MonGrillon à tire d’ailes vers la commercialisation

Début de commercialisation pour la start-up originaire de Marseille dont les produits de super food à base de grillon adressent un marché où les concurrents commencent à se positionner... Il faut donc fourmiller d’idées pour se différencier.

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(Crédits : DR)

MonGrillon est dans les starting-blocks : fondée l'été dernier à Marseille par Coline Rohart, elle a lancé ce mois de décembre son site marchand. Sans négliger pour autant la distribution physique pour l'heure via deux boutiques de la cité phocéenne. Mais il se pourrait que la grande distribution s'intéresse aussi à MonGrillon...  "A la suite d'un concours sur l'innovation alimentaire initié par l'une des principales enseignes de GMS, j'ai gagné une promesse de mise en rayon", précise Coline Rohart. La négociation avec la marque en question est en cours.

Certifiés bio

Jusqu'alors les premiers produits MonGrillon s'étaient acquis en prévente via campagne de financement participatif, mais aussi en passant par un service traiteur destiné aux entreprises afin de faire découvrir ce nouveau mode de consommation. "Auparavant, il a fallu le temps de créer la gamme ! Je m'y suis attelée de janvier 2017 jusqu'à septembre". Elle se compose pour l'heure de quatre produits : poudre de grillon, grillons grillés... mais aussi préparation pour pancakes, dont la production, artisanale, est sous-traitée en Bretagne. Sans oublier la pate à tartiner, réalisée sur le sol provençal, dans l'atelier des Perles de l'Etang. "Nous avons défini la formulation avec ces deux prestataires". Les grillons, quant à eux, proviennent de la ferme canadienne bio Entomo Farms.  Mais si tous les ingrédients des produits MonGrillon le sont, ils n'en portent pas pour autant la fameuse estampille verte... la faute au manque d'anticipation du monde de la certification, puisqu'en termes de cahiers des charges, ceux concernant les insectes n'ont pas encore été élaborés.  Question de temps, sans doute...

Nourrir la gamme

Mais avant de se projeter dans la course aux certifications, la première des priorités, c'est de penser déploiement. Pour Coline Rohart, la meilleure stratégie n'est pas forcément de se concentrer sur l'ensemble de l'Hexagone. Cette dernière envisage plutôt de viser des capitales ou des mégapoles européennes, où l'on est peut-être plus au fait de ce mode de consommation alternatif. Sachant que certains pays plus d'autres sont portés sur la chose : la Suisse notamment, mais aussi les Pays-Bas, l'Allemagne, la Finlande, l'Espagne, les Etats-Unis et le Canada.

Et c'est maintenant le moment de s'engouffrer sur ce marché encore peu concurrentiel... mais qui risque de le devenir. Opportunisme peut-être pour certains, véritable credo pour Coline Rohart, qui "s'y intéresse depuis deux ans", soit bien avant la création de son entreprise. Se différencier passera forcément par l'inventivité de la gamme et la jeune dirigeante réfléchit d'ores et déjà à de nouveaux produits. La spécialiste du grillon fourmille en effet d'idées, et souhaite, outre le créneau des préparations culinaires, explorer également celui de la barre protéinée et des smoothies.

Une ferme urbaine au plus tard en 2019

Pour ce qui est de la stratégie, la teneur des ventes lancées ce mois de décembre va permettre de l'affiner, notamment avec le concours du réseau Initiative, qui suit Coline Rohart depuis les prémices. Quelles villes cibler et avec quelles forces de vente, quels réseaux de distribution, se concentre-t-on sur le BtoC ou non, telles seront les questions majeures à aborder dans les prochains mois. Pour ce qui est du BtoB, "je préfère travailler avec des chefs dans l'optique d'organisation de soirées traiteur, je me rapprocherais bien aussi des comités d'entreprise afin de proposer du team building autour d'ateliers culinaires. Ma volonté est de concevoir des produits innovants, pas d'être un simple revendeur de grillons", pose Coline Rohart. Le déploiement commercial figure donc au menu de 2018... mais pas seulement. Parce que l'autre grand projet de la dirigeante, c'est d'implanter à Marseille sa propre ferme urbaine de grillons. Pour le sourcing... et un peu pour la didactique aussi, puisque les lieux seraient ouverts au public. "J'ai gagné un concours Aviva avec ce projet, je recherche actuellement un ingénieur agro-alimentaire qui pourrait être intéressé par cette aventure". La ferme verrait le jour en 2018 ou en 2019.

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