La stratégie payante d'Avenir Télécom

En plus de trente ans d'activité, le concepteur et distributeur de téléphones mobiles et d'accessoires basé à Marseille a connu plusieurs vies. Une nécessité compte tenu des évolutions permanentes et importantes de ce secteur. Le dernier accord avec Thomson en juin dernier porte déjà ses premiers fruits.

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(Crédits : DR)

En six ans, le bond est significatif. Avenir Telecom vient de multiplier par plus de deux son chiffre d'affaires sur le premier semestre de l'année 2021-2022, soit d'avril à septembre, pour atteindre 21,2 millions d'euros fin septembre. Le chiffre d'affaires sur l'exercice complet de 2019-2020, avant la crise sanitaire, était de 25,5 millions d'euros. Pour la société installée à Marseille depuis plus de 30 ans et qui était placée en redressement judiciaire début 2016, ces résultats sont le fruit de ses choix stratégiques.

En l'occurrence, celui de la vente de produits informatiques avec la prise en charge de l'achat de composants, la production en Asie et la logistique vers la France des ordinateurs portables Thomson. Un positionnement pris en juin dernier après un accord avec le groupe Sfit, propriétaire de la marque. Un deal qui a donc "généré un chiffre d'affaires de 10,5 millions d'euros pour ses premiers mois de mise en œuvre", indique Avenir Telecom.

De nouveaux contrats et de nouveaux marchés

L'autre activité, celle de ventes de produits de téléphonie mobile des smartphones jusqu'aux accessoires, est aussi en hausse. Elle passe en effet de 9,5 millions sur le premier semestre 2020-2021 à 10,3 millions d'euros, soit une hausse de 13%. Des "niveaux d'avant crise" précise le groupe qui rappelle toutefois la "pénurie mondiale de composants électroniques, la saturation des capacités de production et de transport, et l'attentisme des clients" qui fragilisent son marché.

En plus de posséder la licence d'exploitation exclusive et mondiale d'Energizer, Avenir Telecom veut dupliquer ce modèle avec la marque Wonder qu'elle a annoncé en octobre dernier vouloir ressusciter. En parallèle, un accord a été signé avec la société de cybersécurité Kaspersky Lab afin de proposer ses offres aux acheteurs des téléphones Energizer et des ordinateurs Thomson.

Le contexte n'a en tout cas pas paralysé la capacité d'Avenir Telecom à se mouvoir. Car y compris sur la vente de produits de téléphonie mobile, l'entreprise s'est aventurée sur de nouveaux marchés. Elle a en effet réalisé ses premières livraisons au Bangladesh et au Népal. Confirmant l'attrait pour l'étranger qui a toujours été au cœur de l'activité. "Nous sommes très portés là-dedans, l'entreprise y réalise 80 à 90% de son chiffre d'affaires", présentait Jean-Daniel Beurnier, à La Tribune le président et fondateur, dès 2019.

A l'époque, le dirigeant expliquait que la restructuration de l'entreprise donnait ses premiers résultats positifs mais que le challenge restait d'actualité. Presque deux ans plus tard, la bouffée d'air frais de ces résultats financiers apparaît comme une bouffée d'air frais. Et la confirmation de la capacité d'Avenir Telecom à rebondir.

Des futures prises de participations

La téléphonie est un secteur qui a connu de nombreux bouleversements depuis l'entrée dans le 21e siècle et Avenir Telecom a déjà connu de nombreuses vies depuis sa création en 1989. En trois décennies, il a fallu passer des téléphones à installer dans les voitures à la conception des mobiles d'aujourd'hui. L'aventure commence très bien avec plusieurs filiales comme Cetelec, Phone Shop ou encore Internity. "J'ai choisi la téléphonie parce que j'étais convaincu que ça allait se développer", raconte Jean-Daniel Beurnier.

Lire aussi 4 mnJean-Daniel Beurnier, entrepreneur à rebonds

Le succès est en effet vite au rendez-vous avec notamment une entrée en bourse moins de 10 ans après la naissance de l'entreprise marseillaise. Avenir Telecom s'appuie alors sur un vaste réseau de boutiques en France et à l'étranger. Mais très vite, au début des années 2000, les temps sont plus difficiles avec une première restructuration avec l'abandon des opérateurs internet pour privilégier les réseaux de magasins. Les décisions difficiles qui sont prises permettent de redresser l'activité. Puis la crise de 2007 rabat les cartes avec la disparition des réseaux indépendants de boutiques de téléphonie mobile. Vient donc l'étape par la case tribunal de commerce avec son plan de continuation.

L'avenir devrait encore être mouvant. Le groupe indique avoir étudié "huit dossiers d'investissement" pour prendre des participations dans des entreprises complémentaires. "À ce stade, aucun candidat n'a réuni toutes les conditions fixées par la Direction pour aboutir même si, parmi les quelques dossiers toujours à l'étude, a de bonnes chances d'aboutir avant la fin de l'exercice", précise-t-on. Des opérations en partie possible grâce au soutien financier du fonds émirati Negma qui, après un premier financement obligatoire de sept millions d'euros en 2019, a réalisé une levée de fonds de 36 millions d'euros en juillet 2020. De quoi préparer une future nouvelle vie avec plus de confort.

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