Co-fondée par Arnaud Montebourg, La Compagnie des Amandes sème les graines d'une future filière

Depuis trois ans, la société installée à Aix-en-Provence par François Moulias et Arnaud Montebourg investit pour créer une filière dédiée à l'amande le long de l'arc méditerranéen français. La construction d'une casserie, étape essentielle pour alimenter les acheteurs, est sur le point d'aboutir. L'objectif est désormais d'atteindre 2.000 hectares d'arbres plantés d'ici 2024.

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(Crédits : DR)

A l'heure des croissances éclairs et des levées de fonds spectaculaires, François Moulias se montre plus prudent. "Je suis une start-up agricole", sourit le directeur général de la Compagnie des amandes. Un moyen de rappeler qu'il faut laisser le temps au temps. "Pour qu'un arbre arrive à maturité il faut six ans", poursuit-il. Il faudra donc patienter avant de voir la société tourner à plein régime.

Fondée en 2018 à Aix-en-Provence, capitale mondiale de l'amande il y a un siècle, l'entreprise vient de planter ses premiers amandiers sur 150 hectares répartis dans le Vaucluse et l'Aude. Cet hiver, une dizaine de projets doivent agrandir le verger à 450 hectares étalés entre les Pyrénées-Orientales et les Bouches-du-Rhône. L'objectif est d'atteindre pour 2024, 2.000 hectares sur l'arc méditerranéen.

Une casserie pour peser face aux grossistes

L'ambition est bel et bien de réimplanter une filière de l'amande en France, et plus particulièrement dans le Midi, sa terre historique. "C'est une idée d'Arnaud Montebourg, que je connais depuis un moment, il m'a sollicité pour ce projet. Quand je me suis penché dessus, j'ai vu un marché dynamique avec une forte demande mais l'absence d'une offre française", raconte François Moulias. Emballé, l'entrepreneur remarque que malgré ces atouts cités, il existe aussi des manques : l'hectare d'amandier coûte cher, il faut attendre six ans avant de dégager des revenus, la compétence pour la production s'était perdue et enfin l'absence de débouché.

C'est donc sur ces quatre points bloquants que la Compagnie des amandes s'active pour proposer des solutions. "Nous finançons le verger avec des fonds privés, nous payons les agriculteurs dès le mois de la plantation, nous apportons du conseil technique et nous allons créer une casserie", défend François Moulias. Concrètement, pour ce qui est des terrains le propriétaire reste le producteur mais la rémunération se réalise via une société ad hoc dans laquelle l'agriculteur détient 51% et la Compagnie des amandes 49%.

L'entreprise aixoise compte ensuite créer une organisation de producteur pour commercialiser les amandes. Il ne s'agit donc pas de les acheter pour les revendre mais plutôt de partager les bénéfices. C'est l'objectif de la casserie, qui devrait sortir de terre à Signes, dans le Var, fin 2022 pour être opérationnelle sur la récolte de 2023. Un élément clef pour avoir des arguments de poids face aux grossistes. "Tout sera vendu avant", assure, confiant, François Moulias. Il faut dire que la France importe la quasi-totalité des amandes qu'elle consomme, la présence d'une production sur le territoire national a donc de quoi intéresser consommateurs particuliers et professionnels comme les producteurs de calissons.

Soutien des institutions

Seule ombre au tableau, la réticence de certains arboriculteurs à se lancer car pas vraiment convaincus par le modèle économique, notamment dans les Alpes-de-Haute-Provence où un seul projet est prévu. Le département était pourtant une cible de choix au lancement de la filière amande. François Moulias reconnaît le "potentiel" du territoire mais évoque des "structures foncières" qui ne sont pas optimales. Car pour produire, il faut des grands espaces... et du temps avant de dégager des bénéfices.

Pour mener à bien son projet, la Compagnie des Amandes peut en revanche compter sur les institutions, à l'image de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur qui participe financièrement au renouveau de cette filière. Une campagne de crowdfunding est également en cours avec un objectif de 1,5 million d'euros. Un parcours qui ressemble bel et bien à celui d'une start-up...

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Commentaires 4
à écrit le 06/09/2021 à 19:16
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Bah c'est au moins plus sympa que les bus de Macron, il s'était pas foulé là notre président sur ce coup...

à écrit le 06/09/2021 à 13:19
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encore une monoculture mono-souche génétique ? : l'Absurdistan dans toute sa splendeur !

le 06/09/2021 à 19:40
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Monoculture! En même temps il faut bien commencer quelques part. Donc pour vous les vignerons font de la monoculture et devraient planter des rangers de fraises entre les rangs de vignes....Vous pourrez acheter du miel d'amandier....

le 07/09/2021 à 15:46
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Ferrero veut plus n'employer que des noisettes italiennes, il va donc falloir planter quantité de noisetiers, ce qui peut être encombrant, monoculture généralisée sur un grand territoire (le balanin sais pas s'ils ont des techniques pour l'éliminer, ...

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