Quintesens et .nod, les deux marques de Biofuture pour changer les habitudes alimentaires

Alors que la volonté d’une alimentation saine, issue des circuits courts constitue une volonté renforcée du consommateur, la PME basée à Venelles, dans les Bouches-du-Rhône s’intéresse à un segment particulier, celui des huiles, vinaigrettes et sauces, qu’elle adresse via deux marques bio, l’une qui reprend les recettes « comme à la maison », l’autre qui parie sur la transparence des ingrédients pour apparaître comme une norme. Vendues respectivement en magasins bio et GMS, elles devraient laisser une plus large place à l’innovation, un levier sur lequel l’entreprise veut appuyer fortement.
(Crédits : DR)

Le monde de l'huile, cet ingrédient de base de la cuisine française, Sébastien Loctin le connaît parfaitement bien. C'est chez Lesieur qu'il commence sa carrière avant de passer chez Rémy Cointreau puis de prendre le chemin d'un projet en Afrique. Et sans doute que sa carrière aurait suivi un chemin identique si sa nouvelle paternité ne lui fait pas s'interroger sur la meilleure façon de se nourrir. En 2011, Sébastien Loctin « plaque tout » et en s'interrogeant sur « le sens à donner à sa vie », en revient aux fondamentaux, « bien nourrir les gens », ce qu'il aime depuis toujours.

Si en 2012 on ne parle pas encore autant d'alimentation bio et de circuits courts, la tendance est déjà à celle d'une nourriture qui soit saine pour la santé. La meilleure façon d'accompagner ce mouvement est « d'aider les consommateurs à changer le monde sans changer leurs habitudes ». Autrement dit, « remplacer » les produits de base que tout un chacun possède dans son placard. C'est ainsi que naît Quintesens, en 2013. La marque s'appuie sur un réseau de sous-traitants bio et entre dès 2014 chez Naturalia, Biocoop ou L'Eau vive. Après les huiles, elle intègre les vinaigrettes, les sauces, ketchup et mayonnaise... en tout une vingtaine de produits « du quotidien », aujourd'hui distribués dans près de 2.600 magasins bio en France et qui réalise un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros.

Au-delà de la bio, toucher tous les consommateurs

Cependant, Sébastien Loctin a la volonté d'impacter encore davantage et pour cela de sortir des frontières du bio. « Nous avions l'impression d'être un peu dans un entre-soi, sachant que les magasins bio ne représentent que 2% du marché alimentaire et la bio, 6% des achats alimentaires ». Pour impacter davantage, il faut passer par la grande distribution. Ainsi naît .nod. Bon, à l'envers. « .nod est une marque impertinente. La grande distribution regorge de produits dont on ne connaît pas l'origine des ingrédients », explique Sébastien Loctin qui convainc ChronoDrive, Monoprix et Carrefour et intègre aussi, désormais, Auchan. .nod qui génère, pour sa part, 700.000 euros de chiffre d'affaires.

Pour autant, Sébastien Loctin n'en a pas fini avec les idées et la volonté d'aller plus fort sur l'innovation. « Nous n'avons pas été très rapides sur ce point. Nous devions d'abord faire comprendre notre philosophie aux consommateurs. Tout le reste, c'est de l'impact positif car nous soutenons l'emploi local et donnons à nos consommateurs la possibilité de bien manger et être en bonne santé ».

Désormais, il faut donc accélérer. La feuille de route établie sur deux ans prévoit la création de 15 produits et de doubler le chiffre d'affaires. Une innovation qui demeure sur l'idée originelle, celle « d'optimiser ce qui se trouve dans les placards ». Comme les produits du petit-déjeuner, les produits apéritifs ou le snacking.

En Vérité, une norme demandée par... les marques

Mais pour convaincre à grande échelle qu'une alimentation bio et bonne doit devenir la norme, Sébastien Loctin est parti du principe que c'est le volume qui fait la force et l'union aussi. C'est ce que veut faire En Vérité, le collectif créé parallèlement, en janvier 2022, « dans une logique d'impact » et voué à « l'éducation des consommateurs ». Sauf que pour éduquer, il faut offrir une information claire et limpide au-dit consommateur. Un peu comme celle qui régente les appareils électro-ménagers, classés selon leur degré de consommation d'énergie. L'idée ici est d'intégrer dans une norme et un processus d'information consommateur, l'origine du produit, son impact environnemental, la présence d'additifs et la qualité nutritionelle. Actuellement, 52 marques ont rejoint le collectif dont Les 2 Vaches, D'Aucy, Entremont, Alpine Savoie, Yoplait ou Sojasun. « Ce sont nous, les marques alimentaires, qui demandons au politique de nous imposer un devoir de transparence », dit Sébastien Loctin. Qui devrait être rejoint prochainement par d'autres acteurs de l'alimentation dans sa volonté de clarté normée.

Biofuture, qui emploie 17 personnes, se fournit auprès de coopératives françaises, en direct ou en sous-traitance. « 84% des matières premières sont cultivées en France », revendique Sébastien Loctin.

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