Performance, innovation, export… comment Graviwater veut prendre position sur le marché du traitement de l’eau

Spécialiste du traitement de l’eau, le bureau d’études basé près de Nice veut changer de dimension et s’engage, avec le soutien de France Relance, dans l’industrialisation de deux de ses solutions désinfectantes, brevetées et dont l’autonomie répond particulièrement aux besoins des zones isolées ou rurales.

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(Crédits : DR)

Comment exister et perdurer dans un secteur hyper-concurrentiel comme celui de l'eau, qui plus est dominé par des mastodontes ? "Par le travail et la performance, l'export et bien sûr l'innovation", explique Kevin Ghédini, dirigeant-fondateur du bureau d'études azuréen, petit Poucet qui entend bien pousser davantage ses positions. Fondé en 2016, il est spécialisé dans le traitement de l'eau, emploie cinq personnes et revendique un chiffre d'affaires avoisinant le million d'euros, réalisé majoritairement à l'international où Graviwater accompagne, voire orchestre, notamment en Afrique, la réalisation et l'équipement d'usines de production d'eau potable dimensionnées pour alimenter entre 100 000 et 200 000 personnes. Une activité solide, rémunératrice, que l'entreprise cherche toutefois à équilibrer en consolidant ses affaires dans l'Hexagone. "La France a aussi d'énormes besoins en eau, notamment dans les zones rurales ou de montagne, là où sont captées des sources non traitées en amont et donc susceptibles de présenter des problèmes de qualité bactériologique".

Désinfecter sans électricité, doser sans contact

C'est tout l'objet des deux solutions techniques développées par le bureau d'études. L'idée ? "Désinfecter sans électricité, et donc conférer aux villages et sites isolés la sécurité de leur alimentation en eau potable". Voilà pour la première, baptisée Gravikit. La seconde, Graviclean, s'appuie sur la même technologie (française, à savoir la pompe doseuse hydromotrice Dosatron) qu'elle décline pour les canalisations en milieu urbain, lui permettant d'élargir sa cible clientèle, des petites collectivités aux grands acteurs du secteur qui gèrent l'approvisionnement en eau des communes rurales. Avec en sus l'argument du sans contact. "Nous sommes en effet le seul système de désinfection permettant d'éviter tout contact entre l'opérateur et le produit biocide", avance le dirigeant, dont l'objectif 2022 est de vendre une centaine de machines.

Passer en phase d'industrialisation

Si l'entreprise, basée à Saint-Laurent du Var, est tout à fait capable d'absorber la fabrication d'un tel volume, la donne changera lorsqu'elle accélèrera la cadence. Et la cadence devrait s'accélérer. C'est l'objectif du dirigeant. "La demande est forte, confirme-t-il. Nous travaillons avec des fournisseurs qui imposent des quantités minimums. Aujourd'hui, nous produisons sans aller chercher de nouveaux contrats, presque de façon artisanale, alors que nous sommes sur un marché national et international. Il nous faut donc organiser notre phase d'industrialisation pour ne pas subir la transition qui s'opère et nous conduit vers la PME". D'où le projet Gravifactory, soutenu dans le cadre du plan France Relance par une enveloppe d'environ 200.000 euros. "Il s'agit de développer l'entreprise par l'intégration de nouveaux locaux nous permettant de fabriquer 600 machines de traitement des eaux autonomes et de solutions désinfectantes à horizon 2025-2026". Soit, un besoin de 250 m², situés de préférence sur la rive droite du Var, qu'il conviendra de satisfaire cette année. Tout comme celui du recrutement : des profils industriels, commerciaux et administratifs, l'idée étant de porter l'effectif à une quinzaine de personnes d'ici à 4 ans.

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