Pourquoi AMU mise sur les Mooc

C’est une première mondiale et une initiative africano-marseillaise : Aix-Marseille Université propose depuis quelques jours un Mooc sur le paludisme, répertorié sur la plateforme Fun. Le premier d’une longue série ? Il semblerait.
(Crédits : DR)

Il a pignon sur réseau et a intégré depuis le 16 janvier dernier la plateforme Fun, pour France Université Numérique... Aix-Marseille Université, avec le soutien de l'AP-HM, l'Institut de recherche pour le développement, le CNRS et l'Inserm, propose en effet un nouveau Massive Open Online Course traitant du paludisme. Un projet porté par les professeurs Eric Chabrière et Philippe Parola travaillant au sein du laboratoire des maladies infectieuse et tropicale, sis à la faculté de médecine d'Aix-Marseille Université. Et dont la réalisation technique a été confiée à Citypost Studio. L'intérêt de ce cours en ligne, qui constitue une première mondiale et une initiative africano-marseillaise ? Répondre bien sûr à toutes les interrogations soulevées par cette maladie, entraînant encore quelque 450 000 décès par an à l'échelle mondiale, dont 95 % en Afrique. Une raison suffisamment éloquente pour arrêter cette thématique, explique Eric Chabrière.

"Ce n'est pas une maladie anodine, mais elle n'est pas non plus inéluctable. D'énormes progrès ont été effectués en matière de traitement prophylactique, avec la conception de moustiquaires imprégnées, ou encore avec l'introduction de nouvelles combinaisons de médicaments. Toutefois, comparé au virus Ebola, le paludisme tue cent fois plus... D'autant qu'outre les décès, il faut aussi compter avec le développement du neuropaludisme (une forme pernicieuse de la maladie touchant le système nerveux du sujet, NDLR), générant le handicap et représentant un coup économique et une incidence sociétale : retard de scolarisation, absentéisme..."

D'où l'intérêt de mieux la cerner pour prévenir ses méfaits. Savoir par exemple si tous les moustiques la transmettent, quels précautions prendre avant de voyager en zone d'endémie, faire le point sur les vaccins... C'est donc l'ambition de ce Mooc, gratuit, dédié aux professionnels de santé, aux étudiants comme au grand public et constitué de 14 chapitres interactifs de 10 minutes chacun.

Le Mooc, un intérêt stratégique

Outre son intérêt d'ordre épidémiologique, la mise en ligne de ce premier Mooc révèle aussi tout un positionnement stratégique adopté par Aix-Marseille Université. Car dans un contexte de concurrence mondialisée en termes d'éducation supérieure, "il faut savoir compter avec le numérique. Les classements tels celui de Shanghai jouent pour beaucoup dans l'attractivité des établissements. Et plus on recrute large, plus on a la chance d'avoir dans ses rangs des étudiants de haut niveau qui vont contribuer au rayonnement des universités. Ils réalisent des thèses, deviennent des collaborateurs d'exception. Certains sont recrutés en effet, d'autres retournent dans leur pays, mais vont former à leur tour, constituant un réseau à travers le monde. Ainsi, avoir les meilleures personnes, c'est un enjeu de taille... Voilà une des raisons de la conception de ce Mooc. Nous voulions par ailleurs peser sur cet échiquier face au monde anglo-saxon, qui s'est  emparé d'autant plus vite de ces nouveaux usages qu'il en a créé le concept", poursuit Eric Chabrière.

La mise en ligne de ce premier opus sur le paludisme, qui bénéficie du soutien d'A*MIDEX au titre des actions expérimentales en matière de formation et a été financé à hauteur de 100 000 € ne restera pas une initiative isolée. 6 nouveaux cours en ligne  sont en effet d'ores et déjà en gestation. Ils porteront  notamment sur la propagation nosocomiale et l'hygiène, la maladie de Lyme ou encore la paléo microbiologie.

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