Blue, le produit ménager écologique fait maison, peut-il séduire le marché BtoB ?

Basée à Aix-en-Provence, Wecleen poursuit la commercialisation de sa machine qui permet de réaliser facilement soi-même son liquide pour le nettoyage. Un produit qu'elle estime capable de répondre aux besoins des vétérinaires, hôtels et médecins, tous grands consommateurs de ce type de désinfectant.
(Crédits : DR)

Les produits ménagers sont peut-être ceux qui réunissent le plus d'ingrédients qui peuvent pousser au do it yourself, ou fait maison en français. Ils sont en effet utilisés massivement et laissent beaucoup de déchets lorsqu'ils sont achetés dans le commerce. C'est de ce constat que Wecleen est né en 2020 avec "Blue", une machine qui peut se résumer comme l'équivalent de la machine à café à capsules mais pour fabriquer son propre liquide de nettoyage.

Concrètement, il faut mélanger à de l'eau le concentré élaboré par la start-up à base d'eau, de sel, de vinaigre et d'un colorant. L'électrolyse fait ensuite le reste pour donner en neuf minutes un désoxydant à base d'acide hypochloreux, l'agent désinfectant, et de soude caustique, l'agent détergent. "Nous voulions faire quelque chose de plus simple à réaliser sans se demander ce qu'il faut mettre ni si cela va fonctionner", expliquait Damien Oursel, cofondateur de Wecleen, quelques mois après le lancement de la jeune pousse basée au sein du Technopôle de l'Arbois à Aix-en-Provence.

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Une première gamme de ventes comme test

Forcément, une fois la présentation du produit faite, il paraît assez évident que le marché de potentiels clients est vaste. Charge au dirigeant de bien choisir les marchés où se positionner. Un dirigeant qui ne cache pas avoir "hésité" entre le secteur des particuliers et celui des professionnels. "Notre machine convient à toutes les utilisations, pour le grand public elle conçoit des produits moins chers et plus simples à appliquer, pour le BtoB les désinfectants faits maisons sont assez rares", défend-il.

En lançant la commercialisation de son produit en juillet 2021, Wecleen a produit 2.000 machines, assemblées dans un atelier de réinsertion à Marseille. Il s'agissait d'un test grandeur nature. Aujourd'hui 1.300 exemplaires de "Blue" ont été vendus. "50% pour des particuliers et 50% pour des professionnels" précise Damien Oursel. Un équilibre parfait qui ne devrait pas durer puisque le dirigeant a décidé de miser sur le segment BtoB, plus précisément en s'adressant aux vétérinaires, médecins ou encore aux hôteliers. Un choix qu'il justifie par un marché moins concurrentiel que celui du grand public.

Un démarchage fait maison

Car désormais, Wecleen rentre dans une phrase de commercialisation forte. Une position qui demande de s'adapter en interne. "Nous démarchons nous-même", explique l'entrepreneur qui s'appuie, pour cela, sur une équipe de deux personnes. Le discours sur la réduction des déchets est bien rodé. "Ce sont 100 bouteilles de plastiques par an économisées pour une crèche, pour un dentiste cela peut être le double", assure Damien Oursel.

La levée de fonds, dont Damien Oursel ne souhaite pas dévoiler le montant, qui vient de se boucler doit permettre d'accélérer les ambitions de la start-up. "Nous voudrions posséder entre 5 et 10% des parts de marché des vétérinaires, une centaine de médecins qui nous utilisent et quelques belles références dans le secteur de l'hôtellerie et des sociétés d'entretien", prévient le dirigeant.

Ventes de consommables et internationale

En plus des ventes des machines en elles-mêmes, WeCleen veut développer un business modèle semblable à celui de Sodastream avec le rachat de consommables pour fabriquer ses produits d'entretien. Si les professionnels sont la priorité stratégique de la start-up provençale, les particuliers ne sont pas totalement laissés de côté. Des accords avec des revendeurs existent, comme avec Nature & Découverte par exemple, mais cette part de marché ne concentre pas tous les efforts commerciaux de WeCleen.

Enfin, Damien Oursel pense déjà à l'international, plutôt en Europe. Avant de pouvoir s'y lancer pleinement avec une vraie production, il compte bien se "sécuriser" les marchés en finalisant les demandes de certification pour pouvoir se lancer sur les marchés ciblés. "Le temps nécessaire pour obtenir ces certifications se situe entre 5 et 6 ans. Nous arrivons en fin de processus, cela nous permettra donc d'être présents pendant plusieurs années sans concurrence car une entreprise qui souhaiterait se positionner sur ce ou ces marchés, aurait besoin de réaliser la même demande", détaille-t-il. Que ce soit à l'étranger ou en France, l'ambition à terme est d'être présent sur plusieurs marchés en même temps, afin de passer par des distributeurs.

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