Spécialiste de la transformation des déchets plastiques en énergie, Eartwake entame une levée de fond pour renforcer ses capacités productives et export

Si la transition énergétique fait émerger de nombreuses idées innovantes, l’entreprise basée à Nice a opté pour la technologie de la pyrolyse, un principe qui lui permettre de transformer les déchets plastiques, même les plus impropres, en énergie. C’est pour passer à l’échelle en termes de capacité productive et pour adresser le marché export qui lui tend les bras que la startup, co-fondée par François Danel, ex-DG d’Action contre la Faim, le comédien Samuel Le Bihan et Christopher Costes, porteur de la technologie, entame une campagne de financement participatif pour un montant de 500.000 euros, via la plateforme Wiseed.
(Crédits : DR)

La transition énergétique est en marche et toutes les bonnes idées sont les bienvenues pour aller le plus vite possible et répondre à des problématiques qui n'oublieraient personne. Le plastique et les dégâts qu'il cause lorsqu'il est abandonné dans la nature est l'une des problématiques majeures, dont beaucoup d'acteurs économiques s'emparent.

Depuis 2020, c'est aussi celle qui concentre l'attention d'Earthwake. Née association, elle est depuis avril 2021 aussi une entreprise. Car sa technologie de transformation, qui s'appuie sur le principe de la pyrolyse, est capable d'adresser des sujets multiples mais pas moins importants dont celui de la transition énergétique de certaines zones dans le monde, tout autant que les besoins des collectivités de l'Hexagone.

Hard et soft

Le point de bascule pour Eartwake c'est l'arrivée de Christopher Costes et de son concept de pyrolyse, baptisé Chrysalis. La startup va alors tester, mener un POC avec la ville de Puget-Théniers dans les Alpes-Maritimes, et adopter le principe, d'autant qu'il permet de recycler des plastiques faits à base de polypropylène et polyéthylène tels que les films d'emballage, les flacons de shampoing ou le mobilier plastique... Depuis, une machine, appelée V300 a été développée avec la capacité de recycler 300 kg de plastique en énergie, par jour. C'est dans le Vaucluse, au tissu industriel expert en chaudronnerie, que Chrysalis passe à la phase industrielle. Une « étape industrielle » pour François Danel qui sécurise l'innovation laquelle, précise-t-il, se distingue aussi parce qu'elle intègre aussi bien du hard et du soft, avec un logiciel associé qui permet d'automatiser voire de piloter à distance. « Cela permet à des non-spécialistes, de faire fonctionner l'équipement ».

Une techno exportatrice

Surtout, « un véritable marché s'ouvre à nous, lié à l'augmentation des déchets plastiques, car la production de plastique est dans une courbe ascendante, contrairement à ce que l'on imagine ». Alors même que « 75% des plastiques ne sont pas encore recyclés de façon noble et élégante ».

Un marché qui est beaucoup dans des territoires îliens et à l'export. « Le potentiel a été identifié dans les territoires d'Outre-mer - telle que la Martinique ou la Réunion - ainsi que dans les pays en développement, où les Etats ne disposent pas toujours de moyens de recycler les déchets », analyse François Danel. Des partenariats ont déjà été actés, dont l'un concerne SBM Offshore, société dont la R&D est basée à Monaco et qui compte équiper un village d'Amérique Latine. En Tunisie, ce sont les pêcheurs de l'archipel des Kerkennah qui pourrait ainsi recycler les nasses utilisées pour leur activité, qui demeurent au fond de l'eau lorsqu'elles ne sont plus en état de servir. « En leur proposant de récupérer ainsi du carburant pour leurs bateaux, cela pourrait les inciter à ne plus laisser les nasses en mer », indique François Danel. La Réunion, « confrontée à une double aberration », puisque le plastique est importé puis exporté pour être recyclé, Chrysalis offre l'opportunité d'un recyclage sur place.

Dans l'Hexagone, des communautés de communes dont celles de Villeneuve-sur-Lot en Nouvelle-Aquitaine ou du Vaucluse, dans le Sud, ont fait part de leur intérêt.

La levée de fonds, menée sur la plateforme de financement participatif Wiseed, doit permettre d'accélérer sur le développement commercial et de renforcer les effectifs, « afin d'améliorer la techno ». Pour l'heure, Earthwake qui emploie 5 salariés, fait également appel à des sous-traitants, ce qui lui permet de disposer d'une équipe de 10 personnes. Laquelle devrait atteindre 56 salariés d'ici 2026, pour un chiffre d'affaires à cet horizon de 44 millions d'euros.

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