Ecocontact, cette innovation d’AMC Etec qui optimise l’industrie électro-intensive

Spécialisée dans les systèmes électrotechniques de puissance, la PMI basée à Cannes et à Saint-Raphaël se développe à coup d’innovations sur le marché de l’optimisation énergétique des installations électriques. Un segment particulièrement porteur au regard du contexte actuel pour lequel elle se structure afin de se conforter à l’export et sur l’activité maintenance.
(Crédits : DR)

C'est une mousse métallique multi-composants baptisée Ecocontact et protégée par une trentaine de brevets internationaux. Glissée entre les points de connexion d'un circuit électrique, elle réduit fortement les pertes énergétiques et contribue à la performance technique et économique des appareils. Un Graal pour l'industrie électro-intensive, surtout dans le contexte d'inflation du coût énergétique. A l'origine de cette innovation, que l'on retrouve dans la plupart des réacteurs nucléaires français, la PMI AMC Etec, basée à Cannes, une petite quarantaine de collaborateurs, 10 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021, une croissance annuelle de 50% depuis huit ans et des perspectives de développement de plus en plus prometteuses, notamment à l'export.

Une niche stratégique

Fondée en 2003 par Michel Pillet, elle est spécialisée dans la conception et la fabrication de systèmes électrotechniques de puissance pour répondre aux besoins d'optimisation de la production et de la livraison d'électricité. "Notre travail, explique le dirigeant, c'est de trouver des solutions d'amélioration énergétique, de créer des circuits électriques les moins énergivores possible car nos clients, estimés à un millier d'entreprises en France, sont ceux qui produisent de l'aluminium, du cuivre ou du chlore, et dont la moitié de leur prix de revient correspond à l'énergie électrique". Un marché de niche, certes, mais ô combien stratégique, où AMC Etec prend position en misant sur l'innovation. C'est ainsi que l'entreprise s'est consolidée sur son marché, avec Ecocontact en produit phare. C'est également ainsi que la PMI s'est ouvert les portes du secteur nucléaire en 2017, à travers la conception et la fabrication d'un inverseur de source spécifique pour EDF. Engagée dans un GME (Groupement Momentané d'Entreprises) avec Spie Nucléaire, elle a remporté un premier appel d'offres à 16 millions d'euros, et mène aujourd'hui des discussions pour "une nouvelle affaire de 50 millions d'euros", indique-t-il.

Mieux structurer l'export et la maintenance

Basée à Cannes et à Saint Raphaël, AMC Etec réalise 50% de son activité à l'export, sans démarche commerciale dédiée, ou très peu. "Le bouche-à-oreille fait notre croissance, les clients viennent nous chercher, l'export se présente donc comme une piste de développement importante pour laquelle nous devons nous structurer", relève Michel Pillet. Qui a fixé comme objectif d'ouvrir des agences "dans les principales places industrielles mondiales dans les dix prochaines années". Autre levier de croissance, l'activité maintenance pour laquelle la PMI vient d'acquérir auprès de la mairie de Cannes le bâtiment adjacent à son site historique. "Les opérations de maintenance sont celles qui demandent les meilleurs techniciens, or les industriels ont perdu cette expertise", avance le dirigeant, qui voit donc dans ce segment de marché "un grand potentiel aux marges intéressantes". Et ce, d'autant plus que les grands spécialistes du domaine "délaissent cette activité pour se concentrer sur les affaires neuves ou de grandes séries".

Pénurie de spécialistes

Car, dans le monde électro-intensif, gros et petits souffrent d'une même pénurie, celle des ingénieurs spécialisés. "Les jeunes ingénieurs s'intéressent plus aux technologies numériques ou à l'électronique qu'à la puissance électrique. Cette pénurie de spécialistes fait notre bonheur en alimentant notre carnet de commandes, mais elle nous pénalise aussi. Il nous manque en permanence une dizaine de personnes". D'où les efforts fournis pour former en interne les nouveaux arrivants, "des profils techniques dont la capacité à apprendre et la ténacité priment sur le diplôme", insiste-t-il. D'où, également, les actions mises en place pour fidéliser, de l'intéressement jusqu'à l'ouverture à ses salariés du capital de la PMI, en cours de transformation en trois sociétés sœurs spécialisées (nucléaire, maintenance et fabrication), en prévision du départ à la retraite de son fondateur. Lequel conclut : "Mon travail maintenant, c'est aussi de transmettre".

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