Spectat place l'ingénierie du spectacle - et ses planchers amortis - au service des artistes

L'entreprise installée dans le Vaucluse conçoit des décors pour les opéras et théâtre mais surtout des planchers avec un meilleur amortissement pour protéger les danseurs. Pour accroître son activité, elle s'ouvre à tous les sports avec appui qui se pratique sans équipement, soit du ballet au breakdance en passant pour le yoga ou le Pilates.
(Crédits : Thomas O'Brien ©)

C'est un outil de travail quasi-invisible pour le spectateur. Pourtant, pour les danseurs et autres artistes qui œuvrent toute la journée sur les planches, la qualité du sol est essentielle. "J'ai travaillé pendant 15 ans à l'Opéra Bastille à Paris, j'étais sur le plateau tous les jours et je voyais des blessures régulièrement", raconte Loïc Durand. En étudiant ce phénomène, il en conclut que le mauvais amortissement des danseurs sur les planchers est la cause de ces problèmes de traumatologie. Celui qui est responsable du bureau d'études de l'Opéra décide alors de breveter un plancher dans lequel des balles de tennis sont intégrées, afin d'améliorer les réceptions.

"C'est tout simplement ce que l'on fait en école d'ingénieur mais appliqué au spectacle", résume Loïc Durand qui a fondé Spectat, basé à Courthézon, en 2001 pour concevoir et vendre ses planchers. "Là où nous en installons, la traumatologie disparaît", revendique-t-il. Côté chiffre, en un peu plus de 20 ans, 40.000 m2 de plancher ont été posés dans plus de 250 salles et 300.000 balles de tennis ont été coupés. Depuis un an, la société fonctionne à deux têtes avec l'arrivé d'Arthur Durand, le fils de Loïc, qui devrait ensuite prendre la suite. "Nous sommes une entreprise familiale", souligne avec fierté son fondateur. "Arthur s'occupe des planchers pour la danse et moi de la partie décors", explique-t-il. Car Spectat ne produit pas que ses fameux sols agrémentés de balles de tennis.

Plusieurs modèles de plancher

L'entreprise vauclusienne de deux salariés réalise des prestations d'ingénierie pour des décors de spectacle. "Nous accompagnons la production, les théâtres et les opéras ont des bureaux d'études mais sur des réalisations très techniques ils nous appellent", détaille Loïc Durand. Cela concerne environ une dizaine de spectacles par an pour l'Opéra de Bordeaux, celui de Toulouse ou encore le théâtre des Champs-Elysées. Un tiers de l'activité provient de ce segment.

Les planchers restent bien la marque de fabrique de Spectat, qui réalise un chiffre d'affaires de 450.000 euros en 2021. Son modèle principal va d'ailleurs évoluer, car en 20 ans ce sont 300.000 petites balles jaunes neuves qui ont été coupées. Un travail de R&D est en cours pour utiliser des balles usagées, en partenariat avec la Fédération de tennis. "Pour garder la qualité d'amortissement, nous devons mettre au point s'il est nécessaire d'effectuer des coupes différentes, mettre plus de balles, etc...", explique Arthur Durand.

Mais ce plancher n'est pas le seul que propose l'entreprise. Il en existe ainsi des fixes, des démontables, des déménageables seulement quelques fois ainsi que des prix variés avec par exemple un amortissement avec un système de mousse. "Il peut se monter tout seul et comme il est moins épais cela permet de l'installer sur l'existant", détaille Arthur Durand qui "pense qu'il faut développer la gamme à installer soi-même".

Spectat peut tripler sa production

Le dirigeant ambitionne d'élargir la clientèle de Spectat. "Jusqu'à présent nous ne fonctionnions que par le bouche-à-oreille, nous voulons avoir une stratégie de communication proactive pour accroître notre activité", prévient Arthur Durand qui vise un chiffre d'affaires d'un million d'euros d'ici trois ans. Selon lui, l'entreprise est suffisamment outillée pour tripler sa production. L'étendue du marché potentiel est difficile à chiffrer, mais "toutes les communes ont leur salle de danse" expose-t-il.

L'enjeu identifié par Arthur Durand est de s'imposer face à la concurrence des sols sportifs, que l'on trouve par exemple dans les gymnases. "C'est différent d'un sol de danse, nous essayons de faire passer de ce message pour que les décideurs puissent choisir en connaissance de cause", détaille-t-il. Être bien référencé auprès des architectes et des scénographes est donc important. Pour se développer Spectat mise également sur de nouveaux marchés comme le breakdance par exemple en plein essor médiatique qui sera une épreuve olympique aux Jeux de Paris dans deux ans. Le collectif lyonnais Pockémon Crew, une référence du milieu, a d'ailleurs choisi les planchers vauclusiens pour son nouveau lieu créatif. Autrement dit pour son lieu de travail.

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