Les projets de Proarti pour soutenir la production culturelle dans le Sud

Faute de visibilité, la plateforme de mécénat participatif dédiée à la culture a dû cette année annuler son opération Mission Avignon qui permettait de soutenir des artistes se produisant dans le cadre du Festival. A la place, elle s’est tournée vers le grand mécénat, plus dynamique ces derniers mois. Elle nourrit également d’autres projets pour la Région Sud où elle pourrait un jour installer une antenne.

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(Crédits : DR)

D'une croissance de 50 % des dons collectés sur sa plateforme en janvier à une chute de -80 % trois mois plus tard, Proarti a connu une année 2020 en "montagnes russes", compare Grégoire Harel, son fondateur. "On a bien senti à quel point le don est conditionné par des facteurs psychologiques". Et si 2021 peut apparaître un peu moins sombre, c'est surtout le flou qui domine pendant les premiers mois, l'obligeant, faute de mécènes, à annuler son opération Mission Avignon qui consistait à combiner financement participatif auprès du grand public et dons d'entreprises pour soutenir les compagnies se produisant dans le cadre du festival d'Avignon.

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En revanche, elle remarque pendant les mois d'épidémie qu'une autre forme de dons prend de l'ampleur : le grand mécénat, plus classique où des fonds sont apportés en échange de contreparties déterminées dans le cadre d'une convention. "Les collectes auprès de grands mécènes ont augmenté de 80 % en 2020".

En guise d'explication, Grégoire Harel soupçonne que la crise a rappelé combien la culture est importante, bien que déclarée non essentielle - "une honte !" s'agace-t-il. Et que l'épargne importante de certains ménages a pu être orientée vers elle. "Dans le même temps, les artistes ont eu moins de scrupules à se tourner vers le financement privé et le mécénat".

Quoiqu'il en soit, cet essor du grand mécénat a permis de financer quelques projets à Avignon. "Parfois jusqu'à 100 000 euros". Et a nourri l'ambition de renforcer la plateforme sur ce volet. "Pour des entreprises, cela s'inscrit dans une démarche RSE, d'autant qu'il est possible de soutenir une œuvre qui partage un message en lien avec leur démarche, sur la transition écologique, l'égalité hommes-femmes ou encore le handicap".

Une crise qui fragilise particulièrement le spectacle vivant

Et du côté des compagnies, le grand mécénat offre une bouffée d'oxygène dans un contexte encore difficile. "La crise a particulièrement affecté les jeunes porteurs de projets, les acteurs économiquement plus fragiles qui sont un peu hors des radars, plus indépendants, moins structurés". Et si l'audiovisuel a plus ou moins tenu le choc, le spectacle vivant en sort considérablement fragilisé. "Au premier trimestre 2020, le spectacle vivant représentait 60 % des dons collectés contre 30 % pour l'audiovisuel". Puis, malgré un montant global assez stable, le rapport s'est plus qu'inversé, avec désormais 70 % pour l'audiovisuel et 20 % pour le spectacle vivant.

A Avignon, où le spectacle vivant est à l'honneur, Grégoire Harel ressent une ambiance de "convalescence. Les gens y sont allés malgré des risques importants". Risque de ne pas avoir de public - le développement du pass sanitaire fait grandir plus encore cette inquiétude. Et surtout, risque d'embouteillage des programmations du fait des retards accumulés. "Ce n'est pas évident de montrer un spectacle à un programmateur qui est pris jusqu'en 2023".

Déjà, Grégoire Harel songe à l'après en faisant appel aux mécènes. "On rêve de créer un club de mécènes pour aider les compagnies et les théâtres à se relancer pour préparer 2022". Un club qui renforcerait le lien entre mécènes et artistes.

Vers une antenne en Provence-Alpes-Côte d'Azur

Et au-delà d'Avignon, Proarti -dont l'équipe est basée à Paris- souhaiterait s'implanter plus solidement en région Sud qui représente 10 % de son activité globale. "C'est notre deuxième région après l'Île-de-France".

L'équipe a par exemple des projets autour du Festival de Cannes où elle s'est rendue cette année. "L'an prochain, on aimerait créer un fonds dédié au court métrage car c'est un endroit de liberté et d'émergence idéal pour raconter des histoires sur des causes assez formidables. On souhaite inviter des mécènes sur ce fonds, en lien avec la profession". Des discussions sont en cours. "Ce serait formidable de s'impliquer aussi à Arles. Mais il nous faut des relais de connaissance et de reconnaissance sur place. Si les conditions le permettent, on essaiera d'ouvrir une antenne".

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