TrackInsight, la fintech qui monte… et qui convainc les Nations Unies

Après le Nasdaq et le Financial Times, c’est avec les Nations Unies que la fintech basée à Sophia Antipolis coopère à travers le lancement d’une plateforme d’information financière dédiée aux ESG, ces critères environnementaux, sociaux et de gouvernance qui forment le socle de l’investissement responsable. Une nouvelle offre qui vise à dynamiser l’audience de la jeune pousse, spécialiste des fonds indiciels cotés, qui achève 2020 avec des comptes à l’équilibre et des ambitions globalisées.

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(Crédits : DR)

Il est des années charnières, où le champ des possibles s'ouvre. Pour TrackInsight, 2020 est de celles-là. Spécialiste des ETF (Exchange-Traded Fund), ou fonds d'investissement cotés, la fintech azuréenne vient en effet de mettre un premier pied dans la cour des grands de la finance. Et entend bien mettre le second. Rapidement. D'où des objectifs de croissance ambitieux compris entre 50 et 70% de son chiffre d'affaires (non communiqué) dès l'exercice en cours, histoire de poursuivre la dynamique qui lui a permis d'atteindre le fameux break-even point après lequel courent tant de start-ups.

Il faut dire que la jeune pousse se place sur un segment en vogue : les fonds indiciels cotés, pour lesquels elle a développé une plateforme globale d'information. "C'est probablement le marché le plus attractif du monde de l'investissement financier avec une croissance de 10 à 25% par an depuis une vingtaine d'années", explique son directeur général Jean-René Giraud. Soit, un ensemble "d'un peu plus de 6 500 fonds répertoriés dans le monde" qui pâtissent, selon lui, "d'une carence en termes d'informations honnêtes, transparentes et intègres sur leur exposition financière, la façon dont ils sont construits, leur frais, etc."

160 000 utilisateurs par mois

Lancée en 2014, la plateforme TrackInsight vient donc fournir aux professionnels comme aux particuliers une base de données globale, "fiable et corrigée", insiste-t-il, collectée en interne par une équipe dédiée auprès des émetteurs d'ETF du monde entier. Disponibles gratuitement sur le site éponyme de l'entreprise, ces données attirent plus de 160 000 utilisateurs par mois. "C'est à la fois peu par rapport à un réservoir potentiel de près de 20 millions d'investisseurs privés, et beaucoup au regard du sujet. Faut quand même avoir envie d'y aller", relève Jean-René Giraud. Lequel s'est fixé comme objectif d'élargir cette audience à 10 millions de personnes sous trois ans afin de devenir le leader mondial de l'information dédiée aux ETF. C'est tout l'objet des deux accords de coopération signés l'an passé avec les Nations Unies d'une part, et le Financial Times de l'autre.

Le premier concerne le lancement, en ce début 2021, d'une nouvelle plateforme baptisée TrackInsight ESG Observatory, consacrée aux ETF qui contribuent aux 17 objectifs stratégiques pour la planète définis par l'Organisation des Nations Unies. Des produits financiers qui respectent des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), participant ainsi à la construction d'une finance responsable que beaucoup appellent de leurs vœux. "Cette offre vise à répondre à une demande de plus en plus forte des investisseurs", confirme le dirigeant, et donc à générer plus de trafic.

Le second inaugure un rapprochement stratégique avec les médias de référence, à commencer par le Britannique Financial Times, pour lequel TrackInsight opère depuis septembre - en marque blanche - la rubrique ETF. L'entreprise récupère ainsi "une des audiences les plus qualifiées en finance du monde", et entend bien dupliquer l'initiative auprès d'autres titres de presse financière, en France et surtout aux USA "où le marché des ETF est 7 à 8 fois plus important qu'en Europe".

Croissances externes envisagées

Cette quête d'audience vise évidemment à alimenter un business model qui s'appuie sur trois piliers : une marketplace de solutions financières ouverte à l'ensemble de la communauté des investisseurs, une offre de marketing indirect mettant cette fois-ci en relation les émetteurs d'ETF avec les professionnels qui les achètent, et la commercialisation des données auprès des entreprises (banques, assureurs...). Désignée comme la plus rentable, cette activité se développe soit sous la forme de plateformes délivrées en marque blanche, soit à travers son distributeur exclusif qui n'est autre que le Nasdaq. Ce partenariat, annoncé en juillet, permettant à la jeune pousse azuréenne de disposer "d'un réseau de distribution mondial pour nos données".

"Nous avons, en 2020, démontré la solidité de notre modèle d'affaires et conclu des deals avec trois références de premier ordre. C'est un bon début", résume Jean-René Giraud, dont les équipes se partagent entre Biot, Paris, Amsterdam, Toronto et New York. Soit, au total, 25 personnes dont - et c'est récent - quelques recrues seniors qui vont aider à structurer l'entreprise et notamment sa partie commerciale. Car, on l'a vu, "l'idée, c'est d'accélérer, en préservant l'équilibre. Si possible". TrackInsight n'excluant pas toutefois d'opérer de nouvelles croissances externes. La fintech, qui a levé en 2016 auprès d'Aviva France et de New Alpha Asset Management la somme de 2,5 M€, a en effet racheté, toujours en 2020, sa société sœur Koris dans un souci de "consolidation". Elle envisage d'autres acquisitions sur des expertises particulières. Le cas échéant, "on ira chercher de l'argent". Ce qui ne devrait pas présenter trop de difficultés.

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