, sauf les vols ». Une partie des services proposés est gratuite. « Cela comprend l'enregistrement des vols, un billet sur l'application, l'information sur le trafic, la position de l'avion en temps réels ou encore l'intégration automatique des factures et notes de frais ». A ceux qui choisissent de s'abonner - à raison de 3.000 euros par an et par salarié- sont proposés l'accès à une place de parking, les services d'un concierge, l'accès à un espace privatif, la possibilité de réserver un taxi ou de faire avancer une voiture de location.

Pour l'heure, la startup peut s'appuyer sur un partenariat avec un aéroport sur la plateforme de Saint-Martin. « Il nous faut aussi renégocier avec la Guadeloupe. Reste la Martinique mais cela ne devrait pas poser trop de problème puisque c'est la même structure qui gère les deux aéroports ».

Nouvelle recrue de ZeBox

Si les Caraïbes sont d'une taille idéale pour se lancer et prouver l'intérêt du projet, Avily songe à moyen terme à se développer sur toutes les destinations clés pour les ultra-marins, en métropole notamment. Un développement sur plusieurs continents dans lequel doit l'accompagner ZeBox, l'incubateur de CMA CGM qu'elle vient d'intégrer.

Lorsque celui-ci choisit de s'installer aux Caraïbes en plus de Marseille, la startup y voit l'opportunité de se rapprocher de ses cibles, ce qui facilitera les négociations tout en gardant un pied à terre sur l'Hexagone. Stratégique pour recruter des talents. « Beaucoup de jeunes Antillais partent faute d'opportunités. On aimerait être un moteur de retour au pays ».

L'incubateur phocéen lui apporte aussi davantage de visibilité avec l'appui de CMA CGM. « On bénéficie de retours techniques et commerciaux qu'on n'avait pas avant »

Pour l'heure, la startup s'attelle à développer son application. Elle espère la faire tester en février-mars par divers partenaires de CMA-CGM avant un lancement en septembre, si tant est que le trafic reprenne.

Elle pourra alors se faire connaître, elle qui n'a pas abandonné son idée de compagnie. « Ceci reste notre objectif final pour un business maîtrisé de A à Z ».

Un objectif décalé dans le temps, qui a l'avantage de limiter les risques pris au lancement. « Pour une compagnie, on aurait dû lever 1,8 million d'euros. Pour l'application, 250 000 euros suffisent à être opérationnels pendant trois ans ». De quoi assurer un décollage en douceur.

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