Pour accélérer, Exostim mise sur une version grand public de son application

Installée à Meyreuil, l'entreprise a développé une application d’entraînement cognitif personnalisé. Au départ destiné aux Ehpads, cet outil veut désormais s’adresser au grand public avec une version revisitée et un test d’évaluation gratuit. Une manière de gagner du terrain et de s’imposer comme un acteur de santé publique.
(Crédits : DR)

Avant d'être chef d'entreprise, Lionel Lamothe est ergothérapeute. Il intervient dans la prise en charge cognitive, s'intéressant à la mémoire, à l'attention et à la concentration. Un métier qu'il exerce notamment au sein d'Ehpads dont il déplore le manque de moyens humains malgré un fort besoin de prise en charge.

Pour y répondre, il fonde en 2014 la société Exostim. "Le but était de faciliter la prise en charge pour les aidants et les bénéficiaires ", dit-il.

Une application bâtie avec le CNRS et Aix-Marseille Université

Pour se faire, il s'appuie sur le laboratoire de neurosciences cognitives porté par le CNRS et Aix-Marseille Université. Les briques technologiques du laboratoire lui permettent de bâtir son application. Celle-ci propose en premier lieu une évaluation normalisée, c'est-à-dire que l'on évalue les différents aspects de l'état cognitif de l'utilisateur en les comparant à ceux d'individus ne présentant pas de trouble. Dès lors, on peut "repérer les points forts et faibles, définir un profil cognitif et proposer un entraînement adapté". Un entraînement qui se fait également sur l'application puisque des jeux y sont proposés en fonction des besoins identifiés.

Fin 2016, l'outil est mis à disposition des Ehpads, marquant le positionnement BtoB de l'entreprise. Celle-ci leur promet un entraînement cognitif plus régulier. "Plutôt que d'avoir un atelier mémoire par semaine, les résidents s'entraînent trois fois par semaine, une dizaine de minutes ». L'application permet aussi de valoriser le personnel soignant (autre que les médecins) qui peut tout à fait assurer les ateliers. Résultat : "trois fois plus de professionnels impliqués. On passe de 10 à 30 personnes stimulées par séance".

Des avantages qui ont su convaincre environ soixante-dix Ehpads. "L'objectif est d'en avoir une centaine d'ici la fin de l'année ", espère Lionel Lamothe. Et la crise du coronavirus pourrait contribuer à l'atteinte de cet objectif. "Quand le gouvernement a annoncé les mesures sanitaires fin mars, Exostim a pris toute sa valeur. L'application a permis d'occuper les personnes seules dans leur chambre. Des tablettes ont été mises à disposition des personnes âgées et on s'est aperçu qu'elles n'avaient pas de souci avec le numérique". Une "marche forcée vers la transition numérique qui a fait sauté des freins", et ouvre de nouvelles portes à l'entreprise. Et pas seulement celles des Ehpads.

Viser un plus large public pour changer de dimension

Désormais, l'entreprise souhaite s'adresser au grand public. "Parmi les Français de plus de 50 ans, un sur deux se pose des questions sur ses capacités cognitives. Un sur trois s'inquiète de sa mémoire", pointe l'entrepreneur. D'où la mise à disposition à tout un chacun d'une évaluation gratuite, en partenariat avec les caisses de retraite Cnav et la Casrat, via la plateforme Viva Lab. "Cela permet aux gens de se rassurer quant à d'éventuels oublis et éventuellement de repérer des fragilités et de les traiter via un entraînement spécifique". Un entraînement pris en charge par les caisses de retraite. "C'est un élément de prévention et de soin en faveur du maintien à domicile".

Lancée à l'automne prochain, cette nouvelle version tout public doit donner un coup d'accélérateur à la TPE. "Elle nous a obligés à mettre au point une version plus solide, plus fonctionnelle, avec plus d'activités et disponible sur tous supports". Essentiel pour convaincre les 6000 personnes que l'entreprise espère toucher d'ici fin 2021. "Sur le nombre de personnes qui présentent des pathologies cognitives - cinq millions -, c'est très faible", souligne Lionel Lamothe. Ce nouveau débouché doit à terme représenter 60 % du chiffre d'affaire de l'entreprise. "Au total, nous aimerions atteindre 600 000 euros de chiffre d'affaire fin 2021", contre 80 000 euros en 2019.

Mais la quête de profit ne fait pas tout, et Lionel Lamothe tient à le mettre en avant en demandant un agrément Esus (Entreprise solidaire d'utilité sociale). "Cela confirmerait que nous sommes là pour répondre à un besoin de santé public, à un enjeu sociétal". Cet agrément donne par ailleurs accès à des financements dans le cadre de l'économie sociale et solidaire. Les nouveaux statuts sont sur le point d'être finalisés. "Nous devrions obtenir l'agrément courant 2020".

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