Comment Neuroprofiler "joue" sur les risques

En développant un jeu de finance comportementale, la fintech installée dans le Var et incubée par Paca-Est adresse l'appétence des clients au risque, à la fois de manière ludique et scientifique. Ce qui ne laisse pas les établissements bancaires et les acteurs de l'assurance totalement indifférents.

2 mn

(Crédits : DR)

Tout est issu de la crise financière de 2008, lorsque les régulateurs du monde de la finance ont exigé l'évaluation du profil du risque des clients des établissements financiers. Une règle pour rassurer qui est appliquée de manière extrêmement basique et simple, via un questionnaire écrit. Une solution de facilité, qui en outre ne prend pas en compte l'approche psychologique des clients questionnés. Une fausse bonne idée donc, "laborieuse à la fois pour le client et le conseiller financier", note Tiphaine Saltini.

Bon profil

Diplômée d'un doctorat en finance comportementale, Tiphaine Saltini est employée d'un acteur bancaire et basée à Hong Kong lorsqu'elle décide de tenter l'aventure de l'entreprenariat, persuadée que sa solution peut apporter une réponse aux besoins du secteur. Repérée par KPMG, incubée au Luxembourg, la startup n'est pas encore tout à fait née qu'elle suscite déjà un intérêt. Adieu l'Asie et bonjour l'association avec un partenaire, deux conditions sine qua non imposées par KPMG. Tiphaine Saltini quitte donc l'Asie et trouve un associé, Julien Revel, expert en machine learning, une compétence additionnelle qui va beaucoup compter. Neuroprofiler naît en août 2016.

Ensemble, le duo met au point un jeu de finance comportementale en lien avec la réglementation financière capable de dresser le profil et la capacité au risque du client qui y est soumis. Un moye ludique et scientifique bien plus fiable que les questionnaires habituels.

Aller vite à l'international

Evidemment, cela suscite le vif intérêt des acteurs tels le groupe BPCE, BNP ou la Société générale. Déjà présente en France donc mais aussi en Suisse, en Grande-Bretagne et au Luxembourg, la fintech emploie 11 personnes et après une première levée de 500 000 euros, prépare un second tour de table - pour un montant de 2 M€ - qui lui permettra notamment de passer plus activement par la phase recrutement.

Car l'objectif est de passer plus fortement à l'international, notamment en visant les Etats-Unis et l'Asie. Le pays de l'Oncle Sam qui représente un enjeu important car c'est outre-Atlantique que se situe son principal concurrent, pour l'heure absent du marché européen.

Côté portefeuille client, outre les établissements bancaires, Neuroprofiler compte séduire les fonds d'asset management, les banques privées ou encore les conseillers en gestion de patrimoine. L'assureur Allianz a également manifesté son intérêt. La fintech varoise réalise un chiffre d'affaires de 100 000 euros pour son premier exercice.

2 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.