Spécialiste de l’intrumentation pour l’industrie, CMR Group veut aussi être un acteur des EnR

Né de l’industrie nautique, le groupe originaire de Marseille a élargi au fil des années et des acquisitions, son spectre d’interventions et ses compétences. Ancré dans le secteur nucléaire – à qui le Plan de relance redonne une ambition – il est aussi investi dans la transition énergétique, jusqu’en Afrique où il apporte une expertise nourrie de celles des milieux sensibles.

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(Crédits : DR)

Il est loin le temps où CMR - née Contrôle Mesure Régulation en 1959 - réparait les instruments de mesure pour les navires et plus largement le maritime. Si c'est ainsi que tout démarre, rapidement, c'est la diversification qui va lui permettre d'étendre son terrain de jeu comme son expertise et ça commence par le développement de capteurs et de systèmes de câblage pour les moteurs diesel, soumis à des conditions extrêmes. Dès 1990, c'est vers le secteur nucléaire et celui du pétrolier offshore que l'entreprise se tourne avant de prendre le chemin des EnR, dès 2016. Et tout cela grâce à une stratégie dont on sait qu'elle est la meilleure façon d'acquérir rapidement les briques souhaitées : la croissance externe.

Répondre à la transition énergétique

En 2019, c'est la Suisse Costronic qui rejoint le groupe, apportant avec lui ses solutions pour l'hydroélectricité. En janvier dernier, c'est au tour du spécialiste du câblage électrique dans les environnements à fortes contraintes, Procaly, installé à Lyon de venir nourrir le portefeuille de CMR.

Si les briques s'ajoutent les unes aux autres, c'est toujours pour répondre à la vision stratégique : celle d'apporter des réponses aux besoins engendrés par la transition énergétique.

Comme le rail, par exemple, un domaine complémentaire et stratégique pour l'entreprise marseillaise, qui regarde, évidemment, tout ce qui peut contribuer à la chose. Et le rail, « marché en croissance », pour son dirigeant Yves Barraquand, répond parfaitement aux besoins de transports décarbonés. On dira aussi qu'il existe un certain momentum sur le sujet.

Spécificité nucléaire

La transition énergétique qui s'appuie aussi, forcément beaucoup, sur l'innovation. Une innovation qui s'intéresse à la maintenance comme à la production de produits.

Doté d'un pôle R&D qui intègre dix personnes, CMR ne refuse aucun sujet de recherche.

Mais qui dit transition énergétique ne s'affranchit pas de la question du nucléaire. Un domaine pour lequel CMR a développé un savoir-faire - le grand carénage de 2015 a soutenu son activité - et qui prend tout son sens dans le contexte actuel. Le nucléaire qui subit « une baisse d'attractivité », déplore Yves Barraquand, rappelant qu'il s'agit « d'une énergie bas carbone » et que « l'on ne peut pas faire 100% de transition énergétique sans nucléaire ». Le volet Nucléaire du Plan de relance apparaît alors comme un coup de projecteur autant qu'un coup de pouce pour précisément améliorer l'attractivité de la filière et donner envie aux ingénieurs de l'intégrer.

Où on en vient à parler difficulté de recrutement. Une problématique à laquelle CMR Group est confronté, forcément. « Nous avons aussi besoin de compétences mécaniques. Nous recrutons dans le monde entier. Mais cela devient de plus en plus difficile. Et c'est un phénomène mondial. Pour nous, cela devient stratégique », souligne encore Yves Barraquand, qui précise que l'entreprise y répond en intégrant de nombreux apprentis.

Combler les besoins de l'Afrique

Le monde entier qui est tout autant un terrain de jeu pour CMR Group, passé assez vite par la case export, dès 1980, avec la création d'une joint-venture en Chine notamment. Aujourd'hui, c'est à l'international que se réalise 85% de l'activité, grâce à une présence dans 12 pays. Le regard et l'intérêt de l'entreprise provençale se porte beaucoup vers l'Afrique, « véritable axe de développement pour le renouvelable. La transition énergétique n'en est qu'au début », souligne Yves Barraquand. L'Afrique où s'est notamment développé Helios, mini-centrale solaire hybride, destinée au marché rural, avec comme objectif d'être une réponse aux besoins des entreprises locales.

Mais l'international c'est aussi l'Angleterre - premier pays export pour CMR - la Chine donc et plus largement l'Asie et les Etats-Unis, où le groupe dispose d'une filiale depuis les années 80. « En Chine, nous fabriquons pour le marché chinois, c'est plus compétitif », souligne Yves Barraquand. CMR Group qui, par ailleurs, ne dément pas regarder ce qui se passe du côté des startups en termes de capteurs IoT... CMR Group emploie près de 1.000 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros.

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