Kone accélère sa stratégie sur la mobilité augmentée

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(Crédits : DR)
L’ascensoriste d’origine finlandaise, dont le siège France est installé à Nice, lance une plateforme qui permet de faire de tous les ascenseurs, toutes marques confondues, des ascenseurs augmentés. Une plateforme servicielle qui marque la volonté du groupe de se positionner sur le smart building et d’être capable de répondre aux besoins de réversibilité des bâtiments. Un sujet pas anodin en période de modification de la consommation de l’immobilier, tertiaire comme d’habitation.

Il y a 5 ans, Kone avait déjà posé une brique, celle de l'intelligence prédictive grâce à l'IA. En 2019, c'est l'ascenseur nativement connecté que l'entreprise mettait sur le marché. 2021 voit la troisième brique venir compléter les deux premières et c'est via une plateforme capable de rendre augmentés, tous les ascenseurs, de toutes marques, apportant - et c'est là le cœur du sujet - un ensemble de services, modulables, de la gestion des flux à la musique d'ambiance, de l'appel à distance via smartphone à la mise à disposition d'informations pertinentes en cabine, en fonction du trajet de l'appareil.

Une petite révolution sur le marché, qui permet aux 590 000 ascenseurs installés sur l'ensemble du territoire national de devenir connectés et intelligents. Une petite révolution car Kone revendique être le premier acteur du secteur à mettre à disposition un tel outil technologique.

Accélérer la digitalisation de la mobilité

« Notre métier est de déplacer les personnes », explique Guillaume Fournier-Favre, DG de Kone France. « Nous sommes désormais en mesure de connecter de manière plus large tout un ensemble d'équipement et d'accélérer la digitalisation de la mobilité ». Une opération toute simple, qui exige seulement de charger l'application Kone Flow sur les playstore, de déclarer l'ascenseur concerné, mais surtout d'avoir accès à toute en panoplie de services, utiles selon les besoins, en matière de gestion de flux - le sujet prend tout son sens avec l'actuelle crise sanitaire - d'informations mises à disposition de l'utilisateur, d'expérience à vivre, ce qui est notamment le cas de la musique dans les cabines.

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Mais la plateforme permet également d'intégrer les applications des clients de Kone, comme celle d'un gestionnaire d'immeuble par exemple, qui peut parfaitement intégrer les informations fournies par l'ascensoriste, ce qui « offre une mise à jour utile pour les locataires », note Guillaume Fournier-Favre. Elle est aussi une source de services supplémentaires pour les clients ayant choisi une solution de robotisation, tels les hôpitaux et les hôtels par exemple. « La plateforme permet ainsi de relier entre eux, les machines, les équipes Kone qui gèrent le parc, le propriétaire de l'ascenseur et l'usager ».

Une technologie qui se miniaturise

« Nous faisons un pas de plus vers le smart building. C'est-à-dire vers un « immeuble plus simple, plus digital, plus facile à utiliser », précise Guillaume Fournier-Favre, persuadé que des nouveaux services vont apparaître.

Mais jusqu'où la technologie peut-elle aller ? « Pour le moment, l'intelligence est dans le cloud, mais la technologie se miniaturisant, nous allons de plus en plus charger la machine en intelligence et donc lui donner plus de sens ». Une évolution qui passera prioritairement par les pays technophiles, estime Guillaume Fournier-Favre, tels que les Etats-Unis ou la Chine. « Nous sommes prêts pour le futur. Notre ascenseur d'aujourd'hui est déjà équipé pour demain. Nous mettons le futur à notre portée ».

Cela signifie-t-il une incidence sur les coûts ? « L'échelle est importance, le bénéfice grandit avec les utilisateurs. Les coûts seront réduits avec la masse qui augmente ».

La mobilité verticale, enjeu de l'immobilier

A l'heure des mille interrogations sur l'évolution de la consommation de l'immobilier, qu'il soit tertiaire ou d'habitation, alors que l'on évoque de plus en plus la mixité des bâtiments et la réversibilité de ceux-ci, quelle place la mobilité augmentée prend-t-elle, combien adapter les produits ? « Dans un logement, un ascenseur est utilisé principalement le matin et le soir, plutôt de façon intense toute la journée en ce qui concerne l'usage de bureau. On ne gère donc pas les deux usages de la même façon. Avec une plateforme telle que la nôtre, même si l'intensité d'utilisation change, l'outil est déjà prêt. Nous pouvons apporter les services correspondants, être flexibles et évolutifs ».

Et, dit le DG France, c'est maintenant le bon moment pour Kone, pour accélérer. Parce que cette toute neuve plateforme correspond aux besoins du bâtiment évolutif. « La mobilité verticale a toute sa place. L'immeuble mono-usage, c'est terminé. L'ascenseur est la première expérience que l'on a d'un bâtiment. Il faut rendre cette expérience réussie. Savoir l'orienter vitesse ou effet agréable. Nous jouons beaucoup sur le design, l'ascenseur peut être source d'information. Il faut le penser intelligent en fonction du trajet ».

Mais utilise-t-on l'ascenseur de la même façon aux Etats-Unis, en Chine ou en Europe ? « L'utilisation faite de la technologie est très différente d'un continent à un autre, d'un pays à un autre. L'Europe est, par exemple, très attentive à la gestion des données. Les besoins sont différents pour l'usager ou pour l'exploitant. Nous avons conscience que les mêmes services ne sont pas utilisés partout de la même façon ». Avec, malgré tout, une sorte de trio immuable : la fiabilité, la fluidité et l'expérience.

Guillaume Fournier-Favre estime par ailleurs que la cinquantaine de méga-villes - celles de plus de 20 millions d'habitants - font face aux mêmes enjeux de déplacement. L'optimisation du déplacement étant, de fait, un objet de préoccupation pour toutes.

Demain, la commande cérébrale ?

Quelle est donc l'étape d'après ? « Continuer le travail sur l'innovation, sur les nouveaux domaines, sur celui du contrôle cérébral ». Car oui, Kone a testé des dispositifs qui utilisent les impulsions cérébrales pour commander les équipements. « Le vocal va continuer », prédit aussi Guillaume Fournier-Favre. Les autres sujets d'attention sont la fiabilité, la réduction du poids, la réduction d'énergie. « Nous sommes dans une phase d'hyper-accélération des technologies. Ce qui mettait 15 à 20 ans pour devenir un standard, va mettre 15 à 20 mois ». Ce qu'il restera de la crise sont sûrement les besoins de connaissance des jauges et de fournitures d'indicateurs.

« Ce que l'on a appris c'est que l'énergie pour se déplacer va se réduire. Les services vont se déplacer vers l'usager. On va vouloir être efficace, mobile et avec une empreinte carbone basse. Des villes vont devoir se moderniser pour cela. D'autres vont nativement se construire ainsi. La mobilité est la clé du 21ème siècle ».

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