Ce que Dark et Black Euphoria promettent

Mathieu Rozières annonce la couleur et décline les euphories : la prochaine verra rouge. Le fondateur de sociétés productrices de contenus s’apprête à créer deux nouvelles entreprises à Marseille. Et vient de tourner le pilote d’un divertissement à la technologie inédite avec en vedette l’imitateur Marc-Antoine Le Bret.
(Crédits : DR)

Ces euphories-là se nomment Black et Dark. Pourtant, l'avenir est loin de s'annoncer sombre pour Mathieu Rozières, fondateur à Marseille des deux sociétés de production audiovisuelle et transmedia, au positionnement distinct. Black Euphoria vise le corporate et séduit en crescendo le monde des grands comptes : Bouygues, Sanofi, Ricard, Saint-Gobain...  Dark Euphoria, quant à elle, développe des contenus innovants destinés à la petite et à la grande lucarne, ainsi qu'à la toile...  Mais les deux gardent le même ADN en termes de stratégie, explique Mathieu Rozières. "Nous sommes des prototypeurs". Une démarche qui s'inscrit à l'inverse des pratiques commerciales habituelles. Entre les lignes, plutôt que de rechercher la demande et d'y candidater, l'équipe de 13 collaborateurs développe d'abord grâce à ses fonds propres des contenus en interne et donne totalement cours à sa créativité. Le produit fini sera ensuite présenté aux clients éventuels, tel un démonstrateur... Et ça marche. "Avec Black, nous venons en rendez-vous avec nos prototypes, mais nous effectuons aussi du conseil. Nous avons une capacité à faire du sur-mesure en imaginant des solutions innovantes". Les avancées technologiques et créatives d'une société bénéficiant à l'autre.  "Avec Dark aussi, plutôt que d'aller voir les directeurs de programme, nous développons nos projets dans notre coin et les proposons après".

Humour, science et culture...

C'est dans cette dynamique que vient d'être tourné le pilote d'une émission destinée à la télévision, avec pour vedette l'imitateur Marc-Antoine Le Bret... La particularité de ce nouveau divertissement ? "Sa technologie fera date, nous sommes les seuls au monde à sortir ce concept : il s'agit de motion capture en temps réel". Concrètement, Marc-Antoine Le Bret prendra simultanément l'apparence de ceux auxquels il va prêter sa voix. Idem pour les fonds verts qui cèderont la place à la seconde aux décors relatifs à l'écosystème des personnalités imitées. "Nous avons développé ce projet avec SolidAnim, qui a notamment œuvré sur les films Avatar et Star Wars Rogue One", détaille Mathieu Rozières, encore aujourd'hui en négociation avec plusieurs chaînes TV. Car elles sont quelques-unes à vouloir ranger l'émission dans la grille de leurs programmes... Outre ce pilote d'émission, Dark a aussi sorti un livre, édité chez Flammarion, "directement inspiré de notre série de vulgarisation scientifique diffusée sur la chaîne YouTube éponyme, ExperimentBoy (plus de 41 millions de vues, NDLR). Il se vend déjà à des milliers d'exemplaires".

Black Euphoria n'est pas en reste. Elle investit notamment le secteur de la culture, avec la mise au point en coproduction avec l'avignonnaise Bachibouzouk de Kandinsky VR, une application en TV virtuelle alliant art, connaissances et gameplay, destinée à interagir dans l'univers du peintre en question. L'expérience, soutenue par Bpifrance, a intégré la micro-folie de la Villette. Elle a été présentée à la ministre de la Culture Audray Azoulay, lors de son inauguration.

Red is the new Black ?

Car Black Euphoria et Bachibouzouk, c'est une histoire qui va durer. Les deux contractent en effet bientôt un mariage de raison, afin de donner naissance à un troisième luron, La manufacture de l'expérience numérique. Un projet impulsé par Mathieu Rozières, Laurent Duret, fondateur de l'entreprise avignonnaise et Pascal Keiser, coordinateur général de la French Tech Culture. Son but : multiplier les expériences innovantes telles que celle dévolue à Kandinsky et dupliquer les applications.

Enfin, une petite dernière couve également dans le giron de la société marseillaise. Red Euphoria verra le jour au printemps. L'objet de cette nouvelle entreprise : attirer les grands tournages internationaux nécessitant fonds verts et motion capture. "Nous avons un bel outil avec le studio de la Belle de Mai. Mais pour que les boîtes de production étrangères décident de venir à Marseille, encore faut-il leur proposer un package global de traitement des rushs,  des effets spéciaux. Or nous sommes au point sur ce type de prestations, nous avons toute une expertise à apporter". La dynamique est lancée. Avec un chiffre d'affaires devant tripler pour Black et Dark Euphoria confondus pour 2017, le petit empire de Mathieu Rozières n'a pas fini de prendre des couleurs.

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