Comment PSD envisage l’officine de demain

A quoi pourrait ressembler la pharmacie du futur ? C’est à cette question que le groupe basé à Marseille entend répondre. Il a engagé dans cette optique le développement de nouveaux produits et services, tournés logiquement vers le digital... mais pas seulement.
(Crédits : Reuters)

C'est un secteur sous pression et en mutation. "La pharmacie connaît des contraintes de plus en plus importantes, elle se heurte à des baisses de prix successives liées notamment aux génériques. Il y a par ailleurs un encadrement plus rigoureux de la prescription, ce qui est une bonne chose. Elle engendre néanmoins pour les officines une volumétrie qui se stabilise, voire qui se réduit. Dès lors, elles recherchent aujourd'hui de nouveaux leviers de croissance", dépeint Philippe Besnard, directeur général du groupe Pharma Santé Développement (PSD). Outre cela, il faut aussi prendre en compte une problématique commune à l'ensemble des secteurs économiques : la digitalisation, qui transforme notablement chaque métier. Le monde des officines n'y échappe pas, puisque rompu aujourd'hui aux process découlant de l'e-santé... C'est donc pour répondre à l'ensemble de ces questions que PSD a réalisé tout dernièrement un nouveau tour de table et fait entrer à son capital le fonds d'investissement Connect, accompagné de SOFIPACA, Etoile ID et ACG Management. L'enjeu est de taille, il s'agit ni plus ni moins que de faire entrer les 500 adhérents de Pharma Group Santé, sa première filiale, dans l'ère de la pharmacie de demain.

Du click and collect pour plus de proximité

A quoi ressemblera-t-elle ? Forcément, l'officine du futur sera connectée, plus encore qu'aujourd'hui. "Dans cette phase de mutation, la pharmacie doit suivre la voie de l'e-developpement et de la vente par correspondance. En France, deux groupements de pharmacie ont déjà pris le train en marche, Lafayette et Paris Pharma. Nous sommes les troisièmes à amorcer cette transformation", précise Philippe Besnard. L'une des premières actions du groupe phocéen sera ainsi la mise en ligne d'un site internet "click & collec" personnalisable par chaque pharmacie adhérente, afin de permettre au client de commander des produits de parapharmacies ou du matériel médical. "Il sera opérationnel d'ici la fin du mois de mars", précise le président du groupe, François Cadène, et permettra donc aux clients, après transaction, d'aller récupérer dans sa pharmacie le contenu de la commande. "Des négociations sont quasi finalisées avec La Poste, qui pourra à terme livrer à moindre coût les personnes dans l'incapacité de bouger". Une solution intéressante pour les résidents de contrées reculées, "puisque l'on parle souvent de désert médical, mais moins de désert pharmaceutique. Or c'est aussi une réalité", observe encore le président. L'intérêt stratégique de ce site, on le comprend aisément : il s'agit de re-capter des clients que la pharmacie a déjà, mais tentés par des click and collect étrangers (et la concurrence est là). "L'idée, c'est donc que les consommateurs retournent dans leur pharmacie de proximité", reprend François Besnard, qui voit plus ce site "comme un service aux adhérents que comme un centre de profit". Car contrairement à ce qui se pratique généralement, le groupe ne prélèvera pas de frais sur les transactions, les pharmaciens ne s'acquittant que d'un montant forfaitaire pour disposer du site.

Une marque blanche pour fin 2019

L'officine de demain pourrait également voir ses salariés se professionnaliser de façon régulière par le biais de l'e-learning, c'est en tout cas ce qu'a impulsé le groupe marseillais via sa deuxième filiale, Pharmacade. "Nous continuons à développer au moins deux modules de formation par an. Elles peuvent avoir trait au métier, sachant qu'il y a des thématiques prioritaires définis par le Conseil de l'Ordre, à l'instar du diabète, du cancer, des anticoagulants. Ce peut être aussi des formations liées aux techniques de vente, à l'aspect commercial", détaille François Cadène. Le groupe se donne également deux ans pour développer de nouveaux services liés au back office, aider les dirigeants d'officine dans la gestion RH, le management des équipes... Mais il planche aussi à la conception de nouveaux produits. Car la pharmacie de demain trouvera vraisemblablement de nouveaux leviers de croissance dans le phénomène des marques blanches. Pharma Santé Développement mitonne donc la sienne, elle pourrait voir le jour fin 2019. "Cela donnerait la possibilité aux pharmaciens d'avoir leur propre marque. Cette gamme s'inscrira probablement dans les nouvelles tendances en termes d'habitudes santé, la dermo-cosmétique, les compléments alimentaires"...

Plus d'affichage dynamique ?

Enfin, l'officine du futur communiquera davantage entre ses murs. Les adhérents du groupe en ont déjà la possibilité via sa troisième filiale, Comox. "Nous les équipons de panneaux LED ou d'écrans LCD, ces derniers équipés d'un ordinateur intégré, permettant d'être connecté". Comox gère le contenu des boucles de diffusion comme une régie publicitaire, les laboratoires constituant les "annonceurs" de ce système. Les pharmacies équipées ont la possibilité, grâce au logiciel exclusif Comox Manager, de choisir un spot à diffuser, à partir de la base de données. "La communication est naissante, la loi ne permettant pas aux officines de communiquer sur elles et de venter leurs savoir faire. Nous attendons donc que les textes juridiques se précisent pour accélérer le développement de ces services", appuie François Cadène. Il n'empêche, la feuille de route des deux prochaines années est conséquente. Et si toutes ces invectives sont destinées à redonner du souffle aux pharmacies, elles devraient être également synonymes de croissance pour PSD. Il enregistre pour l'heure un chiffre d'affaires de 3,5 M€, une activité tirée principalement par la filiale Pharma Group Santé (qui représente 90 % du CA)  et compte 13 collaborateurs.

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