Locasail, la PME qui défend le slow tourisme

Installée dans le Var, l’entreprise familiale spécialisée dans la vente et la location de bateaux, défend le concept de tourisme durable depuis des décennies, elle qui voit les habitudes de consommation évoluer avec le temps. Et sur ce créneau, il reste encore beaucoup à promouvoir, à éduquer, notamment la propulsion à la voile, par définition, écologique. Une évangélisation qui pourrait – devrait ? – passer par les entreprises estime sa directrice générale, Muriel di Martino.

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(Crédits : DR)

En 2022, Locasail célébrera son demi-siècle. Une longévité dans l'entreprenariat qui a mené la seconde génération aux commandes de la PME basée à Bandol, dans le Var. C'est en 1972 que Vincent di Martino crée une activité de location de voiliers sous le nom de Di Martino Yachting, avant de grandir et de donner vie à Locasail 3 ans plus tard. En 1985, la petite entreprise dispose de sa propre marina dans le port de Bandol et devient, au fil des années, revendeur pour Jeanneau et Capelli Tempest. Entre temps, elle s'engage dans une diversification d'activité, en reprenant une activé d'accastillage, basée à Toulon, qu'elle déploie ensuite également à Bandol.

Pas un effet de mode

Propriétaire de sa propre flotte de bateaux, Locasail s'est surtout inscrit comme un acteur du slow travel. Fervente défenseur de la propulsion à voile, la PME a aussi vu l'usage évoluer avec les réflexes de consommation. « Le slow travel n'est pas qu'un effet de mode », indique Muriel di Martino, directrice générale et qui représente la seconde génération aux commandes de la PME varoise, « c'est un mode de propulsion durable », dans le sens d'écologique, la plus écologique qui soit, même, car, au-delà de la façon dont le bateau est mû, c'est tout ce qui va avec qui correspond à une prise de conscience de l'environnement. « On se rend mieux compte de ce que contient la mer, on doit faire attention au plastique, capable d'abîmer l'hélice. Lorsqu'on constate les bouteilles ou les résidus en plastique flotter sur l'eau, c'est la meilleure prise de conscience qui soit des dommages réels que provoque le plastique en mer, et ce de multiples façons ».

Et de rappeler que ce n'est pas pour rien que des marins, eux-mêmes, se soient engagés dans des solutions de repérage ou de traitement des déchets flottants. Ces OFNI - objets flottants non identifiés - crainte constante du marin, qui a valu à nombre d'entre eux de lourdes conséquences. On se souvient lors du dernier Vendée Globe l'incident et l'OFNI qui ont causé bien des frayeurs au skipper Sébastien Simon dont une partie du foil a subi des dégâts. Des OFNI qui peuvent être bien sûr, un animal comme une baleine, mais qui peuvent tout autant être des déchets errant en mer. Un sujet met doublement l'écologie au centre. Et Muriel Di Martino de rappeler que d'anciens marins vivent une seconde vie en investissant dans des solutions de traitement des déchets. C'est le cas notamment de SeaCleaners, l'association soutenue par la Fondation Prince Albert II, fondée et président par Yvan Bourgnon et qui a donné vie à Manta, ce bateau-usine qui s'est donné pour mission de collecter, traiter et valoriser les macro-déchets plastiques. On rappelle aussi l'initiative menée par François-Alexandre Bertrand avec Platypus, ce semi-submersible qui a pour objectif d'aller récupérer le plastique « là où il est concentré » dit-il, c'est-à-dire le long du littoral. Un Platypus qui tient son nom de l'ornithorynque et qui s'embarque dès ce 8 juin pour une mission en Méditerranée, baptisée Blue Odyssey.

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Les entreprises, vecteur à améliorer

Ces initiatives, évidemment, sont un vecteur de communication qui prend toujours de l'ampleur étant donné le caractère à la fois innovant et gigantesque de chacune d'elles. Mais Muriel Di Martino aimerait beaucoup que d'autres organisations s'emparent de la voile comme d'un moyen de sensibilisation et ce sont les entreprises. « Il serait bien que entreprises et leurs CE envoient davantage leurs équipes pratiquer des activités en voilier. Quand on voit les bouteilles, les déchets flotter sur l'eau, ce ne sont pas des mots, cela devient une réalité ». Une idée qu'a déjà creusé Entrepreneurs pour la planète, l'initiative portée et développée par Christophe Caille, dont le projet d'embarquer des chefs d'entreprise en mer prend forme, précisément pour cette capacité à rendre l'importance de l'écologie, du recyclage... visible et « palpable ». « Si on équipe son bateau d'une pompe d'eau de mer, de panneaux solaires, on n'a pas besoin de beaucoup d'énergie » plaide encore Muriel Di Martino. Une conviction comme cheval de bataille pour Locasail. Au-delà du business. La PME, qui emploie 10 salariés, réalise un chiffre d'affaires de 4,9 millions d'euros.

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