Spécialiste de la cybersécurité, l’éditeur Egerie se renforce sur le marché européen

 |  | 804 mots
Lecture 4 min.
(Crédits : CC Pixabay by TheDigitalArtist)
Elle fait partie du cercle restreint des onze entreprises retenues par le Grand défi cybersécurité de l’Etat, grâce à son projet de R&D, Heracles. Ce qui vient consolider la feuille de route de la PME implantée à Toulon et Paris, roadmap qui comprend une présence réaffirmée en Europe et une attention particulière apportée au marché anglais, première étape d’un déploiement envisagé à moyen terme au grand international.

La cybersécurité est clairement un sujet du monde numérique. Un monde qui continue de croître, ainsi que la crise l'a démontré. Sauf que croissance du numérique va avec croissance des vulnérabilités. Ce qui exige de savoir se protéger, le plus en amont possible.

Née en 2016, Egerie s'est positionnée sur l'édition de logiciels spécialisés dans le pilotage du risque cyber. Plus précisément, la PME installée à Toulon et Paris édite une plateforme qui cartographie les risques cyber et précise les mesures à mettre en place pour les contrer et surtout les anticiper. Un « audit » qui est hyper-stratégique car il « permet aux entreprises de modéliser leurs risques métier et de préciser les mesures adéquates à mettre en place », explique Jean Larroumets, le co-fondateur et président d'Egerie. Le but : « inscrire les entreprises dans une démarche vertueuse ».

Une cyber-exposition plus forte

Car bien sûr, le risque cyber est grand et surtout protéiforme. Les attaques sont particulièrement de deux types, techniques ou plus perfides, soit à visée lucratives, soit à visée de déstabilisation des Etats. Et si l'on assiste à un développement du risque cyber, c'est parce que, précise Jean Larroumets, « les cyber-attaques rapportent plus que l'argent de la drogue ». Un effet qui joue d'autant plus « la cyber-dissuasion est quasi-impossible, il est très difficile de remonter à l'origine de l'attaque. La cyber-exposition est de plus en plus forte, cela les gouvernements en ont bien pris conscience de cela ». C'est notamment ce qui sous-tend le plan Grand Défi Cyberattaque voulu par le gouvernement français, Grand défi qui fait partie du plan de relance et qui est doté d'un milliard d'euros, l'objectif étant de renforcer la filière à horizon 2025. Avec la volonté de faire émerger les entreprises pépites du sujet et de faire des startups, des leaders européens et mondiaux. Un vrai sujet de fond pour Jean Larroumets, qui pointe une concurrence « majoritairement américaine et israélienne ».

Bien sûr que de devenir un leader européen - voire plus si affinités - figure dans les plans de développement de la PME varoise. Et faire partie des onze heureuses pépites sélectionnées dans le cadre du Grand Défi Cybersécurité est autant une reconnaissance que ce qu'elle oblige. C'est Heracles qui vaut à Egerie cette distinction, projet de R&D qui vise à aller chercher ailleurs, auprès d'autres sources techniques, des solutions contextualisées. Ce qui a l'avantage - et c'est là que l'innovation apporte tout son sel - de « gagner du temps et d'apporter une précision jamais inégalée ».

L'assurance pour structurer le marché

Si le portefeuille des 150 clients est constitué essentiellement d'entreprises du CAC 40, de grands comptes institutionnels et industriels, c'est que « notre modèle technologique veut cela », précise Jean Larroumets.

Les PME viennent-elles facilement à la cybersécurité ? « Ce segment n'est pas venu à maturité, mais il est en train de s'équiper ». Surtout que le sujet de l'assurance va apporter sa pierre à l'édifice. « Le secteur va se structurer avec l'assurance car l'assureur doit rationnaliser les risques, et il est difficile de mesurer les risques à assurer. Notre solution l'oriente, c'est une sorte de boussole ».

Renforcer l'international, mais l'Europe d'abord

Avec 50 salariés et un chiffre d'affaires de 2,4 millions d'euros, en croissance de 80%, la PME ne cache pas sa volonté de continuer son développement, mais de façon mesurée. « Nous avons de l'avance sur nos concurrents mais nous ne voulons pas nous brûler les ailes », résume Jean Larroumets. Qui ne dit pas ne pas regarder le marché américain, sauf qu'il est « dix à vingt fois plus important que le marché européen », ce qui demande de la précision, de l'attention et des choix calculés.

Avant de traverser l'Atlantique - « c'est un objectif à moyen terme » - Egerie va préalablement adresser le marché anglais afin de se familiariser avec le marché anglophone. Mais « nous allons continuer à renforcer notre présence sur le marché européen », en Italie, en Espagne, au Benelux... sachant qu'Egerie se déploie en modèle indirect, par le biais de partenaires.

En revanche, « si nous avons besoin d'aller sur des marchés plus importants, nous engagerons une seconde levée de fonds », précise Jean Larroumets, Egerie ayant réalisé un tour de table de 4 millions d'euros fin 2019 afin de financer sa R&D et son déploiement en Europe.

Et puis, il y a un autre sujet, cheval de bataille de Jean Larroumets, « que la cybersécurité soit enseignée à l'école. Il faut apprendre aux enfants à se méfier sur le Net comme on leur apprend à se méfier dans la vie de personnes qu'ils ne connaissent pas ».

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :