Entreprise à mission, le producteur indépendant d’EnR CVE déroule un plan de croissance à 5 ans

Installée à Marseille, l’entreprise s’est positionnée sur la production d’énergies renouvelables, que celles-ci soient solaires, hydroélectriques ou issues de la méthanisation, adoptant également un modèle de vente directe, modèle qui trouve aujourd’hui une forte appétence. Ce qui porte la croissance, engageant la PME dans un large plan de 130 recrutements, en France et à l’étranger. Et qui pour dérouler sa philosophie jusqu’au bout, est désormais entreprise à mission. Tout en regardant déjà d’autres sujets.

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(Crédits : CVE)

Lorsque Cap Vert Energie naît en 2009, elle sait que le premier temps sera celui de l'évangélisation. Car l'énergie et la question de son origine - propre ou pas - ne sont pas des préoccupations majeures. Plus de dix ans après, CVE comme on l'appelle désormais, pèse 50 millions d'euros et s'est largement développée à l'international.

Ce regard arrière, Pierre de Froidefond le porte aussi. Co-fondateur et co-dirigeant de CVE, il souligne la concordance des temps, entre la COP 26 qui s'est tenue à Glasgow fin 2021, la flambée des prix du gaz, le rapport plus qu'alarmant du GIEC, les conséquences induites par la guerre en Ukraine... « Il existe aujourd'hui une urgence climatique, géopolitique, économique. Face à cela, il existe aussi une concordance entre les différents piliers de décision » avec en toile de fond, « le besoin d'accompagner le développement des EnR afin de permettre la souveraineté énergétique de la France et des régions ». Un contexte qui fait que « les scénarios EnR ont une place majeure ».

Multiplier le parc par 5

Et un contexte qui permet à CVE de marquer ses ambitions, dont celle de multiplier par 5 le parc installé, portant celui-ci de 500 MW actuellement à 2,3 GW à horizon 2026. Ce qui évidemment nécessite des besoins en ressources humaines. D'où un plan de recrutement de 130 personnes, 100 en France, 20 aux Etats-Unis et 10 au Chili, où CVE est présente via une filiale. Un renfort qui s'ajoute aux 270 salariés qui forment l'équipe actuelle partout dans le monde. « Cette augmentation de 50% de nos effectifs vient en réponse à nos objectifs de croissance », souligne Pierre de Froidefond, qui rappelle le large panel de métiers - 35 exactement - que CVE regroupe et qui, encore une fois, tient de la stratégie. « Nous avons fait le choix d'être un acteur intégré », présent sur l'ensemble de la chaîne de valeur.

Parmi les profils recherchés, celui de responsable de nouveaux projets est l'un des éléments qui figurent dans la roadmap, CVE souhaitant valoriser des fonciers existants. « Ce sont des métiers importants car ils se situent au début de la chaîne de valeur », explique encore Pierre de Froidefond.

Si 35 personnes ont déjà rejoint la PME, l'entreprise basée à Marseille connaît, sans surprise, des difficultés à recruter. « Il y a une concurrence sur les talents », confirme Pierre de Froidefond. D'où l'importance d'une politique RH adaptée aux attentes des salariés. « Les nouveaux talents peuvent choisir le lieu où ils s'implantent. Nous avons notamment mis en place une charte de télétravail, laquelle prévoit 13 jours de forfait par mois, avec possibilité d'enchaîner 5 jours d'affilée. Il fallait donner de la souplesse ». Mais des sessions de travail ensemble, qui réunissent l'équipe, sont aussi organisées pour créer des points de convergence. « Les équipes sont contentes de se retrouver. Celles qui sont établies dans d'autres régions viennent à Marseille. Cela crée un rituel. Ce qui attire les talents, surtout la nouvelle génération, c'est le projet humain ».

Hydrogène et agrivoltaïque, prochaines pistes ?

Autant dire qu'être désormais entreprise à mission - elles sont un peu plus de 600 en France - ce n'est pas qu'une façon d'être en accord avec la philosophie originelle mais aussi de jouer sur l'effet attractivité. « Notre raison d'être c'est bien de mettre l'humain et la planète au cœur de l'énergie de demain. C'est cela que nous déclinons en trois objectifs, ceux de l'impact environnemental, humain et social. Promouvoir l'épanouissement cela donne du sens au quotidien et c'est attractif ». Si ça conforte l'approche de CVE auprès des autres acteurs économiques, c'est aussi une façon de placer les projets de développement sur la bonne voie.

L'international, là où elle a pu déployer son modèle quand le marché domestique était moins appétant, représente toujours un axe primordial. Elle y réalise 40% de son chiffre d'affaires, possède un large portefeuille de projets à New York et y a aussi des ambitions. « Nous avons créé une filiale en Afrique du Sud. Nous prospectons le marché espagnol, marché très intéressant car libéralisé ».

Outre la croissance géographique, c'est vers d'autres sources d'énergie que regarde CVA. « Nous nous intéressons de près à l'hydrogène, nous regardons différents marchés, dont le Chili, où nous avons déjà une équipe de 40 personnes ». Mais c'est également vers l'agrivoltaïque que CVE tourne son regard, l'agrivoltaïque d'élevage comme celui qui concerne les arbres fruitiers. « C'est un axe de développement fort, c'est un moyen d'apporter un bénéficie au monde agricole ». Une piste à explorer et où pourrait bien retrouver CVE.

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