Manureva Répit, le tour opérateur qui se penche au chevet des aidants familiaux

Spécialisé dans l’organisation de séjours loisirs pour les aidants familiaux, le tour opérateur basé à Nice s’invite avec une offre clé-en-main qui se veut non stigmatisante sur un marché de 11 millions de personnes jusqu’alors essentiellement occupé par le monde associatif. La jeune entreprise vise le leadership en France et en Europe d’ici trois ans.

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(Crédits : DR)

On estime à environ 11 millions le nombre d'aidants familiaux en France. Soit, un Français sur six qui soutient au quotidien l'un de ses proches devenu dépendant en raison de son âge, de son handicap ou d'une maladie. "Ils forment une armée d'invisibles sans laquelle le système de santé en France ne pourrait pas tenir, quand on sait que leur travail - bénévole - représente une économie pour les pouvoirs publics évaluée entre 12 et 16 milliards d'euros par an", souligne Sylvain Dauber, dirigeant-fondateur de Manureva Répit. Qui poursuit : "68% des aidants familiaux sont des actifs, en majorité salariésIls ont donc une triple mission : s'occuper de leur proche fragilisé, de leur famille et de leur travail. Or, il n'existe pas de réponse massive permettant à ces personnes de souffler un instant."

"Sécuriser l'aider pour s'occuper de l'aidant"

C'est donc là que l'entreprise basée au CEEI de la Métropole Nice Côte d'Azur se positionne. Né en septembre 2018, ce tour opérateur agréé Atout France s'est en effet spécialisé dans l'organisation de séjours loisirs à destination de cette population longtemps ignorée, dont le premier des droits accordés après la reconnaissance de son statut en 2015 par la loi relative à l'adaptation de la société au vieillissement, fut justement celui au répit. "Nous avons développé des offres packagées comprenant le séjour pour l'aidant et son proche fragilisé en hébergement 3 ou 4 étoiles, les services classiques d'un tour opérateur (pension complète, excursions, ménage...) et ceux plus spécifiques liés au soin et aux services à la personne qui n'existent pas dans le monde du tourisme et sans lesquels cette population ne s'autorise pas à partir en vacances". L'objectif étant "de sécuriser l'aidé pour s'occuper de l'aidant".

Pour ce faire, Manureva Répit s'appuie sur une centaine de prestataires issus du monde de la santé et du bien-être, et dispose d'un centre d'appel où chaque aidant se voit attribuer un référent unique qui l'accompagne avant, pendant et après le séjour. Lequel se déroule dans des structures touristiques "non stigmatisantes", insiste le dirigeant, estampillées Belambra, Odalys ou encore La chaîne thermale du soleil avec lesquels des partenariats ont été noués. Ce qui lui permet de revendiquer la place de leader en termes de séjours dédiés disponibles : "Nous disposons à ce jour de 12.000 semaines dans plus de 15 destinations touristiques ou thermales", avance celui qui dit "croire, malgré les risques, à la politique du grand frère, celle qui consiste à s'appuyer sur les machines industrielles, institutionnelles et associatives pour se développer".

"Politique du grand frère"

C'est en effet tout l'objet des accords signés d'une part avec les groupes mutualistes, AG2R la Mondiale, Malakoff Humanis, le Groupe Vyv et Apicid, "pour ne citer qu'eux", et de l'autre les sociétés de services à la personne, à l'instar du réseau Générale des services et ses 75 agences hexagonales. L'idée : faire émerger les aidants et bénéficier de la force commerciale de structures bien installées. Autre axe de développement privilégié : le BtoB. "Les salariés aidants sont une réalité que beaucoup de DRH ont découvert à l'occasion de la crise de la Covid. Nous apportons aux entreprises et grands comptes des solutions clés-en-main pour les collaborateurs concernés, qui représentent en moyenne 20% de leur effectif". A cet égard, deux banques locales seraient intéressées. "Les contrats seront signés en septembre", indique-t-il.

A fin août 2021, Manureva Répit a commercialisé plus de 300 séjours, contre 107 en 2020, année de lancement du concept. "Notre objectif à trois ans est de généraliser les vacances répit en France et de devenir leader européen du marché, avec 60.000 séjours vendus par an sachant qu'il n'en faut que 1300 pour atteindre le point mort", précise-il. Aussi le dirigeant a-t-il réuni une somme de 380.000 euros - bientôt 500.000 - à travers différents prêts participatifs et subventions pour financer une croissance qui passe par un effectif doublé (6 personnes aujourd'hui), un investissement numérique afin d'industrialiser le process et la promotion d'offres nouvelles. A l'instar de cette première croisière pour aidants que le tour opérateur entend proposer dès 2022.

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