Spécialiste de l'encaissement, CashMag met l'impression 3D au service de sa production

La société installée dans le Var propose des solutions d'encaissements software et hardware aux commerces de proximité. Elle fabrique une partie de ses monnayeurs grâce à sa ferme d'imprimantes 3D. Un choix industriel qui lui permet de mieux gérer sa production et de proposer de nouveaux formats d'appareils.
(Crédits : DR)

L'impression 3D est aujourd'hui largement connu. Mais au-delà de cette notoriété, elle permet d'ores et déjà de fabriquer des équipements pour différents commerces. L'entreprise CashMag s'appuie ainsi sur plus de cinquante imprimantes, une ferme qui fabrique une partie des systèmes d'encaissement de la société installée à Cuers dans le Var. "C'est une technologie très intéressante car elle combine l'autonomie avec la possibilité de fabriquer les pièces au fur et à mesure selon les besoins", explique Philippe Gervais le président directeur général.

Une évolution qui n'est qu'une nouvelle étape dans la longue de vie de cette entreprise née en 1942 sous le nom d'OMC. Elle proposait alors des caisses enregistreuses et des machines à écrire. Elle est reprise en 1974 par Claude Gervais, père de l'actuel dirigeant. Dans les années 80, CashMag se lance dans l'informatique et effectue ses premiers pas dans l'univers du logiciel. Philippe Gervais, en devient le directeur général en 1998 puis le PDG en 2004. C'est en 2015 qu'elle adopte le nom qui est le sien aujourd'hui.

Le choix de l'impression 3D

L'entreprise de 120 salariés propose donc aujourd'hui des solutions d'encaissement, logiciels et monnayeurs pour les commerces de proximité. Cette typologie de client répond à un choix stratégique, celui de coller au mieux à la technologie proposée. "Pour imager c'est comme si je vendais des fourgonnettes quand les supermarchés ont besoin de semi-remorques", illustre Philippe Gervais. La PME compte 1.500 clients, des boulangers aux coiffeurs en passant par les tabacs, et produits 1.000 machines.

Presque la moitié sont issues des imprimantes 3D, le reste est à base de tôlerie classique. Cette technique de production permet de concevoir des appareils plus compacts que ceux en métal. "C'est particulièrement adapté pour les commerçants qui n'ont pas beaucoup d'espace et puis un monnayeur ce n'est pas très esthétique donc c'est bien de le cacher", explique le dirigeant. Bien sûr, l'impression 3D présente quelques désavantages, en premier lieu celui de la lenteur. C'est pour compenser cela que CashMag investit dans de nombreuses imprimantes.

L'avenir du cash

La société varoise va d'ailleurs doubler la surface de ses locaux. Il faut dire qu'elle n'a pas souffert de la crise sanitaire avec un chiffre d'affaires record de 17 millions d'euros en 2021. "Le Covid nous a ralentis, nuance Philippe Gervais. Mais ça n'a pas arrêté les besoins des clients car les commerces étaient toujours ouverts avec les mesures liées à l'hygiène donc limiter les échanges de monnaie était rassurant".

La crise sanitaire a aussi donné un coup d'élan aux paiements sans contact, autrement dit dématérialisés. Cette tendance n'est pas un frein, au contraire estime le dirigeant. "Si je prends l'exemple des pharmacies, il y a très peu de cash mais nous installons beaucoup de monnayeurs à partir du moment où un lieu accepte le paiement en liquide cela permet de se décharger d'une tâche", développe-t-il. Philippe Gervais remarque d'ailleurs que le marché de la Fintech est plébiscité par les nouveaux acteurs, ce qui lui laisse le champ libre.

Pas de rachats à l'international

Pour équiper le plus de commerce possible, CashMag s'appuie sur un maillage territorial important. Un déploiement qui s'est réalisé via l'acquisition de 26 structures depuis 20 ans. Et ce n'est pas terminé. "Je voudrais doubler les points de vente d'ici trois ans pour en avoir un à 1h30 maximum de tous les commerces", ambition Philippe Gervais. Pour ce qui est de l'international, la stratégie est différente puisque le dirigeant se refuse aux opérations de croissance externe. "Les règles sont différentes selon les pays, c'est plus compliqué", justifie-t-il.

L'objectif est donc plutôt de trouver des acteurs similaires à CashMag pour en faire des distributeurs comme c'est déjà le cas dans une dizaine de pays. L'objectif est d'atteindre 50% du chiffre d'affaires à terme. Toutefois, aucune démarche active n'est en cours puisque ce projet était envisagé avec la crise sanitaire qui l'a forcément stoppé.

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