Souveraineté, croissance, diversification : comment Mailinblack s’apprête à être un acteur européen

Pionnier en matière de cybersécurité, l’éditeur de logiciels, basé à Marseille continue d’engranger une croissance à deux chiffres, une constante depuis 2015. Un développement qui a su évoluer avec les besoins en cyber-protection des petites et grandes PME comme des institutions alors que se juxtapose la question de la souveraineté. En ouvrant son capital, c’est sa volonté d’expansion qu’elle sert et ses ambitions européennes, d’autant qu’une consolidation du marché est en route.
(Crédits : DR)

La cybersécurité est la spécificité de Mailinblack depuis sa création en 2003. Et autant dire que le début des années 2000 n'envisageait pas la cybersécurité comme une problématique centrale. Depuis, elle l'est même devenu un sujet regardé de très près en plus haut lieu pour des questions de compétitivité et de souveraineté, notamment. Dans les entreprises, comme les institutions, elle est une source de préoccupation et un vrai sujet quotidien. Les récentes attaques ne font que le confirmer : toute entreprise est potentiellement menacée.

Créer un « garde du cops numérique »

Précurseur, Mailinblack a évolué avec les besoins. Protect, son premier produit, celui qui a construit les bases de sa notoriété, équipe désormais 14.000 clients. Il a été rejoint par Cyber Coach, une solution qui vise à « éduquer » par l'expérience en simulant une cyberattaque par mail. Une façon d'apprendre les bons gestes et ceux à éviter, déployée auprès de 600 clients. Une façon aussi de démocratiser la cybersécurité pour ne plus en faire un sujet d'apparence complexe ou trop flou.

Et ça, c'est un vrai cheval de bataille pour Thomas Kerjean. Le PDG de l'entreprise installée à Marseille en fait même la colonne vertébrale de sa stratégie de développement. L'objectif est de faire de Mailinblack un « garde du corps numérique ». Ce qui, concrètement, prendra la forme d'une solution, constituée de six produits, hébergée sur le poste de travail de l'utilisateur, afin de rendre l'accès aux services de cybersécurité facile et simple.

C'est pour servir cette ambition que la PME marseillaise a procédé à la restructuration de son capital. L'arrivée des fonds Apax et NewAlpha Verto lui permet de lever plus de 50 millions d'euros, de quoi lui donner l'oxygène financier pour enclencher une accélération du développement. D'abord sur le volet « technique ». « La cybersécurité recouvre des questions d'infrastructures mais aussi des questions liées à l'utilisateur, à son empreinte numérique. C'est lui qui émet les données qui vont être utilisées pour l'attaquer. Et les attaques proviennent majoritairement du mail, du web, des transferts documentaires, un peu des réseaux sociaux... », détaille Thomas Kerjean.

Vision (stratégique) européenne

Un PDG qui pour aller plus vite, veut jouer la carte diversification. « Nous regardons quatre scénarios de diversification, en Italie, en Espagne et en Allemagne, avec des acteurs qui nous permettent de gagner du temps ». La protection web est l'un des sujets d'attention, « d'un point de vue sécuritaire mais aussi légal. Avec quelques acteurs en vue, nous cherchons à construire un pipe », indique Thomas Kerjean. Qui compte bien s'intéresser au transfert de document en proposant « une solution démocratique, peu coûteuse ».

Pour en revenir à l'empreinte numérique, voilà donc un axe de travail majeur pour Mailinblack. « Nous regardons l'empreinte numérique, non pas sous l'angle de la e-reputation mais plutôt de ce qui est laissé comme donnée pouvant servir d'outil d'attaque ». Sur ce point, le rapprochement avec d'autres entreprises « loin de nous », peut se faire sous forme de partenariats ou d'acquisition.

Une stratégie solide, à plusieurs volets, qui est déployée au moment où « le marché est en pleine consolidation », souligne Thomas Kerjean. Alors même que la prise de conscience de la part des PME est réelle.

D'autant que le Plan France Relance Cyber, porté par l'Etat, encourage une souveraineté éminemment stratégique. C'est en ce sens qu'a été déployé le Grand Défi Cyber, dont Mailinblack est l'un des 11 lauréats, avec l'objet de financer les projets de R&D, mais aussi de faire en sorte que « les entreprises françaises se rapprochent et innovent », analyse encore le dirigeant, le tout dans un mouvement de consolidation qui doit éviter que « certaines TPE et PME disparaissent ».

30 recrutements prévus

Pour porter ce plan de développement extrêmement nourri - qui repose certes sur de la croissance externe mais tout autant sur de la croissance organique - une trentaine de postes sont ouverts, afin de renforcer l'équipe de 85 salariés et de poursuivre la tendance haussière. Mailinblack a, en effet, engrangé 28% de croissance de son chiffre d'affaires et 15% de son nombre de clients en 2021. L'arrivée des fonds d'investissements lui accorde donc les moyens de son ambition et lui fixe un horizon, celui de la multiplication par quatre de ce même chiffre d'affaires d'ici 2026.

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