Avec ses exercices cognitifs, GlobalStim veut détecter des cas d'Alzheimer

La TPE de Meyreuil va lancer son application d'entraînement cognitif personnalité au grand public. Une étape clef pour cette entreprise qui espère notamment pouvoir utiliser les données récupérées lors des tests pour permettre à la recherche de mieux identifier les potentiels cas d'Alzheimer.
(Crédits : DR)

A tout âge, il est important de maintenir une bonne forme physique est importante. Le lien entre bonne santé et activité sportive n'est plus à démontrer, y compris pour les personnes âgées. L'OMS recommande même pour ces dernières au moins quatre heures "d'endurance" par semaine. Et comme pour les muscles, les bienfaits des exercices s'appliquent aussi au cerveau. Une approche qu'a connu quotidiennement l'ergothérapeute Lionel Lamothe. En 2014, il fonde la société GlobalStim qui propose aux Ehpad un logiciel de jeux d'entraînement cognitif personnalisé via l'application Exo Stim

Concrètement, il s'agit d'exercices définis par le laboratoire de neurosciences cognitives porté par le CNRS et Aix-Marseille Université qui permettent une évaluation sur 31 critères pour définir au mieux les besoins. Le développement de l'application est également externalisé, GlobalStim s'occupe de la "valoriser" ce qui signifie la commercialiser.

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Un potentiel B to C

Après huit ans d'activité, la TPE installée à Meyreuil compte 1500 clients -80% de ces Ehpad sont associatifs- ce qui représente 5000 utilisateurs de son application. "Nous contactons d'abord les établissements individuellement car tous ne sont pas au même niveau sur l'utilisation de tablettes ou la connectivité, une fois que nous avons fait nos preuves nous rencontrer en contact avec le groupe auquel appartiennent les Ehpad", explique Jennifer Benattar, directrice générale de GlobalStim.

En poste depuis janvier 2021, la dirigeante s'occupait jusqu'alors de la partie commerciale de l'entreprise depuis quatre ans. "J'ai rapidement vu le potentiel de notre application pour le B to C, je suis devenue directrice générale pour travailler là-dessus", raconte-t-elle. Le volet grand public est la prochaine étape du développement de GlobalStim. Prévu sur l'année 2021, le déploiement a pris du retard. "Je savais que cela arrivait dans le BTP, j'ai appris que c'est aussi le cas dans le développement", sourit Jennifer Benattar.

Toucher le grand public par des prescripteurs

Pour autant, ce retard n'est pas synonyme de point mort. Durant l'automne de l'année dernière l'application "Je teste ma mémoire" pour réaliser des évaluations a été lancé, elle compte aujourd'hui 3000 inscrits. "Cela a fait figure de test pour pouvoir calibrer le protocole à fournir et obtenir assez de données pour comparer les résultats entre les profils", précise Jennifer Benattar. Le lancement au grand public est désormais fixé pour le milieu de l'année.

La commercialisation se réalisera via deux canaux, les caisses de retraite qui pourront le proposer à leurs clients et un réseau de prescripteurs (libéral, aides à domicile...). Pour les personnes qui souscrivent elles même, l'évaluation est gratuite mais l'entraînent et échanges avec des professionnels seront facturés huit euros par mois.  "Nous visons 10 000 inscrits d'ici fin 2022", prévient la dirigeante.

L'international en tête

Pour financer la distribution de l'application, Exostim réalise une levée de fonds avec un objectif de 600 000 euros. Une somme qui doit également permettre d'exploiter les données récoltées. "L'objectif est de les utiliser pour la recherche et la réalisation de prédiction concernant la maladie d'Alzheimer", note Jennifer Benattar. L'aspect ludique de l'application peut en effet favoriser la détection chez certaines personnes réticentes à pousser la porte d'un médecin.

Enfin, la TPE réfléchit aussi à s'étendre hors des frontières de l'Hexagone. Cela serait plutôt sur les pays francophones d'abord avec un modèle basé sur ce qui a déjà été fait plutôt à destination du grand public. C'est-à-dire travailler avec un laboratoire pour constituer une application dédiée. Un travail sur lequel Jennifer Benattar compte s'atteler l'année prochaine, une fois que le lancement de l'offre B to C sera bien lancée.

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