Mamaz Social Food veut s’imposer comme le AirBnB de la gastronomie

Cette startup basée à Marseille a lancé il y a quelques mois une plateforme de repas chez l’habitant. Présente dans 70 pays, elle s’appuie sur de grands acteurs du voyage pour asseoir sa notoriété. Prochaine étape : offrir son offre à tout un chacun et devenir une référence à l’échelle mondiale.

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(Crédits : DR)

On parle souvent des bébés Erasmus ; Mamaz Social Food en est un. Alors qu'il étudie le marketing et la communication en Irlande, Antoine Litaise se lie d'amitié avec des étudiants venus du monde entier, chacun cuisinant pour les autres les plats typiques de son pays. "Nous avons pensé qu'il pourrait être bien que chaque invité paie un petit tribut pour compenser les frais", se rappelle-t-il. "C'est comme ça qu'est née l'idée de Mamaz".

Manger chez l'habitant, partout dans le monde, voilà le concept. En échange, le visiteur verse à son hôte une somme d'argent fixée par ce dernier, à laquelle s'ajoute une commission de 20 % empochée par l'entreprise. Il peut aussi bien s'agir d'une assiette dégustée à la bonne franquette que d'un repas gastronomique préparé par le gagnant d'une télé-réalité gastronomique. "Les prix varient de 6 à 180 euros", précise Antoine Litaise. Les prestations haut de gamme sont regroupées sous le label Mamaz Exclusive. "De grands chefs accueillent chez eux et partagent leur passion en expliquant l'histoire de chaque plat ". Un moyen de tirer profit de la croissance du tourisme gastronomique.

S'appuyer sur de grands acteurs du tourisme pour démarrer

Pour démarrer leur activité, l'étudiant et son associé rachètent le site « Voulez-vous dîner ?» De quoi gagner du temps et prendre de l'avance sur un marché encore peu investi. Ils retravaillent la plateforme et le 1er mai 2019, le nouveau site est sur les rails. Il faut alors communiquer. "Dans un premier temps, nous nous sommes adressés à des entreprises comme AirBnB, American Council ou encore des agences de voyage américaines". Des acteurs soucieux d'enrichir l'expérience de leurs clients. AirBnB est même allé jusqu'à proposer à Mamaz des cours de cuisines dispensés par les hôtes en amont de la dégustation. Ce que la startup marseillaise a accepté.

Le recours à ces professionnels du tourisme a surtout permis de faire grimper rapidement le nombre d'utilisateurs, indispensable pour fidéliser les hôtes. "Aujourd'hui, nous recensons 27 500 utilisateurs dans 75 pays, avec une bonne présence en Europe et en Amérique du Nord. Notre stratégie a été de nous concentrer d'abord sur les capitales européennes car ce continent représente la moitié du tourisme mondial avec plus de 500 millions de voyageurs qui viennent chaque année".

Et le fait de s'allier à des acteurs comme AirBnB qui proposent des séjours courts et à prix modéré tout au long de l'année permet d'avoir une activité équilibrée et non saisonnière.

Renforcer son assise et élargir son public

Après une première année fructueuse, la jeune entreprise aimerait voir doubler son nombre d'utilisateurs pour atteindre 50 000 en 2020. Pour cela, elle a besoin d'étoffer ses effectifs qui comptent actuellement trois salariés. "Une levée de fonds est en cours. Nous espérons obtenir 350 000 euros de la part d'acteurs privés, autant de la part d'acteurs publics".

Cela permettrait également de créer une application et de s'adresser à un public plus large en misant sur le bouche à oreille. L'application permettra aussi de toucher une zone géographique élargie, et plus seulement les capitales. Ainsi, en plus des touristes, Mamaz veut offrir des rencontres gastronomiques à tout un chacun, de l'habitant nouvellement arrivé dans une ville à "la mamie qui se sent un peu seule".

Car après le logement ou le transport, la gastronomie est à son tour un terrain propice à l'économie collaborative. Si Mamaz social food est encore assez seule sur ce marché en Europe, elle sait que la concurrence ne tardera pas à venir, et avec elle la réglementation. "Nous avons donc décidé de prendre les devants et de proposer au ministère de l'Économie une charte qui est en cours de validation". Celle-ci devrait définir ce qu'est un restaurateur à domicile, mais aussi fixer des règles concernant la qualité des produits et le nombre maximal de personnes pouvant être accueillies. "Le fait de prévoir les choses en amont nous permet plus de flexibilité".

Ce cadre étant posé, la startup pourra avancer plus sereinement vers son ambition : celle de "devenir le leader mondial de l'expérience culinaire". Essentiellement en Europe d'abord, puis aux États-Unis et en Asie d'ici 2021.

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